Cf. Tr., V. 4i5, et Sitll, op. cit., p. a
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épais manteau et d'une sorte de plaid imperméable en peau de chevreau < ; de forts souliers en cuir de bœuf, doublés de chaussons, complétaient cet accoutrement, avec un bonnet de laine, qui protégeait la tête contre les averses glacées du mois Lenaeon ^ Des serviteurs peu nombreux l'aidaient dans ses travaux : pour u toucher » sa paire de bœufs, une esclave et un domestique libre d'une quarantaine d'années 3; un enfant pour manier le boyau ^. Leur nourriture habituelle était des plus frugales : un pain, dont les portions étaient rigoureusement fixées 5; à ce repas, la nature fournissait d'elle-même des assaisonnements variés : des racines, des glands doux, du miel sauvage 6. Pendant la belle saison, le maître admettait des aliments plus délicats, pour ranimer le corps épuisé, énervé par la chaleur : du vin, des gâteaux, du laitage, des viandes blanches, que Ton mange dans une grotte, à l'heure du repos '^, Dans un état de civilisation aussi arriéré, chaque paysan devait se suflire à lui-même, et faisait à la fois toutes sortes de
I. Cf. Tr,, V. Sgi sq., 536-5^6. Le costume d'hiver décrit par HippoDax (fr. a/^ Crusius) est à peu près le même :
'Ejiot yàp o'jx eSù>xa; ovre xm x^aîvav Sficffetav, èv /etf&ûvt çàpfiaxoy piyeu;, O'vt' aaxêpY)7i toÙ; icoSk; 6aaEiy)9tv expv'J/aç, (o; (jltq (toi -/ipieT^a prJYvjTai.
Cf. Sittl, op. cit., p. a8a-a83, etc.
a. Janvier- février ; Lenœon est un nom de mois ionien, qui correspond au mois béotien Boukatios et au mois atlique Gamélion (Proclos, in v. 5oa; cf. Plutarque, Pélopidas, ch. xxv, etc.).
3. Tr., y. Ao5-4o6, 44i, 6oa. Los esclaves étaient rares à l'âge héroïque : Homère n*en place que chez les rois, où ils sont généralement amenés comme prisonniers de guerre (Spiaiec, — cf. Tr., v. ^Sg, 697, 608).
li. Tr., V. 469 sq.
5. Tr., V. 44a : « Pour son dîner, un pain divisé en quatre quartiers, en huit portions. » Il ne faut pas voir ici Texprcssion d*unc n superstition », des « chiChrcs fatidiques» comme font les commentateurs qui traduisent: ail doit manger en huit bouchées un pain partagé en quatre parties. » (H. Ouvré, Les formes littéraires de la pensée grecque, p. 101.) L'interprétation que nous adoptons s'appuie sur des témoignages de Philostrate (Imag., II, a6, a) et d'Athénée (III, p. ii4 6).
6. Tr , v. 4i et a33; cf. Proclos, in v. t^l. Les Grecs indigents utilisent encore aujourd'hui ces ressources de la campagne. (Cf. Sittl, op. cit.^ p. 216 et 24a.)
7. Tr., V. 082-596 : « Du vin des monts Biblines, » dit le texle (d'aulres entendent: des bords du fleuve Biblos, à Naxos); ce vers 689, dont l'idée est reprise avec une expression bien plus heureuse par les vers 592-593, et qui contient au troisième pied une grave incorrection, parait interpolé; divers critiques, notamment Paley et Fick, contestent tout ce passage, malgré l'imitation qu'en a faite Alcée (tr. 43 Crusius). Sur la nature exacte de la {xdtÇa àjioXYotîiî (pain dont la farine avait été délayée dans du lait), voir les textes réunis par Dimitrijevic, Studia Hesiodea, Leipzig, 1899, P- 41-42.
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métiers : Hésiode construisait son chariot, ses deux charrues, ses maillets et son mortier en bois, comme on en voit encore en Grèce ' ; instruments bien primitifs sans doute, mais qu'il fabriquait avec un soin minutieux : Tyeuse, Forme, le chêne y avaient leur emploi distinct, et les dimensions des roues étaient exactement déterminées >. La seule industrie assez avancée était la céramique : des coupes, des aiguières, des vases de toute sorte servaient dans les maisons aux usages les plus divers, et chez bien des pauvres étaient le seul ornement^. On ne sait quel âge avait Hésiode lorsque son père mourut, laissant un petit domaine que ses deux fils eurent à se partager; mais ils ne purent s'entendre. Autant Hésiode était austère et laborieux, autant son frère Perses était paresseux et frivole 4. La vie des champs, pour qui ne s*y adonne pas de toute son âme, est nécessairement fastidieuse ; aussi le jeune Perses rechercha-t-il toutes les distractions que pouvait lui offrir Âscra, et tomba-t-il dans la débauche. Aimant le plaisir, détestant le travail, il ne pouvait se contenter des joies que procure le soin des ruches et des bergeries, délices des bons laboureurs; les dîners qu'échangeaient entre eux les paysans devaient satisfaire médiocrement un homme que Toisiveté rendait voluptueux^; quant au luxe, il ne pouvait guère se déployer dans les maisons; même dans Thabillement des femmes, il était exceptionnel 6. Mais, en hiver surtout, les lieux de réunion étaient nombreux où pouvaient s'étaler sa nonchalance et sa vanité 7 : sous les portiques bien'abrités, autour du foyer des