‹ Hésiode et son poème moralChapitre 109 sur 165 · Tr., V. a48 sq · texte numérisé non relu

Tr., V. a48 sq

6. Tr., V. 337 sq. : ^l<jov ô', 0; 8' tx£Tr)v 0; te Çïïvov xaxbv epÇr„ xt).. La même construction se reproduit au vers 740 : "0; iroTa[x()v fiiagr,, xt>..

7. Tr., V. 3a 1-32(5. C'est le procédé employé dans Ig description du cinquième âge (v. 174-aoi) et du châtiment de Tinjusticc (v. a4o-a47).

l'expression des idées morales dans les (( TRAVAUX )) 187

Après s'être montré aussi autoritaire, le poète sent que, pour gagner entièrement la confiance de ses auditeurs, il doit baisser sa voix et la rendre plus douce ; sa pensée s'exprime alors avec cette simplicité qui plaît aux humbles : a Je vais vous dire la vérité, je vous donnerai de bons conseils».» Ces formules sont, au fond, toujours impératives; mais un ton de conversation familière tempère très habilement ce que la pensée a de grave et la volonté d'impérieux. Une suite ininterrompue de sentences, telle que le Livre des Proverbes, n'aurait pas manqué de lasser l'attention d'un public. Aussi les anciens commettaient-ils une grave erreur pédagogique et psychologique, lorsqu'ils détachaient les maximes d'Hésiode pour en composer des recueils et les faire apprendre par cœur; car, comme le dit Isocrate, « on aimerait mieux entendre la plus méchante comédie que ces vers, malgré tout leur mérite 2. » L'enseignement d'Hésiode est essentiellement populaire : c'est pour captiver l'esprit des paysans qui, aux heures de chômage, venaient écouter ses leçons à l'abri des « leschés » d'Ascra, que le poète enfle sa voix, puis l'abaisse, et applique instinctivement les artifices oratoires qui seront en honneur sur l'agora. Ce perpétuel mélange de majesté et de bonhomie est commun à tous les genres exhortatifs de la littérature grecque ; on le retrouve non seulement chez les orateurs qui s'adressent directement à la foule, mais chez des philosophes qui parlent pour un auditoire plus restreint; en dépit de leur forme poétique, les contes et les proverbes des Travaux nous font penser aussi bien aux anecdotes familières d'Épictète qu'aux énergiques et pittoresques apostrophes de Démos thène.

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