Tr., V. 4ii
hk MORALE d'hÉSIODE 6i
hommes I. Si la honte accompagne la pauvreté, la confiance suit la richesse, qu'escortent aussi l'honneur et la renommée». La fortune, c'est la vie pour les mortels 3; sans elle, le bonheur n'est pas possible, et le poète les confond tous deux sous le même nom d'5X65;^. Ce n'est pas qu'Hésiode chante un hymne à la richesse, qui nous surprendrait chez ce moraliste rigoureux; ce sont les bienfaits de l'activité qu'il célèbre, car cette aisance respectable que couronne la félicité, il n'est qu'un moyen de l'obtenir, Hésiode le répète : c'est de travailler et de ne quitter un travail que pour un autre travail 5. La principale raison invoquée par Hésiode en faveur de la vie laborieuse est non seulement matérielle, mais étroitement utilitaire : elle seule peut donner ce bien-être solide, cette indépendance de l'homme aisé, indispensable à l'honorabilité d'un Ascréen, et qui se confondait presque avec elle fi. Hésiode n'a pas ignoré ce qu'il peut y avoir de louable et de beau dans le labeur luimême, indépendamment de ses résultats pratiques. Il avait assez vivement le goût du travail pour l'aimer même avec désintéressement, et il est impossible qu'il n'ait pas senti cette noblesse de l'effort, qui peut suffire à sauvegarder la dignité d'une existence. Cependant il n'insiste guère sur cette idée, et l'exprime surtout sous forme négative, en assurant qu'il n'y a pas de honte à travailler "7. C'est qu'Hésiode se proposait avant tout de ramener ses concitoyens à une vie plus active; des raisons trop abstraites auraient peu touché ces âmes frustes et ces esprits intéressés; c'est pourquoi le poète s'est borné à
1. Tr.y V. agS-Sio. Cf. le vers 807 : a>; xe... wXtqôomji xaXia^ avec le vers &11, cité précédemment : oO... w'(jLn)r)(Ti xaXn^v.