Cf. E. About, La Grhce contemporaine, p. 5i-5a
3. Cette opinion a été défendue par 0. Friedel {Jahrb. fur class. Philolj X. SuppL- Band, 187g, Die Sage vom Tode Hesiods nach ihren QuelUn untersachi). Fick (loc, eit.J, malgré son scepticisme habituel, ajoute foi à cette version, et admet sans la moindre hésitation la légende de la mort du poète à OEnoé; voir, p. 187-188, les conclusions qu'il en tire.
4. Cf. Tzetzès, révo; 'Hfftd5ov»(p. viii Flach);— Combat d'Hésiode et d*Homhre, g 16; — Plutarque, Sept. Sap. Conv., 19; — Pausanias, IK, 3i, 6, etc. Thucydide seul a rapporté celte légende sans paraître y ajouter foi (111, 96). — Remarquons à cette occasion combien toutes les antiques biographies d'Hésiode sont fantaisistes, ainsi que les généalogies qui le rattachaient à Apollon, Linos, Orphée, etc., et en faisaient le cousin d'Homère. La seule source où nous puissions puiser avec confiance, ce sont ses propres vers.
5. Cf. Tzetzès, loc. cit.; de semblables filiations supposées sont fréquentes chez les Grecs.
6. C'est l'avis de Plutarque ; suivant Pausanias, les uns croient le poète coupable, les autres innocent. Au lieu de Mélésias, d'autres lisent Mv>iQato; (un habi^nt de Milet) ; l'existence de ce personnage fut sans doute imaginée assez tardivement par des admirateurs d'Hésiode, qui, tout en acceptant la légende, ont voulu sauvegarder la mémoire du poète.
7. Cf. Tzetzès, loc. cit.;— Plutarque, loc. cit.; — Pausanias, IX, 38, i-4; — Pindare, cité par Proclos (p. 7 Gaisford). La place où it était enterré fut découverte grâce à une corneille, qui se posa sur un rocher qui le recouvrait. Il n'est pas impossible que cette légende ait dû son origine à la forme affectée naturellement par le rocher, qui l'aura fait comparer à un tombeau; le nom d'Hésiode s'y serait ensuite attaché en
A défaut d'indications plus certaines concernant la fin de sa vie, nous imaginons volontiers Hésiode terminant son existence comme il l'avait passée tout entière, ne cessant sa besogne de cultivateur et de poète que pour jouir d'un repos définitif, bien mérité par son activité infatigable. Si la nature a exaucé enfin ses vœux, il dut vivre très longtemps, entre un fils déjà mûr et un autre grandissant sous les yeux du vieillard >. Sa réputation de laboureur expérimenté, de savant et de poète lui donnait sur ses concitoyens une influence et un ascendant incontestés. Sans doute on venait fréquemment le consulter, faire appel à son savoir et à sa prudence; ses conseils oraux devaient ressembler à ses vers : un ton impératif, une forme parfois mystérieuse à dessein, qui en imposaient singulièrement à l'âme naïve des montagnards ; un respect presque religieux pour cet homme inspiré par les Muses devait se mêler à l'admiration qu'excitait son génie, la science étant toujours un peu confondue avec la divination 3. L'existence qu'avait menée Hésiode justifiait, d'ailleurs, cette considération. Il n'avait cessé de donner l'exemple de toutes les vertus campagnardes; aussi bien dans la vie quotidienne que dans quelques circonstances exceptionnelles, sa propre conduite offrait un modèle à ceux dont il voulait former l'esprit et tremper le caractère. Il était lui-même convaincu qu'il était en possession delà vraie sagesse, inspirée par les dieux 3. C'était en réalité un paysan de mœurs pures et d'âme énergique, un cultivateur
raison de sa célébrité dans la région. Cf. les nombreux « tombeaux de Roland » dans les Pyrénées, et les légendes auxquelles cette dénomination a donné naissance. •Son tombeau d*Orchomène portait cette épitaphe, nécessairement très postérieure à répoque d'Hésiode, et que Pausanias attribue à Chersias :
"AfTxpr) jikv irarpiç itoXuXinïoç, àXka 6av6vTO;
*H<ji63o'j, To-j itXeîoTOv ev àvdpuicot; xXéo; eo-nv, àvôpcov xpivo{iêvci>v sv ^sadcvoïc ffoqptY)^.
Schliemann, et après lui Schuchardt, ont cru retrouver ce tombeau sous la coupole du monument d'Orchomène dit « trésor de Minyas » ; M. Perrot {UArt mycénien^ p. 64o) a démontré Tinvraisemblance de cette hypothèse. — Plutarque (d*après Proclos, m V. 63 1) signale encore un très ancien « tombeau d'Hésiode » à Ascra môme.