‹ Hésiode et son poème moralChapitre 25 sur 165 · Cf. Tr., V. 399 sq., 3ia sq., 3ao-3a6, etc · texte numérisé non relu

Cf. Tr., V. 399 sq., 3ia sq., 3ao-3a6, etc

7. Tr., V. 4oo-6o3, 696 sq. Si les paysans d'Àscra accueillaient « deux ou trois fois » un mendiant, c'est à cause du respect religieux que les Grecs ont toujours eu pour les pauvres; mais ensuite leur mépris naturel du paresseux reprenait le dessus.

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travers tout le monde grec les chants héroïques issus de l'Asie Mineure : les poésies homériques lui étaient familières. Il entendit également chanter les hymnes des dieux, il connut les généalogies divines que les prêtres commençaient à versifier, et les mythes moraux où la raison naissante des Doriens cherchait déjà une explication aux mystères de la destinée humaine. Tels sont les modèles dont Hésiode s'inspira. Mais ce fut une forme poétique qu'il leur emprunta plutôt qu'un sujet à traiter : car les événements de sa vie et sa connaissance approfondie de l'agriculture lui fournissaient une assez ample matière, plus instructive, partant plus utile à développer que les légendes des dieux et des héros. Ses démêlés avec son frère, témoignage éclatant de l'injustice humaine, les travaux auxquels il s'adonne et que Perses a eu le tort de dédaigner, lui donnent l'occasion de transmettre à ses contemporains et à leurs descendants, à tous ceux qui comme lui travaillent et peinent, tout ce que son expérience peut leur enseigner de profitable. Car la science d'Hésiode est universelle : outre Tart de cultiver la terre, il connaît encore les principes de la navigation, il sait par quelles pratiques religieuses on s'assure la bienveillance des dieux, et possède même quelques notions d'astronomie ; ajoutant à la tradition ses observations personnelles, il a pénétré mieux que personne à son époque les secrets du ciel, de la terre et de l'eau*.

Ce sont là des objets bien divers : Hésiode dut les traiter dans des poésies plus ou moins longues, qu'il récitait aux villageois, et qu'il fondit plus tard en un seul ouvrage >. Les paysans d' A sera répétèrent ces vers aux autres Béotiens, et la réputation de l'auteur se répandit bientôt dans tout le pays avoisînant. Peut-être le faisait-on venir aux fêtes de Thespies ou d'Orchomène, pour chanter ses œuvres comme les aèdes qui lui avaient enseigné leur art. L'antiquité attribuait à Hésiode un certain nombre de poèmes épiques et religieux; si parmi ces vers il y en avait d'authentiques, c'est sans doute pour des occasions de ce genre qu'ils furent composés. Une

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