I. Cf. Dimitrijevic, op. cit., p. ao5, aao
a. Ainsi les termes yeittùv (v. 345-349), SeJfJiev et ses dérivés (v. 354-358), ^pyov et les mots de même racine (a99-3i6). Certains critiques — Silzler notamment — ont voulu voir dans la présence de ces « répliques » (Stichwôrter, Catchwords) la preuve que les vers attribués à Hésiode avaient été réunis beaucoup plus tard, et rangés dans cet ordre pour des raisons purement mnémoniques. Harrison {Studies in Theognis,
La composition se fait, pour ainsi dire, par associations d'idées et de mots; procédé sans doute assez primitif, mais qui contribue à donner plus de cohésion à cette combinaison d'éléments si divers'.
Que l'on examine l'ensemble de l'ouvrage ou le détail de chaque développement, on ne rencontre dans les Travaux et les Jours aucune contradiction, aucune véritable digressions Si la composition en a paru lâche et peu cohérente, c'est qu'on exigeait de cet antique poète une perfection, une rigueur logique où peuvent atteindre seuls des dialecticiens rompus à l'analyse de la pensée et au maniement d'une langue assouplie par de grands prosateurs. Il ne faut pas chercher dans les Travaux ce que l'on serait en droit d'attendre chez tout écrivain de l'âge classique, un plan dont toutes les parties soient savamment subordonnées entre elles ; mais on y trouve du moins un ordre, une coordination absolument rationnelle des divers développements que l'auteur a cousus ensemble pour en former un poème. C'est l'examen approfondi de tout ce qui concerne la vie d'un campagnard; or un tel ouvrage, pour être complet, devait toucher à des questions très variées, dont la succession, même parfaitement régulière, ne pouvait rappeler en rien la belle ordonnance d'un dialogue platonicien ou d'un traité d'Aristote. N'oublions pas qu'Hésiode, en composant ses vers, se proposait avant tout dé blâmer, de redresser et de guider son frère égaré ; son poème ne pouvait donc contenir autre chose que la suite de conseils — très simple et très
Cambridge, 190a, p. a 10) s'est élevé contre cette théorie, qui ne reconnaît pas la liaison des idées sous celle des mots. De plus, on ne voit pas pourquoi Hésiode n'aurait pas eu lui-même le souci de rendre ses vers didactiques plus faciles à retenir, en établissant un lien matériel entre des pensées éparses (cf. ch. V, sab fin.),
I. Un exemple frappant de ces associations d'idées est offert par le vers 3Aa : après divers préceptes sur le culte à rendre aux dieux, notamment sur les sacrifices qui leur sont dus, Hésiode passe brusquement à la mesure qu'il faut observer dans les invitations à diner; les sacrifices étant généralement accompagnés de festins (cf. v. 786), cette idée de repas constitue unô transition entre les deux passages.
3. Le développement relatif aux Jours (v. 765-828), rejeté à la fin, et dont le sujet est assez spécial, parait moins bien lié à l'ensemble que les autres parties. Mais la dévotion superstitieuse qui s'y manifeste, aussi bien que la forme à la fois didactique et descriptive, donnent à ce passage un caractère assez hésiodique pour qu'on n'en puisse nier absolument l'authenticité. H y a là simplement une de ces imperfections que Ton peut sans invraisemblance imputer à Hésiode lui-même.
naturelle — qu'il lui adresse : travaille, sois juste, fais honnê tement de bonnes affaires, sache bien ordonner la culture de tes champs et tes entreprises maritimes, efforce-toi d'acquérir dans ton entourage une réputation honorable, observe exactement les prescriptions religieuses. Cette série de préceptes aboutissait logiquement à une conclusion qui les résume et les embrasse tous : a Bienheureux celui qui travaille, sans commettre d'iniquité, possédant ces connaissances, irréprochable devant les dieux >. »
I . Tr,, V. 836-828. Le premier hémistiche du vers 838 : opvtOac xptvuiv, fait allusion à un usagée dont il n'est question qu'une seule fois dans les Jours (v. 801). Les uns considèrent ce vers comme interpolé, d'autres y voient une transition avec VOmithomantie, que les anciens attribuaient à Hésiode et plaçaient à la suite des Travaia. Peut-être faut-il le considérer comme une sorte de métonymie, et le traduire par une expression de'feens plus général, par exemple : « observant les rites »; cette proposition serait alors bien à sa place dans la conclusion des Travaux.