r., V. (H)& 7«6 (cf. Fick, p
A. Cf. Flt'k, p. 5/i (v. ai) ot 67 (v. ii3, 121, i3i). Il n'explique pas non plus la prnM»iico dv la forme dorienno rpona; dans un passage où Tionien lui semble original (p.Hi,v. iH).
fi. ricK, p. Mt Ml.
ft. Kli'k, p. 7u •»'!• ! Kl*'inrr Bnturnkalender {Tr,, v. 448-452 et 46i-4o3, 490-500, 564- B70, fi;! 57H, r»\i7«ui otOoÛ.Ooti, (ioo-Gi«).
l'expression des idées morales : LA LANGUE ET LA yERSlFIGATION 189
En somme, dans la composition du dialecte, comme dans le choix des expressions et des modes de développement, on peut constater Faction de deux courants, qui se sont mêlés sans se fondre complètement, l'un épique et traditionnel, l'autre didactique et décelant en général une inspiration plus familière. C'est ici l'imitation, qui l'a emporté, ou plutôt l'influence d'une autorité artistique déjà établie : c'est à la source homérique que sont empruntés tous les éléments ioniens et probablement quelques formes éoliennes du dialecte d'Hésiode. Les autres éolismes, dont l'origine asiatique parait démontrée, nous rappellent que les Travaux ne sont pas une œuvre impersonnelle et désintéressée : c'est avant tout à son frère que le poète s'adresse, et spontanément le langage de leur enfance, celui du foyer paternel et du pays de leurs aïeux, vient parfois remplacer la langue conventionnelle de la poésie^ moins faite pour aller au cœur de Perses. Restent les formes doriennes, trop rares et surtout trop peu caractéristiques d'un dialecte local pour que nous ayons pu en établir sûrement la provenance'. Remarquons toutefois qu'à une exception près^ tous ces dorismes sont nécessaires à la mesure du vers où ils se trouvent. Ce fait, qui suffirait à justifier leur introduction dans un poème ionien déjà teinté d'éolien, peut encore nous aider à déterminer leur origine. Hésiode ne pouvait manquer de bien connaître la poésie qui florissait dans les contrées doriennes voisines de la Béotie ; il s'en est inspiré, mais n'en a conservé telles quelles que les formes impossibles à transposer dans sa langue ordinaire. On ne peut admettre qu'il les ait tirées du langage couramment employé dans une de ces provinces ; comment supposer en effet qu'une nécessité métrique ait pu le contraindre à aller emprunter ces termes dans un dialecte si différent du sien 3? L'origine des
I. Nous avons vu que T<;Topa est pandorien ; rimparfait ^SiSov, que la tradition signale comme dorien, doit être un vestige d'une conjugaison primitive, et a bien pu exister à l'origine dans des dialectes très différents; enfin la quantité des accus^atifs en -ot; n'aurait pu se vérifier dans les dialectes locaux qu'à l'aide d'inscriptions métriques qui nous font défaut.
a. TetSe (v. 635), qui n'est d'ailleurs qu'une conjecture.
3. Nous ne revenons pas sur la légende du séjour et de la mort d'Hésiode en Locride, tradition dont nous avons montré (p. 3i sq.) le peu de fondement.
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dorismes est loin d'être analogue à celle des éolismes : ils proviennent d'une source littéraire plutôt que populaire. C'est cependant, comme presque tous les éléments non-ioniens, du courant didactique et moral qu'ils émanent : on ne peut en eflet les expliquer que par une influence des oracles delphiques ou des hymmes religieux qui, depuis la Thessalie et la Thrace, s'étaient répandus jusque dans la Grèce centrale >; or toute poésie religieuse tient de plus ou moins près à la morale. Cette seconde hypothèse nous semhle d'ailleurs la moins prohable : si Ton examine la répartition des formes doriennes dans les Travaux, on remarque qu'elles se trouvent presque toutes dans la seconde moitié du poème, c'est-à-dire dans les conseils pratiques relatifs à Fagriculture, à la navigation, à la vie domestique 3. On en rencontre une ou deux seulement dans le mythe des âges 3, aucune dans la Prometheiay où l'inspiration hiératique est évidente. Les oracles, où le dieu s'abaissait à traiter les questions parfois les plus humbles, unissaient la simplicité qu'aime la vie familière à la solennité ^\i culte; un moraliste comme Hésiode se sentait nécessairement plus d'affinités avec ce genre qu'avec la poésie théologique, qui en arrive fatalement à perdre de vue la réalité matérielle ; il est donc naturel que, même dans le choix des expressions et des formes dialectales, les rapports soient plus étroits entre le seul ouvrage authentique d'Hésiode et la poésie chresmologique. Si l'influence d'Homère a été de beaucoup la plus puissante, elle ne s'est pas exercée exclusivement ; quelques formes hétérogènes, jetées comme au hasard au cours du poème, suffisent à manifester la forte personnalité d'Hésiode et à rappeler le but nouveau qu'il se proposait.