‹ Hésiode et son poème moralChapitre 32 sur 165 · Sur la valeur du terme v6|ioc chez Hésiode, cf. p. i · texte numérisé non relu

Sur la valeur du terme v6|ioc chez Hésiode, cf. p. i

a. "ApOTpov aÙT^Y'-tov (v. 433); cf. Virgile, Géorgiques, I, v. 169.

3. *'ApoTpov iir,xT6v fibid.). Elle se composait essentiellement d*un corps (yûri;), d*un manche (ix^'t^^^)» ^*^^ timon ({aroSoEu;) et d'une pièce 011 8*adaptait le soc (kVjpia).

d. Ce moulin primitif se composait d'un mortier (oXpio;) et d'un pilou (vicspo;), tous deux en bois; cf. Tr., v. ila3, — Pline, U, N., XVllI, 10, a3. La meule de pierre ((ivXt)) est nommée dans VOdyssée {Wllf v. io4t " XX, v. 106, etc.) ; il y est fait allusion dans VHiadeÇVUj v. 370: (jiuAostSsï ni-ptù). Les Siciliens en attribuaient Tinvention à Dêmèter, ce qui prouve que cet instrument existait chez eux depuis une très haute antiquité (cf. Pline, VII, 56). Une scolle de VOdyssée (VIÏ, v. loii) cite en l'attribuant à Hésiode le vers suivant: ...'AXstpeûov<n tivXT)c eici (i^Xoica xàpicov (fr. a6& Rzach).

COMPOSITION DES (( tRAVAtJX » 89

d'un Eumélos de Gorintbe, d'un Cinasthon de Lacédémone' ; robscur Chersias lui-même a pu être placé avec une assez grande certitude aux environs de la XXX* olympiade 3. Hésiode est Tunique successeur d'Homère qui nous ait légué autre chose que quelques vers épars ; le mystère qui enveloppe son existence serait déconcertant, si son ancienneté même ne nous en fournissait l'explication : les auteurs de généalogies que nous venons de citer appartiennent à une époque dont les faits sont assez connus pour que nous puissions en déterminer la chronologie. Si le souvenir d'Hésiode n'est lié à aucun événement considérable, c'est la preuve qu'il a vécu pendant la période obscure et confuse qui a précédé le début de l'âge politique, période de transition, à la fois dédaignée par la légende et laissée dans l'ombre par l'histoire. Si donc nous tenons compte du temps qu'il a fallu pour que les chants homériques — tout au moins les plus anciens — se répandissent jusque dans la Grèce centrale, nous sommes en droit de supposer que la plus grande partie de la vie d'Hésiode s'est écoulée pendant la première moitié du vin'' siècle ; mais il ne semble pas possible de fixer une date plus précise^.

Les vers moraux d'Hésiode ont été réunis en un poème intitulé ''Epya xal 'HjjLépat, les Travaux et les Jours; sa longueur est de 828 vers. Mais nos plus anciens manuscrits ne remontent qu'au XI* siècle^; on peut donc se demander si depuis l'antiquité certains passages ne s'étaient pas perdus. Les annotations de Plutarque, reproduites en grande partie par le commentaire de Proclos, démontrent que le texte dont on se servit couramment

I. Ils étaient tons deux contemporains de la fondation de Syracuse, que Ton place entre les Olympiades V et X; cf. Marcksobeflèl ; Hesiodi, Eumeli, Cinœthonis... fragmenta, p. ai6-aa3 et 3Â6->a68.

a. Id., ibid.y p. 36i-a6a.

3. Parmi les anciens, Hérodote (loe. cit.) place Hésiode 4oo ans avant lui, la Chronique de Paros (1. 4A) i6i ans avant la première Olympiade, Suidas vers Tan 808. Chez les modernes, Gôttling (Hesiodi Carmina, p. XVI sq.) et Sittl (op, cit», p. 33) discutent la question sans conclure ; Bergk (t. i , p. g38) place Hésiode dans la seconde moitié du ix* siècle ou au début du viii*; M. M. Croiset (op. cit., 1. 1, p. A7g-48a) aux environs de Tan 800 ; Beltrami (Li opère e i giorni, Turin, 1897, p. vi-viii) vers 750; Christ (flesch. der Griech. Litt., p. 86 sq.) et Grote (loc, cit.) vers Tan 700. Fick (pp. cit.i p. 4), pour rendre admissible la légende qui fait d'Hésiode le père de Stésichore (né vers 637), fait vivre l'auteur des Travaux de 700 à 6a5.

4. Le plus ancien et le meilleur est le Mediceus XXXI, 3g ,* puis viennent deux autres Afedie^i (XXXII, 16, et XXXI, 3a), deux Parisini (3708 et 2771), etc.

depuis les Alexandrins ressemblait fort au nôtre >. Cependant les fréquentes citations que les anciens faisaient d'Hésiode nous ont fait connaître un certain nombre de vers moraux ou agricoles qui ne figurent pas dans nos manuscrits. Un vers entre autres, provenant d'une citation de Diodore, a pu être ajouté avec certitude au texte d*Hésiode > ; de même deux vers cités par Origène se rattachent incontestablement à la description de rftge d'or 3. Mais ce sont là des additions insignifiantes; quant aux allusions faites par Théophraste, Pline, Servius à des vers hésiodiques sur la culture et diverses propriétés de Folivier, de l'asphodèle, du « poiion » et de i'(( hippomanes » ^, elles ne semblent pas provenir des Travaux^ où l'on ne voit guère quelle place ces passages auraient pu occuper^; ce seraient plutôt les vestiges d'un poème spécial sur la culture des champs, ouvrage fort mal connu, dont l'existence même est' très contestée, et dont le sujet ne nous est révélé que par quelques vers de Manilius^.

I. Arlstarque, Gratès de Malle, ApoUoaios de Rhodes, etc., avaient fait sur Héiiode des études critiques dont nous avons conservé quelques remarques éparses dans les scolies, et on avaient probablement publié une édition.

a. C'est le v. 120 de nos éditions, cité par Diodore (V, 66) à la suite des v. iii-iig. Cf. F. Léo, Hesiodea, p. 21, et Dimitrijevic, 5(udia Hesiodea, p. 176-177.

3. Suva\ ykp Tire Satte; îfdav, Euvo\ tï 66(i>xoi iOavàrotvi OeoT^t xaTaOyY)Totc x'àvOpœTcoïc (fr. 83 Rzach).

Cf. Situ, Wiener Studien,\ll, p. 46, — Dimitrijevic, op. cit., p. 177-178. Il est difficile de déterminer l'endroit où ces vers devraient être introduits dans notre texte; Dimitrijevic les insère après le v. lao. Leur place primitive était, en tout cas, entre les v. 109 et lai, car un vers de Babrios (prol. I, v. i.3) :

OvY)T&y 8' ûirnpx^ ^^^ ^'^^ hotipedr), contenu dans une description de Tâge d'or, en parait un souvenir précis.

4. Théophraste, HuU Plant., VII, i3, 3, - IX, 19, a; - Pline, H. N., XV, i, 3, — XXI, 7, 44, — 17, 68,— 30, i45, — XXII, 33, 67 et 73, — XXV, 3, la; — Servius, in Verg. Georg., III, v. 380 (= fr. 337-330, a3a, a55 Rzach, et fr. 199 Marckschcfiel = 18 Gôttling-Fiach, omis par Rzach). Lehrs attribuait ces fragments (fr. ia-i8) aux Travaux^ ainsi que deux vers très obscurs, relatifs l'un à la préparation de la laine (ft*. a64 Rz.), l'autre au foulage des raisins (Rzach, 'ATcoanav^iaTa xtSâTjXa..., i5).

6. Nous verrons que le prétendu traité d'agriculture contenu dans les Trawiux (v. 383-617) n'est en réalité qu'un calendrier agricole fixant l'époque où chaque besogne doit être faite; or les préceptes attribués à Hésiode par Pline ne peuvent trouver place dans aucun paragraphe de ce calendrier, parce qu'ils ne caractérisent aucune saison (cf. Marckscheffel, op, cit., p. ao3 sq., ai4)- 6. Manilius, Astron., II, v. 19-33, 34 :

Quin etiam ruris cultus legesque novandi Militiamque soli, quod colles Bacchus amarct, Quod fcecunda Gères campos, quod Pallas utrumque, Atque arbusta vagis essent quod adultéra pomis... Pacis opus magnos naturœ eondit in usus.

Il ne peut ôtre question des Travaux, car cette analyse serait fort incomplète ot

COMPOSITIOît DES «TRAVAUX» 4l

En revanche, il est permis de se demander si tous les vers de ce poème ont bien été composés par Hésiode. A cette question, peu de critiques ont cru trouver une solution définitive : les opinions les plus diverses ont été émises; les théories les plus opposées ont été défendues, avec le même acharnement que dans la question homérique'. En admettant qu'Hésiode ait vécu au début du vni* siècle, la première rédaction écrite de ses vers est postérieure d'au moins deux cents ans à leur composition ; peut-être faut-il l'attribuer aux « diascévastes » de Pisistrate^. Que s'était -il passé pendant cet intervalle? Quelles altérations la tradition orale n'avait-elle pas fait subir au poème primitif? Certains critiques ont prétendu que les premiers rédacteurs avaient recueilli tous les vers épars que récitaient les Béotiens de l'Hélicon; ces vers, groupés en un seul ouvrage, auraient ensuite été attribués au même poète 3; quelques sceptiques ont été jusqu'à soutenir que le nom d'Hésiode n'était qu'une personnification désignant les auteurs de tous ces vers, mais non un personnage réel ^. Suivant d'autres, les Travaux seraient formés de plusieurs

constituerait un tissu d'erreurs; d'autre part, ce résumé exposQ le sujet avec trop de précision pour qu'on puisse lui donner cette signification générale, qu'Hésiode a été le maître de toute la poésie agricole, — comme faisait Virgile (fieorg., II, v. 17G) prenant l'expression Aserœwn carmen au sens de carmen georgicum : l'analyse très précise et très détaillée de la Théogonie^ qui précède dans les Astronomiea les vers que nous citons, prouve au contraire la scrupuleuse exactitude de Manilius : lorsqu'il a écrit ce passage, il avait certainement en main un poème agricole différent des Travaux, et attribué également à Hésiode. C'est à ce poème que l'on peut rapporter avec le plus de vraisemblance les fragments relatifs à l'olivier (Pallasjj à la vigne (Bacchm), aux plantes sauvages (vagis pomis). Si deux passages de Pline (/f. N., XXI, 17, 68 et XXIII, I, 43) ont pu être considérés — notamment par Marckscheffel (op. cit.) et par Sittl (DU Glauhwûrdigkeit der Hesiods Fragmente, dans les Wiener Stadien, XII, p. 38- 65) — comme des citations inexactes des Travaux (v. lu et 693), ses autres témoignages ne peuvent être négligés, car on ne saurait admettre sans parti pris qu'il ait accumulé sur un seul point autant d'erreurs que le prétendent Marckscheffel et Sittl. Flach, qui croit à l'existence du poème, lui appliquait à tort le nom d'^Ep^a (isydlXa, qui désigne en réalité une édition des Travaux u augmentée » de VOrnithomantie et des Préceptes de Chiron (cf. fr. 174-176 Rzach, — Athénée, VIII, p. 364, — Pausanias, IX, 3i, 5, — et Marckscheffel, op. cit., p. 183 sq., 303 sq.)

I. Un exposé assez complet de ces discussions sur Hésiode (de 181 5 à 1880) a été donné par Sittl (Gesch. der Grieeh. Litt., t. I, ch. vi et vu).

3. Cette hypothèse, d'ailleurs très vraisemblable, n'est fondée que sur un texte assez vague de Plutarque (Thésée, XX, 3) : ToOto ...to stco; èx tûv *H<Ji4Soy Oeiffi- (TTpaTOv èÇsAÊÎv ÇYjdiv *Hpéaç 6 Me^ape-j; xxX.

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