Tr,, V. 330-337. Cf. Odyssée, XIX, v
HisiODE. 5
d'enfants, les maisons s'éteignent, par la sage volonté de Zeus Olympien; parfois encore il anéantit leurs armées immenses, détruit leurs remparts, abîme leurs vaisseaux dans la mer'. »
Toutes ces maximes ou descriptions ne font, en somme, qu'exprimer et développer cette idée très simple, qu'il est bon d'être juste, et surtout qu'il ne faut pas s'enrichir aux dépens d'autrui. A ceux qui, comme Perses, préfèrent les gains illégitimes, les biens que procure la force brutale ou le mensonge, Hésiode oppose les travailleurs, qui, comme lui, cherchent à acquérir une aisance honnête par une existence laborieuse. Noys laisser aller à la nonchalance, vivre dans l'oisiveté, c'est nous faire à nous-mêmes autant de tort que notre injustice en ferait à autrui ; chacun de nous a des devoirs envers lui-même comme envers les autres hommes; il ne faut pas seulement s'abstenir de faire le mal, il faut aussi mener une vie active. Le travail est une des grandes lois de la société humaine : c'est une obligation morale, en même temps qu'une nécessité matérielle. Voilà ce qu'Hésiode s'attache longuement à prouver; et cette démonstration n'était pas superflue, parce que ses contemporains avaient contre le travail des préjugés enracinés. Ces montagnards peu scrupuleux préféraient une rapide conquête à un labeur de tous les instants, et les ouvrages manuels commençaient à sembler une besogne d'esclave. Le temps était passé où le vieux roi Laerte occupait ses loisirs à la culture de son verger. Pourtant u le travail n'a rien de honteux, c'est l'oisiveté qui est honteuse » ; Hésiode se croit obligé de répéter cette idée avec une insistance qui ne nous laisse aucun doute à cet égard >. Il ne cesse de poursuivre de son mépris et presque