‹ Hésiode et son poème moralChapitre 37 sur 165 · Tr., v. 5o4-535 et · texte numérisé non relu

Tr., v. 5o4-535 et

6. Nous avons vu (p. a6) que Fick et Paley contestent les v. 683-596. Les v. 5oâ- 535 ont également été contestés par Lehrs, Schômann, Gôttling, Fick, Paley, pour les raisons suivantes : les ionismes fréquents (Boplov, [kil^toL, AY)vaiâ>va, etc.), les nombreux SltzolI elpY]|xéva, l'absence du f dans les mots oi, ov, Woi, le caractère épique du style, où abondent les grands mots et les épithètes sonores, le caractère objectif et peu didactique de la description, sa longueur inusitée et le désordre de sa composition, enfin une peinture de mœurs féminines peu d'accord avec la sévérité habituelle d'Hésiode (v. 5i9-5a3). — Nous verrons aux chapitres IV (p. io5 sq.), V et VI, que la forme descriptive, les particularités de langue critiquées ici, l'usage des termes ou expressions épiques, ne sont pas étrangers à la «manière» ordinaire d'Hésiode. Quant à la suite des idées, elle est, au contraire, très nette : le poète passe en revue les arbres, puis les animaux domestiques, les bêtes sauvages, enfin les hommes; pour rendre la composition tout à fait rigoureuse, il suffit de supprimer le v. 617 et le premier hémistiche de 5 18, dont on reporterait le second au v. 533. Les seuls vers que concerne la remarque relative aux mœurs sont les v. 5i9-5a3; c'est l'objection la plus sérieuse, qui suffirait presque à condamner cette imitation trop

La pensée est peut-être plus diflBcile à suivre dans les parties du poème où sont accumulés de brefs aphorismes. Le plus souvent, ces recettes pour faire légitimement fortune et ces règles de conduite journalière ont été groupées approximativement d'après leur portée ou leur signification. Le passage qui traite de la tenue d'une maison et de l'administration des biens (v. 34a-382) est tout entier composé de vers ou de distiques isolés, contenant des observations ou des conseils qui semblent juxtaposés assez arbitrairement et ne forment pas un ensemble très bien fondu. Que dans une aggloniération de ce genre aient pu se glisser .quelques éléments hétérogènes, ce n'est pas douteux ^ Cependant une réelle unité subsiste au milieu de cette confusion tout extérieure ; l'idée essentielle de ce développement n'est pas un fil conducteur qui mène de point en point, avec une logique rigoureuse, depuis un exorde jusqu'à une conclusion; elle consiste plutôt en une sorte d'origine et de fin commune à toutes les sentences ; c'est une source unique, d'où chacune émane directement. Tel est le lien qui unit les réflexions variées sur les dépenses, les emprunts, les cadeaux et les salaires. Le groupement de ces diverses questions est analogue à celui des vers dans chaque développement; la seule liaison formelle consiste en quelques termes qui se répètent, comme pour affirmer l'unité de la matière, et par lesquels plusieurs passages, d'ailleurs indépen dants.les uns des autres, semblent s'appeler et se répondrez

exacte de quelque chant épique. Quant aux incorrections et faiblesses de style, elles disparaissent presque toutes par la suppression des v. 5ii, 517, Sig-SaS.

Ce n'est pas le seul passage où le cours de Tidéc nous paraisse rompu par des interversions : les premiers vers des Jours (7G5-779) semblent avoir subi dans les manuscrits une altération de ce genre : on ne s'explique pas pourquoi les préceptes relatifs au trentième jour (v. 76G-767) sont séparés des autres par deux vers de portée générale (768 et 769); d'autre part, il y a une lacune manifeste après le V. 776. Je proposerai donc l'ordre suivant : 7C5, 7G9, 7G8, 770-776, 766-767, 777 sq- La plupart des commentateurs se contentent d'intervertir les v. 768 et 769 ; mais même avec le texte ainsi modifié, le yctp du v. 777 resterait inexplicable. — Sur ces deux passages, cf. Annales des Universités du Midi (Bévue des Études anciennes), lyoi. p. ao5-aii.

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