‹ Hésiode et son poème moralChapitre 124 sur 165 · I. //., lV,v. 4aa-4a · texte numérisé non relu

I. //., lV,v. 4aa-4a

3. Nous n'en avons relevé que trois: la prcmièro donne plus de vivacité à la satire du paresseux (àepy^c) :

... xY)9T)veao'i xo6o<jpoi; erxeXo;...

0? Te (i.eXi<raâci>v xdt(i,âtTOv xpu^ouaiv itp*foi ^(jôovte;... (v. 3o4-3o6);

la seconde énonce une mesure :

... o<Tov T'imSâaa xopwvYj f^voç eicoÎY)9ev, xâaaov icétaX* àvôp\ ^ave^Y) tv xpà^Yj àxpoTaTr)... (v. 679-681);

dans la dernière, le terme de la comparaison n'est même plus exprimé, et elle n*est |ndi(|uée t^ue par une opposition ; 6eiv6v.,. Ssivbv 61... (v. 691-6(13),

l56 HÉSIODE

Hésiode ne dédaigne pas d'orner son style en remplaçant nn terme trop abstruit par une image vivante, ce n'est jamais pour lui roccasion d'un long développement; c'est au contraire un moyen d'énoncer sa pensée avec toute la brièveté possible; la métaphore, en laissant au lecteur le soin de rétablir le rapprochement qui s'est fait dans Tesprit du poète, le satisfait à la fois par sa concision et par l'effort d'attention qu'elle exige.

Quelquefois c'est un objet que l'on compare ainsi avec un être animé : les voiles sont les « ailes du vaisseau » > ; mais c'est généralement une qualité abstraite qu'exprime un mot concret : les dieux « placent la sueur » sur la route de l'homme >, les soucis u dévorent ses membres »3; un jour est une mère, un autre une marâtre^. Le grec dit comme nous que le vent tombe, le mois qui finit se consume^; ce sont là des expressions courantes, mais d'autres sont plus singulières : on est étonné d'entendre traiter d'éteintes les chèvres qui n'allaitent plus, ou de voir les dieux conspuer les prières des impies<^. Souvent, c'est un verbe exprimant une action voulue, réfléchie, donc humaine, qui est appliqué à une chose inanimée : la forêt mugit, elle verse ses feuilles "7; c'est une personnification du sujet, remarquable surtout lorsqu'il ne désigne rien de matériel : le cri de la grue annonçant la saison du labourage « mord le cœur » de l'homme imprévoyant, que l'indigence va saisir^. La métaphore conduit insensiblement au mythe; nous

t. N»î^ç Tcrepa, v. 6a8.

a. Tr,, V. aSg :

Tvîc 8' àperî^c iSpûTa Oeo\ icpo7capoi9ev S^Oyjxav.

3. Tr., V. 66 : yjtogipouç pieXeSûvaCi ^ côté de reiprossîon propre : ic68ov àpya- Xéov. Cf. x^P"^ = P^'O (^* ^'')> et yXcodOY] pris dans Tacception de mensonge (v. èaa).

4. Tr„ V. 8a5. C'est une métaphore tout abstraite, la notion de profit plus ou moins grand étant remplacée par celle de sentiment plus ou moins bienveillant. Dans un autre cas, plus remarquable encore, c'est la métaphore qui introduit Tabstraction ; ji.^ ytixoai ^ap P^^'^ot Y^-l*?^ (^' 7°*)-

5. Bopéao icBffôvToç (v. 547, — cf. Ôd., XIV, v. 475, — XIX, v. aoa), çôivovro; [fjir,vi;) (v. 798,— cf. Od., XIV, V. iGa, etc.). Cf. v. 620: nXYjtàÔeç... «{irxwff iv, — v. 583: UéTTiÇ] xaTa^t^îf' àotSiQv, — v. 6a i : âvétiuv O^jowiv àrjTai (cf. Od., XII, V. Aoo, etc.).

6. Alyûv a6Evvu{j.svàtt>v (v. B90), âicoirivouffi Se t' àpa; (v. 7a6).

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