‹ Hésiode et son poème moralChapitre 15 sur 165 · Tr., V · texte numérisé non relu

Tr., V

3. On sait que primitivement des réponses écrites étaient tirées au sort par la Pythie (d'où Texpression : tj U'Ma àveîXe xafie, Elien, toc. «7., etc.); il y avait donc une nécessité matérielle à ce que le nombre en fût limité.

4. Cf. Pausanias, IV, a6, k : « *ApcaTo5T,{ia)...T<ii paffiXeuffavTi M7j<r<iT)viwv iizi TeXevxTj ToO XP^^V"^^ '^^^ ôoôévro; eativ

"Epî* oTTHYi xb xP^tùs' ocTYi Ô* âXXoKTi Tcpo âtXXwv.»

Cest à la fin de la réponse que se trouve cette réflexion générale sur Tinconslance du sort; mais elle n'occupe ici qu'un hémistiche, c'est-à-dire que, détachée du contexte, elle formerait un parémiaque et non un hexamètre.

INTRODUCTION l5

maison le malheur succède au malheur * . » La pensée est aussi forte, aussi élevée que dans les vers d'Hésiode où nous retrouverons l'expression de la même idée^.

Telle semble avoir été, à son apogée, la forme par excellence de la poésie chresmologique : un court développement, énonçant moins souvent un conseil qu'un ordre formel, éclairé par une réflexion générale ^. Ce procédé de dialectique est assez rudimentaire, mais le dieu n'avait pas à discuter avec ses fidèles ; ses affirmations échappent à leur examen ; aussi ne se croit -il nullement tenu de justifier les principes qu'il pose : il rend une sentence qu'on ne peut soumettre à aucune critique^; agir suivant le droit, c'est se conformer à ses lois. Il ne cherche donc point a exercer l'intelligence humaine : car il fait appel à l'obéissance aveugle des croyants, plutôt qu'il ne s'adresse à leur raison et à leur conscience. C'est par cette nécessité de sa nature que le genre se trouvait borné dans son domaine et arrêté dans ses progrès.

L'omniscience infaillible des dieux n'est qu'une forme de leur omnipotence : non seulement ces êtres dont les yeux « voient et savent toutes choses » ^ connaissent les événements à venir, mais ils peuvent, dans certaines limites, en modifier le cours; aussi les hommes ne se bornent- ils pas à les consulter sur leur destinée, ils cherchent à obtenir également, par leurs prières, l'amélioration de leur sort^. Par sa fin pratique, la prière se rattache déjà au genre que nous étudions 7; mais

1 . «... Toî; 8è xax&c f éÇacri ô(xy}; têXo; o\iy(i xpoviaxbv

ouÔè icapaiTQT6v, ov8' eî Atbç Êyyovoi eUv • kW aùxûv xe^aX^fft xa\ iv a^t-cipotm tixcaviv EiXettai» xa\ 7rr,(i,a dd(xoi; sici irfi\kOLXi patvei. »

(EUeo, III, 43»T. 5-8.) a. Tr., V. 338-2^7.

3. Sur la longueur matérielle des oracles rendus, voir Bergk, p. 336 : la plupart des réponses contenaient de deux à cinq vers; elles atteignaient rarement douze hexamètres (Hérodote, VII, i4o et i4i)>

A. Cela est frappant dans Foracle rapporté par Élien, III, A4 : la question est tranchée plutôt que résolue.

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