‹ Hésiode et son poème moralChapitre 41 sur 165 · Tr.,y · texte numérisé non relu

Tr.,y

5. Homère n*est pas plus précis à cet ég^ard, et parle moins souvent de châtiment que de satisfaction (àicotîveiv), — du moins entre personnes de rang^ égal (sur le châtiment des esclaves coupables, voir le chant XKII de VOdysséé). L'expiation d'un crime se réduit généralement à une lutte, où les dieux donnent l'avantage à Thomme iniustement offensé (cf. le combat d'Ulysse contre les prétendants, ou la correction qu'il inflige à Thersite) ; ce n'est pas tout à fait le droit du plus fort, mais on en est encore bien près.

6 Cf. Tr., v. 183-188.

7. La richesse consistait surtout en terres et en troupeaux (cf. v. i63, 333-334, 3o8, etc.).

8. Cf. Tr., V. 37 sq., 33osq., 356, etc. Sur le faux témoignage, cf. v. 383-283, 333. — Pour Hésiode, la guerre se confondait avec l'injustice (cf. v. 189), et la justice avec le bonheur de la paix (cf. v. 338). t La moitié est supérieure au tout, » dit-il encore (v. 4o), entendant par là qu'un bien minime honnêtement acquis est préférable à une richesse d'origine impure. Ananios (fr. 3 Crusius, v. 3) dit également :

rvoiY) X* oaw Ta avxa toû ^pu<Tou xpéwo).

Mais l'intention est légèrement différente : c'est à un avare qu'on s'adresse. Cf. Hérondas, fr. 5, etc.

5 a HÉSIODE

premier rang, parmi les méchants, les mauvais rois, qui sont surtout pour lui les mauvais juges. Le crime est le même, de ceux qui s'emparent injustement des possessions d'autrui, et de ceux qui^ dans leurs sentences, se laissent corrompre. Le jugement inique est de toutes les formes de Tinjustice celle qu'Hésiode a le plus souvent flétrie'; ce n'est pas seulement parce qu'il en avait soufiert lui-même, mais parce qu'un homme est d'autant plus tenu d'agir avec équité qu'il a une puissance plus considérable, qu'il peut à sa guise faire le bien ou le mal. Si les rois doivent, dans toutes les causes à juger', conformer strictement leur conduite aux lois de la justice, c'est qu'à leur suite ils risquent d'entraîner toute une cité à sa perte : les rois étant, vis-à-vis des hommes et des dieux, les représentants de leurs sujets, tout le peuple supporte la responsabilité de leurs actes : « Souvent une ville entière porte la peine des iniquités et de la présomption d'un seul homme^.» C'est ainsi que, pour expier les crimes d'Œdipe, les Thébains avaient souffert de la peste, jusqu'à ce qu'il fût châtié. Les dieux exigent la réparation de toute action mauvaise, et les juges qui vendent leur conscience peuvent attirer sur bien des têtes innocentes la colère céleste^.

C'est là pour Hésiode la principale raison d'être de la justice. Quoique cette notion soit un principe fondamental de sa morale, il ne cherche guère à la préciser ou à l'analyser; l'origine de ce principe, sa justification logique ou métaphysique ne semblent pas l'avoir préoccupé ; et la solution qu'il donne à ces questions est rudimentaire. Si c'est notre devoir d'être justes, si la probité est certaine de triompher, c'est que cette loi est imposée par les dieux, immuable et sacrée comme tous les décrets de Zeus. Ses yeux sont ouverts sur les méchants; et la Justice, qu'il révère, obtient pour toutes les offenses la satisfaction qu'elle lui demande^, Mais dire qu'il faut être juste pour obéir à la volonté des dieux, c'est donner

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