Tr,, V. 644, 38o, 356. Comparer le vers 3ii, déjà cité
'"Epyov oOSèv ovetSo;, àepytv) 8s t' ovetfioc.
Cf. encore v. 353 (çiXttv ou ^{Xev - Yrpoo-t|uv), 4oa (icpiqÇetç-xYopeuaei;), 446 (SâavaoOai- Qi)éaff6at), 558 (icpoSâTOt^-àvOpcaicoiç), 586 (ywaîxEç-îivôpeç), 708 (itoir,9vic-î(p(Yx), etc. C'est sans doute à ces passages que pense Bergk, lorsqu'il dit (loc. cit.) : «Von allitterirenden Wendungen hat sich bei Hesiod noch Manches erhalten, zumal in Sprûchen und formelhaften Ausdrûcken. » L'allitération des consonnes est beaucoup plus rare dans les Trawiux; le seul exemple frappant que nous en ayons relevé est une accumulation, aux vers 695-704, de mots commençant par un y; cette allitération a déjà été signalée par M. Stickney. — Fick {Hes. Ged., p. 44) remarque que le nombre des consonances est accru par la traduction en éolien des vers 4a (èxotviàvOpcoicotoi), aa5 (Uwoiat-dtSoivi), 4a i (uXXa - çijXXa, consécutifs). Les rimes sont encore plus nombreuses dans la Théogonie (cf. SchÔmann, Opiuc. aead., II, p. 437-* 439).
HésiODE. l4
IgS HÉSIODE
II n'est pas étonnant qu'au milieu d'une telle variété aucune césure ne remporte nettement sur les autres : Paulson a compté dans les Travaux 465 penthémimères, 46 1 hephthémimères, 4i4 trochaïques et 4o5 bucoliques'. La proportion change sensiblement, si Ton ne tient plus compte que des coupes fortement marquées, par un arrêt du sens et un signe de ponctuation : comme chez Homère, la césure penthémimère reprend alors une prédominance incontestable >. C'est parfois un simple artifice, pour éviter que la fin des phrases ne coïncide trop uniformément avec celle des hexamètres. Mais il arrive aussi que deux fortes ponctuations se rencontrent au milieu et à la fin d'un même vers : le second hémistiche, généralement précédé d'une assez longue phrase, fait saillie, en quelque sorte, sur le développement qu'il termine et conclut. C'est ainsi que sont mises en relief, dans les poèmes homériques, la plupart des sentences où les orateurs ont l'habitude de résumer les pensées qu'ils ont émises 3. C'était pour Hésiode un excellent modèle à suivre, car un précepte ainsi présenté se gravait aisément dans la mémoire; aussi est-on surpris de ne rencontrer dans les Travaux qu'une quinzaine d'exemples de cette construction^ : c'est tantôt une remarque du poète sur les faits qu'il vient de rapporter^,
I. Paulson, p. i/i. Les 4G5 penlhémimères se décomposent en 3g3 dactyliques et 172 spondaïques, les 661 hephthémicnères en 3oa dactyliques et iSg spondaïques. On voit d'après ces nombres qu'un vers comporte en moyenne deux césures.
a. On compte dans les Travaux 338 césures ainsi renforcées, soient:
ia6 penthémi mères, g3 bucoliques, 65 trochaïques, 54 hephthémimères.
Cette statistique a été faite par Paulson (p. /|8) d*aprcs Tédition Rzach de i884; mais la ponctuation varie assez peu d*une édition à Tautre pour que la critique du texte ne puisse guère infirmer ces résultats. Sur la ponctuation dans les vers d'Homère» cf. Hoffmann, Quœstiones homericm, ly S a?* 3. T. Stickney, op. cit., p. lifi.
k. Dix-sept, d'après les éditions les plus récentes : v. i3, a3, a/), i6g (suspect), 3io, 35a, 369, 397, /lia, 4a4, 45i, hbù, ÀSa, 5i8, 6o3, 696, 73o. 5. Tr., Y. a3 :
Zy)Xoî 8é te yetro^a yetrcov, V. 456 :
'Exatbv 3é te So'jpaT' àpiâ^r);, V. 6o3 :
XoiXen^ ô' uw^TtopTi; !fpi6o;, etc.
l'expression des IDEES MORALES : LA LANGUE ET LA VERSIFICATION 1 QQ
tantôt — et plus souvent peut- être — un proverbe familier : Kaxa xépSea W ia-njoiv.
MeXéttj 8é TOt Ipyov c^éXXet.
Katpo^ 8' âwi Tcfidiv aptffxcç.
Maxapcdv TOI viixTeç lajiv'.
C'est donc généralement, comme chez Homère, une réflexion morale que contient l'hémistiche ainsi détaché ; or cet hémistiche, considéré isolément, équivaut à une tétrapodie anapestique catalectique ; ce rythme extrêmement ancien, usité d'abord dans les chansons de marche, était, avant le triomphe de l'hexamètre, la forme par excellence des dictons populaires; c'est probablement à cet usage qu'il devait son nom de parémiaque^. Ce mètre, trop court pour la haute poésie, fut-il un des éléments qui contribuèrent à la formation de l'hexamètre? La chose, sans être prouvée, est du moins vraisemblable 3. Ce qui parait certain, c'est que les poètes épiques puisèrent à ce