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torrentielles'; au printemps, on peut prendre la mer, mais pendant quelques jours à peine, c'est une occasion qu'il faut rapidement saisir au passage >; en été seulement, la navigation est sûre 3. C'est là un premier grief d'Hésiode contre le commerce maritime : les périls à affronter, les risques à courir, sont trop considérables. Quelle différence avec l'agriculture, que l'on peut exercer même par les plus mauvais temps^I La mer est toujours inconstante, sournoise; jamais on n'est certain de ne pas voir son vaisseau brisé, les matelots engloutis, de ne pas trouver soi-même la mort dans les flots ^. C'est par l'imprudence de leurs désirs,* c'est par folie que les hommes vont ainsi au- devant de leur perte, ou tout au moins de la ruine ^. Hésiode, lui, ne s'est embarqué qu'une seule fois, et encore pour une petite traversée : il n'a pas l'expérience de la navigation, et s'en vante"^. Ce moyen de s'enrichir était trop hasardeux pour avoir son approbation.
Moralement, la navigation ne le satisfait pas davantage : elle permet d'amasser rapidement des gains considérables, pourvu que l'on arme un grand vaisseau et qu'on le charge suffisamment : car ce serait un mauvais calcul que de s'exposer pour un bénéfice médiocre s. Mais ce n'est point là le but que veut atteindr^Hésiode : l'aisance doit être, d'après lui, le fruit de longs efforts, et non d'une spéculation heureuse. Acquérir, sans l'avoir mérité par un travail assidu, une richesse qu'un accident peut vous enlever, ce n'est pas un labeur, c'est un