Tr,, V. 3og-3io, et d'autres passages déjà cités
5. Cette ruse de Prométhée est racontée tout au long dans la Théogonie (\. 535-56o). Hésiode n'y fait, dans son récit, qu'une courte allusion (Tr., y. 47'4^).
qu'il enferma dans une férule >. On sait à quel supplice il fut condamné. Quant aux hommes, Zeus leur laissa le feu, à Faide duquel se créa Tindustrie; mais tout progrès étant le prix d'une lutte, la civilisation ne se développa que par un travail incessant et souvent pénible; tel est le châtiment que Zeus infligea aux complices du Titan. Ce fut une femme qui servit d'instrument à sa vengeance ; Héphaistos la forgea si belle, les dieux la comblèrent de tels dons, que Zeus la nomma Pandores Hermès Famena de sa part à Épiméthée, car Zeus voulut que le malheur des hommes fût consommé par le propre frère de Prométhée^. Pandore ouvrît une jarre où étaient enfermés tous les maux, et ils en sortirent pour se répandre sur la terre. Quels étaient ces maux? On y comptait sans doute tous les fléaux qu'Hésiode a citéa au cours de son poème: les Maladies, auxquelles s'ajoutent la Faim et la Pauvreté ^' puis tous les mauvais sentiments, causes de discorde entre les hommes, la Méchanceté, l'Envie, l'Impudence, la Violence^. L'auteur de la Théogonie, un des continuateurs d'Hésiode, complète, en les classant, la liste de ces maux, d'origine et de race divine; ce sont tous les enfants de la Nuit, puis le Blâme, le Chagrin, la Fraude, la Vieillesse, la Discorde avec son innombrable descendance : les Douleurs, les Carnages guerriers, les Mensonges et autres Ruses 6. Parmi les maux, un seul resta captif, que le poète appelle 'EXirfç, et qui est sans doute l'attente, la prescience du malheur, seul fléau dont l'humanité n'ait pas été frappée 7. La nécessité du travail était-
I. Suivant Eschyle et Platon, cette étincelle avait été prise dans Tatelier d'Uéphaistos à Lemnos; suivant Servius (ad Virg., Bue, VI, 4a), Prométhée transporta le feu à Taide d*une torche qu'il avait allumée au soleil. Hésiode ne s'Inquiète pas de ce détail.
a. Tr., v. 60-82.