I . Cf. Proclos, loc, eit
3. « ...L'acropole d'Ascra,» dit M. Haussoullier (Guide Joanne pour la Grèce continentale, 3* section, $ lo, p. 3o), «que l'on reconnaît à sa position sur une haute et abrupte colline. » Nul doute qu'un pareil emplacement, aussi défavorable au point de vue commercial et agricole, ait été choisi pour des raisons stratégiques, capitales aux temps primitifs.
3. La fontaine Aganippé, voisine d'Ascra, est un exemple de ces endroits vivants, « avec ses ruches, ses figuiers et ses amandiers» (Id., ibid.J. C'est à ce site ou à d'autres analogues que pensait Davies {Hesiod and Theognis, Edimburgh and London, 1873, ch. I), lorsqu'il accusait Hésiode d'injustice envers son pays, et faisait de la montagne béotienne une description enthousiaste. Il est cependant incontestable que l'ensemble de la région est d'une rare sécheresse et d'un aspect extrêmement désolé. Cf. d'ailleurs p. 107-108.
U. Cf. Athénée, 1, p. 4 d. L'épitaphe d'Hésiode, citée par Pausanias (IX, 38, 4). appelle Ascra ico^vXi^Voç ; Zénodolos la qualifiait de icoXuaxaçuXoc, à tort, suivant Strabon (p. Ai 3), qui invoque le témoignage d'Hésiode et d'Eudoxos; Hésiode devait encore songer à ses concitoyens quand il donnait des conseils pour la vendange {Tr., V. 609-0 i4>
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tempêtes que soulève le vent du Nord, ce terrible Borée qui « souffle du fond de la Thrace » > ; la neige s'entasse dans rencaissement des vallées étroites, et les obstrue, même à de faibles altitudes, jusqu'à la fin du printemps; en été, les orages sont fréquents, les chaleurs accablantes, le sirocco brûlant; et le climat est d'autant plus rude que ces températures extrêmes se succèdent sans transition, par de brusques sautes de vent. La position d'Ascra était, d'ailleurs, aussi défavorable que possible : située à une forte altitude, elle n'était pas abritée contre les gros temps, et l'hiver est dans cette région presque aussi rigoureux qu'en Arcadie ; pendant la saison chaude, on n'y pouvait jouir des souffles frais de la brise marine, interceptés par le massif de l'Hélicon, dont le point culminant, du côté de l'Ouest, dominait Ascra de ses 1780 mètres».
Mieux valait cependant vivre péniblement dans ce village perdu sur la montagne que de mourir de faim au sein d'une ville opulente. Notre Cyméen y avait sans doute été bien accueilli par des gens pauvres comme lui, plus enclins que d'autres à la commisération ; nous ne savons si ce fut là qu'il se maria^; en tout cas il put acquérir quelques terres, qu'il cultiva lui-même, et, de navigateur devenu paysan, il vécut là d'une existence simple et frugale, que partagèrent ses deux fils, Hésiode et Perses^.
Dès son enfance, Hésiode fut un laboureur; peut-être menat-il quelques troupeaux paître sur l'Hélicon^; mais la culture
I. Tr., Y. 5o6 sq. Ce vent, qui causo en Grèce les froids les plus rudes, souffle à Thespies avec une telle violence que les maisons de bois, peu solides, en sont ébranlées. (Cf. Situ, *H<7i66ou anavTtt il ép|iT)vetac, Athènes, 1891, p. 278).
a. Sur la situation exacte d'Ascra, cf. Strabon, p. A09 : ev 6c|(2 ttrà toû *£Xtx£>vQ;, xtX. Proclos (loc. cit.) place Ascra au sud de la montagne,' ce qui est moins vraisemblable. Sur son climat et celui de toute cette partie de la Grèce, cf. en outre Hésiode, Tr., v. 64o, etc., — Proclos, in v. 5oa, et les nombreux écrivains modernes qui ont décrit la Grèce.
3. Plutarque, Suidas, Tzetzès, etc., nomment sa femme IIuxt(i^6/]y et la croient Gyméenne.
^. Hermésianax, cité par Athénée (XIII, p. 697 d), dit qu'Hésiode était né à Cymé, et qu*il émigra en Béotie avec son père :
ft}(j.\... *na^o8ov... 'Affxpaïuv io-txloOai... x(u(iyiv*
tel était aussi Tavis de Suidas, qui le qualifie de Ku|iato<. Il parait plus probable, d'après les vers 65o et 660 des Travaux, qu'il naquit à Ascra; c'est d'ailleurs l'opinion générale.
5. Cf. Théogonie, v. aa : texte très discuté et affirmation plus que suspecte. Remar-
HÉSIODE a 5
des champs paternels était sa principale occupation. Il sentait la nécessité de cette rude besogne, et son esprit sérieux dut bientôt y prendre goût; quand, plus tard, il décrira la vie des cultivateurs, dans ses vers se manifestera un vif amour de la campagne. Ce n'est pas qu*il ait aimé à la contempler, à jouir en oisif des beautés de la nature : Hésiode était à la fois trop pauvre et de tempérament trop laborieux pour rechercher de telles voluptés; il préférait celles que donne la satisfaction du travail accompli. Nous nous l'imaginons volontiers sous les traits d*un robuste paysan, tel que le réalisme des premiers artistes béotiens devait, peu de temps après, représenter les dieux'. Un champ de modeste étendue, une humble maison d'une ou deux chambres, sans aucun ornement, surmontée d'un toit de chaume en pente raide et d'un grenier oii il serrait ses récoltes a, tel devait être le cadre où sa vie s'écoulait, simple et monotone : les complications de notre existence journalière ne pouvaient guère exister chez un peuple qui ne connaissait ni l'usage courant de l'écriture 3, ni un autre art que la poésie épique, ni peut-être l'argent monnayé. La seule variété qui fût apportée à ce genre de vie était celle qu'amenait chaque saison dans les travaux des champs : les pluies de septembre, qui rafraîchissaient l'air brûlé par la canicule^, étaient le signal des dures besognes de l'hiver; après la cognée, on maniait la charrue; puis, les grands froids passés, la serpe, la faucille, enfin les paniers du vendangeur. Hésiode semait, labourait, moissonnait lui-même, demi -nu par tous les temps, parfois seulement obligé de s'envelopper d'une longue tunique, d'un
quoDS que dans les Travaux Hésiode parle quelquefois des troupeaux de chèvres et de moutons (v. 934, 543 sq., 893, 786), mais surtout des botes de trait (v. 4o5, 436 sq., 791, 816, etc.); c'est plutôt le fait d'un laboureur que d'un berger.
I. Voir notamment l'Apollon d'Orchomène et celui du Ptoon {B.C. H., XI, 1887, p. 355-36o). 11 serait puéril de vouloir retrouver les traits d'Hésiode dans les statues qui le représentent; Pausanias en a décrit trois : une à l'Hélicon (IX, 3o, 3), une à Thespies (IX, 37, 5), et l'autre à Olympie (V, 36, 3).
a. Cf. Perrot et Chipiez, L'Art mycénien^ p. 678 sq. Le mot xaXir), grenier, fréquemment employé par Hésiode {Tr., v. 3oi,3o7, 374* 4ii, 5o3), est ignoré d'Homère; pcul-ôtre faut-il voir dans ce fait l'indice d'un progrès fait par l'architecture.
3. La plus antique inscription do Thespies (I.G.A., i46) n'est pas considérée comme antérieure au vi* siècle, quoique ce soit une des plus anciennes que l'on connaisse (l'esprit rude, notamment, n'y est exprimé par aucun signe). Cf. d'ailleurs p. a, n. 1.