‹ Hésiode et son poème moralChapitre 44 sur 165 · I. Tr., V. 238-347; cf. v. 335-3a6, elc · texte numérisé non relu

I. Tr., V. 238-347; cf. v. 335-3a6, elc

3. Tr., V. 3ii-3i6; nous avons remarqué dans tout ce passage (v. agS-Siô) la fréquente répétition des mots àpyo^, IpyàÇ^ta^an., etc. Cf. Archiloque, fr. i6 Crusius :

IlàvTa w6voç TCJxei Ovyitoîç [ukixri tc ppoteiT), — Épicharme (cité par Xénophon, Mémor., II, i, ao) :

LA MORALE d'hÉSIODE 55

de sa haine ces paresseux, semblables à des frelons qui vivent en repos du travail des abeilles»; leur conduite, dit-il, excite l'indignation des hommes et des dieux 3. Car ce sont eux qui nous ordonnent de travailler : en nous cachant les ressources de la vie, ils nous ont interdit de nous enrichir en un jour 3 ; la paresse, comme Tinjustice, est encore une forme de l'impiété \

Dans quelle intention les dieux nous ont- ils soumis à cette pénible épreuve? Ils auraient pu — le poète le dit expressément — dispenser les hommes de tout effort pour gagner, même honnêtement, leur vie; quelle fin se proposaient- ils donc, quelle faute voulaient-ils nous faire expier, en ne nous accordant Taisance et le bonheur qu'au prix de fatigues et de peines innombrables? Hésiode a cherché à donner l'explication de cette énigme ; mais la question était malaisée à résoudre, et le poète s'y est repris à plusieurs fois pour trouver une solution qui pût en même temps satisfaire sa raison et convaincre ses frivoles auditeurs. C'est en rattachant l'origine de cette obligation à des légendes connues, enseignées par les prêtres, chantées par les aèdes et admises de tous, qu'il essaie de justifier la rigueur dont les dieux usent envers les hommes.

C'est là tout d'abord un acte de juste vengeance, une peine infligée à la fourberie de nos ancêtres, et qui, suivant un principe de la philosophie religieuse des Grecs, frappe encore leur postérité. Séduits par le Titan Prométhée, les hommes avaient cherché à duper le maître des dieux en lui dérobant la meilleure part des animaux sacrifiés^. Zeus, irrité, leur cacha le feu, dont la possession }es eût dispensés de bien des efforts pour subvenir à leurs besoins. Par là même, l'homme, d'abord exempt de toute peine, se trouvait soumis une première fois à la souffrance, et obligé de travailler pour y échapper. Mais Prométhée, toujours ingénieux, réussit à dérober une étincelle du feu divin,

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