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l'expression des idées MOKALES DAHS les ((TRAVAUX» l33
s'attarde pas, comme Simonide, à faire un subtil classement de tous les travers féminins ; il en dit juste assez pour mettre les jeunes gens en garde contre les décisions imprudentes ^ La satire hésiodique est tout à la fois narrative et exhortative; une intention morale préside même à ses récits et à ses descriptions : car un poète satirique ne représente pas la nature avec l'indifférence ou du moins le désintéressement d'un aède épique; il choisit, parmi les détails de la réalité, ceux qu'il doit mettre en relief pour produire sur l'esprit du lecteur une impression prévue et calculée; ce simple choix sufiSt bien souvent à nous dévoiler le caractère et le tempérament d'un écrivain, en nous faisant connaître les défauts et les vices qu'il a le plus à cœur de combattre; l'acharnement que met Hésiode à poursuivre de ses sarcasmes tous les êtres oisifs et inutiles témoigne de son amour pour l'activité mieux que n'importe quel hymne au travail 2.
Mais le temps est loin encore où la satire constituera un genre spécial, avec un objet bien défini et un mètre nouveau; ce n'est même pas, chez Hésiode, une forme particulière de la pensée. A part les portraits, qui sont d'ailleurs en assez petit nombre, on ne trouve pas .dans les Travaux de développement proprement satirique. C'est au milieu d'une description, d'une allégorie, d'une suite de sentences, qu'un mot acerbe ou moqueur survient à l'improviste et rompt d'une façon inattendue la gravité du récit ou des conseils ; ou bien une intention railleuse se cache sous le ton le plus sérieux en apparence, et la pointe est si fine qu'à une lecture rapide elle passe inaperçue. « Travaille, Perses, » s'écrie Hésiode; puis il qualifie son frère de «rejeton des dieux», terme étrange, source de contre-sens et de légendes fantaisistes, qui contient seulement une ironie : « Tu es — comme tous les hommes —