L EXPRESSION DES IDEES MORALES : LA LAI! GUE ET LA VERSIFICATION
les formes contractées sont particulièrement fréquentes pour les verbes à thème en -a : âixaTac, ^oS, veiJisjffa, ipaTai, orpco^aTai, [xsXeiaç, ttitS, âjjLooOat, repav sont parfaitement homériques'; mais au pluriel la forme non contractée, habituelle à l'épopée, est ici une exception ^ Au subjonctif, Homère usait indifféremment des terminaisons -r^at et -Yjeat^; cette dernière n'est plus employée par Hésiode^ Enfin, dans le corps d'un mot, une contraction comme aOXa^, absolument étrangère à V Iliade et à VOdyssée, montre également que la langue d'Hésiode est en progrès sur celle d'Homère, parce qu'elle tend à éviter les chocs de voyelles, que Tâge classique rendra plus rares encore^. La présence chez Hésiode de formes très anciennes ne saurait être une objection : il n'y faut voir qu'une affectation momentanée d'archaïsme 7.
a"" Hésiode a appliqué, comme Homère, certaines lois de la phonétique éolienne : l'assimilation des liquides, la conservation du i devant une nasale, et la persistance du f intervocal sous forme d'u. Le mot êpeSswo; est déjà fréquent dans Vlliade^] le participe wpcTueçpaSiJiéya^ présente le même phénomène que les termes homériques rSiJiev, ccSjjia; enfin si les formes y.aua^ai; (pour xax-fiÇatç) et xaTaxe^^efat ne se trouvent
I. Tr., V. 778, 5ii (suspect), 766, 534, 5a8, 3i6, 408, 776, 788.
3. Natexâouatv (v. SSg), ^ptoiovra (v. 5), — mais Ti(ià>9t (v. i6), çoitûvi (v. io3, 535), veiieàfixrt (v. 3o3, 741); cf. v. 58, laS, a55, 374. — Homère ne parait faire la contraction que lorsque la mesure l'exige; voir les exemples donnés par M. Ch. Lambert, Étude sur le Dialecte éolien (Dijon, i9o3), p, aoa : àvy^pc&TUv (Od., IV, v. a5i), evi'xwv (/(., IX, V. i3o, 373), etc. Le subjonctif {itjxavàaTai (v. a4i) ne se trouve pas chez Homère, mais il est formé suivant le principe homérique d'assimilation progressive.
3. "ApYiat, IL, XVI, V. 84, — Çuji6X^eai, //., XX, v. 335 (Cobet).
4. AuvTîai (v. 35o), ixir^ai (v. 468), xatàOtiai (v. 601), aptjatt (v. 63a).
5. Tr., v. 656; Hésiode emploie aussi (v. 654) la forme homérique aeOXa (cf. //., XXIil, v. 64o, etc.).
6. Bergk (pp. cit., t. I, p. loai) explique Pabondance des crases et contractions par une influence du dialecte locrien. Allen (de Dialecto Locrensium, Leipzig, 1870, t. ni des Studien zu Grammatik de G. Curtius, p. a36) n'en cite pourtant qu'un petit nombre. Elles sont bien plus fréquentes en delphique: ToiTieXXafou, TÙTrdXXuvt, %àfaM;, xàitoBtilitaj etc. (cf. Valaori, der delphische Dialekt, Gôltingcn, 1901, p. a8). Cf. infra les rapports de la langue d'Hésiode avec ces deux dialectes.
7. La principale est l'infinitif a(i.ae(v (v. Sga), qui a conservé la quantité primitive de Ta; Rzach (der Dialekt des Hesiodos, Leipzig, 1876, p. 447) compare les formes homériques neivôcov (/(., III, v. 36, — XVI, v. 758, — XVIH, v. i6a) et 3t+a(iiv (Od., XI, V. 584, etc.); Gôttling propose à|i4>v, et quelques manuscrits donnent à(i.S90a(.
8. Tr., V. 17: NÙÇ epeéevv^; — cf. /(., V, v. 864,— VIII, v. 488,- XXII, V. 309, etc. Homère dit de même apyevv6;, etc.