Tr., V
l8o HÉSIODE
pas dans les vers épiqnes qui nous sont parvenus, il s'y rencontre plusieurs mots de formation tout à fait analogue'. Ce dernier fait est le plus caractéristique; car « le f, dit Fick, semble avoir manqué au rameau linguistique ionien déjà avant Témigration des Ioniens en Asie Mineure » >. Même si cette assertion parait trop catégorique 3, il est certain que l'influence de l'éolien d'Asie s'est ici fait sentir sur le dialecte d'Homère, puis sur celui d'Hésiode, soit par contre-coup, soit encore en raison de l'origine cyméenne du poète^.
A la première déclinaison, Hésiode a usé plusieurs fois du nominatif masculin en -a, non seulement dans les locutions homériques v£9£XT;Y^péT2, (xt;t{6T2 et e-jp-jora Zsuç ^, mais dans une expression qui lui est propre : T^éxa TétriÇ^. Les grammairiens anciens considéraient ces formes comme éoliennes, ou parfois comme béotiennes ^ ; cette dernière hypothèse est moins vraisemblable, car elle n'expliquerait pas l'abondance de ces termes chez Homère.
I. Tr., V, 666, ôgS,— 583. Cf., dans VUiade, z\ia,U (XIV, v. 3iio, etc.), aùépuaav (î, V. àSg, etc.) ayia^o» C^^^h >'• 4i), le futur et Taoriste de ^jé» (x^^, x^-^^H-^^» ^X^we, excusv, x^'<^*^> ®^)'
a. Fick, die komerisehe Odyssée..., p. ii. Suivant Fick, tous les f homériques seraient d'origine colienne.
3. Elle a été notamment contestée par M. Lambert (op, cU., p. 107 sq.). — Quant au f initial, chez Hésiode comme chez Homère, il est tantôt considéré comme une consonne, tantôt complètement négligé :
I. i* "H TE ...êm fépyov èytipti (v. ao), xaxà xépSEx fia* aarvjviv (v. 353), navra fiÔwv (v. 367); ainsi se justifient quarante-sept hiatus apparents, v. 43, a3i, AgS, 698, 6aa, 698, 773, 793, etc.
a* Et x' Stcpôv fàÇat; (v. 634), Tov 90eK!JLevôc fépfov (v. 554), el Bt xaxov fetiroïc (v. 731)*, cf. V. 89, 173, 438, 443, 453, 457, 477f 54 1, 570, 577, 678, 673, 710, 795.
il. *Aic* 2pYou (v. a8), en' ^pyoi (v. 38a), èici'xXoît^v 9j6oç (v. 78); cf. v. 63, i3i, i3a, a5o, 453, 49a, 579, 714, etc. Paley a vainement essayé de rectifier ou d éliminer ces passages.
Hésiode ne parait donc s*être imposé aucune règle fixe: peut-être a*t-il suivi tantôt Tusago éolo-dorien, tantôt la tradition ionienne; peut-être le tiii* siècle a-t-il été une époque de transition, où le f se faisait encore sentir, mais de plus en plus faiblement. Il semble, en tout cas, que la fantaisie du poète lui ait seule servi de loi.
4. Cf. Mcistcr, Grieckische Dialekte (flàiiingen, 188a), t. I, p. 19. Le même auteur cite comme éolienncs (p. 93 sq.) les formes aùco; («s y]t&;) napavâ (= icapeia), Xe-javTc;, x^vâitt), ïyx^^^f ^^^'
5. Tr., v. 53, — io4, — aag, aSg, a8i ; Ta est allongé par position.