I. Tr.,y, 448-493» 4i
a. Tr.f V. 571-608.
LA MORALE d'hÉSIODE 63
morale plus encore qu'une intention didactique : les observations qu'il relate, les diverses tâches qu'il assigne aux agriculteurs, sont des exemples à Tappui d'une démonstration. De tous ces préceptes se dégage, pour le cultivateur, la nécessité de fortifier son âme, en même temps que son corps, par toutes les qualités qu'il doit s'efforcer d*acquérir et de pratiquer; ces vertus, dont l'exercice constant est une condition indispensable de succès dans la culture des champs, sont nombreuses et variées comme ces travaux eux-mêmes ; mais il en est parmi elles auxquelles Hésiode attache un prix plus considérable : celles qu'il exige tout spécialement des agriculteurs et semble avoir placées en première ligne, ce sont l'activité, l'ordre et l'indépendance.
Nous avons déjà vu de quel prix sont pour Hésiode l'énergie et l'ardeur au travail; ce sont, avec l'endurance et l'opiniâtreté, les qualités essentielles du bon laboureur. Levé dès l'aube, il se hâte d'aller à sa rude besogne, soit pour le labourage, soit pour la moisson ; il fuit u l'ombre de la maison et le sommeil du matin )> < ; l'aurore est pour lui plus que le signal du travail : c'est elle qui doit « exécuter le tiers de l'ouvrage » ». La chaleur qui « dessèche la peau » ne le rebute point ^ ; il sait que l'été est « la saison du labeur ))^. En hiver non plus, il ne chôme pas; ni les frimas, ni les averses, ni le souffle glacé de Borée ne le détournent de son champ; il ne se laisse point aller à une oisiveté que la rigueur du climat rendrait pourtant excusable : car même alors « un homme laborieux peut accroître ses biens » 5. Et non content d'accomplir la tâche que chaque jour réclame, il sait, dans sa prévoyance, amasser des réserves et travailler pour l'avenir 6.
Mais ce n'est pas tout que d'être laborieux : il faut encore savoir déployer à propos son activité, avant tout faire chaque chose en son temps. C'est une maxime qu'Hésiode répète