I. Hésiode, Travava, y. 383 sq
nXr)VaSo)v 'AtXayevéoiv liciTsXXoiievâfaiv
être antérieurs au vi* siècle, y figurent en très petit nombres ce qu'on y trouve le plus fréquemment, ce sont les éternelles recommandations sur la sincérité, la probité, les devoirs conjugaux 3; la discrétion notamment fait l'objet de conseils souvent répétés, qui montrent que les mêmes travers sont communs aux Méridionaux de tous les temps et de toutes les longitudes 3. Ces prescriptions de morale privée sont de tous les siècles et d'une portée universelle; l'esprit des Greos n'a pas attendu pour les formuler sa période de plein épanouissement. Certaines maximes des Sages sont en tout cas antérieures à Hésiode, qui les a mises en vers: car on ne s'expliquerait pas une transposition inverse^. Le Pisistratide Hipparque contribua largement à répandre jusque dans les campagnes ces préceptes et dictons, qu'il versifiait parfois lui-même, mais que souvent il empruntait aux âges précédents^. Dans sa fidèle peinture de la société primitive, Homère a représenté, sous les traits de Nestor, un exemple de ces conseillers quasi officiels : sa réputation de sagesse est telle* ment établie que son opinion prévaut toujours dans l'assemblée; sa parole affecte volontiers un tour sentencieux, le ton de l'homme certain sinon d'être infaillible, du moins
I. £u(A6ovXeue (xt) xà i^Staxa, àWk xk p£Xxi9ta toTc itokhaiç, etc. a. Cf. Stobée, IIÏ, 79-80, — X, 69; — Diog. Laert., I, 76, etc. (textes réunis par MuUach, Fragmenta philosophorum grœcorum^ t. I, p. aia-aSa).
3. rXc&aoY); xpateîv, yXûffaav taxe, yXûddav 6\îçr)|jLov xéxTtjeTOai, tcCvwv jatj woXXà XâXet, [Um xb xaxv) XaXeîv, âxoue noXXà XdiXei oX^ya, etc.
4. Comparer les préceptes suivants : My) tcXoutci xaxû;, xépSoç ataxpov xàxtorov, x£p6oc atffxpov papù xti(AYÎXiov (Stobée, III, 79 et X, 69) au vers 35a des Travaux : •
Mt) xaxà xcp3a(veiv* xaxà x£pSea W àditT)9tv.
Cf. encore : xh ^\t.i9M toO icavxbc icXetov (Diog. Laert.« loc. cU.)^ et
...6<j<p «Xéov liiiiffv TtavTd; (Tr., v. 60); icpâtTE fi^xaia, {I6piv \jLiati, ifpiv |i(aei (Stobée, UI, 79), et ...ôcxoue 5{xv}c lyrfi' vl6ptv èçsXXe, ...3(xv)C èicaxoue, ^tv); $' einXi^Oeo Tcaiinav (Tr., v. ai3, 976); etc.
Cf. p. ia&, n. a.
6. Cf. Platon» Hipparque^ p. aa8-aa9 : 'EireiÔTj Ôè oûxû ol iiep\ tb SiaxM tÛv icoXtTÛv fCEicat3eu(j.évoi ^aay, ...ETciCouXevcdv a^ toù; cv xotc «YP^^C naïUZaai, ïavr^at;^ aOT6Cc "Ëpliac xaxà xoïc éfioùc, èv [kiata xoO ôcttcoc xa\ x£bv Si^pioiv ixàaxcov, xs^icctxot tY); ffoçia; xtiç aOxoO ilv x*if|Jia6e xa\Yiv aCxbç '^Çeupev, èxXeÇdijJievo; & »ïy"to ffoçtSxaxa elvat, xxX... Platon cite deux de ces inscriptions :
MvYÎpia x65' *Iiciiàpxou * oxetxe 6(xaia f povûv. MvTi|jLa x6S* *l7riiàpxoii * |ay) ^{Xov èÇaicàxa.
d'être obéi sans discussion'; on comprend aisément que des avis ainsi énoncés s'imposent 'à l'esprit de la multitude, et deviennent des règles de conduite incontestées dans leur application, par conséquent invariables dans leur forme. Ces préceptes versifiés devaient constituer un fonds déjà riche lorsque vécut Hésiode; il est difficile de déterminer exactement les emprunts qu'il y a faits >; remarquons seulement qu'à diverses reprises il emt)Ioie, pour commencer ou terminer un hexamètre, des formules impératives de sens très général; ces sortes d'appels rythmés à l'attention des auditeurs, qui pouvaient s'appliquer à toutes sortes de circonstances, devaient, avec cette même cadence, être d'usage courant bien avant lui 3.
Pour un peuple de tempérament aussi pratique que les Grecs, la sagesse consistait surtout dans une expérience habilement mise en œuvre : Nestor devait sa réputation à sa science des arts utiles en temps de guerre, aussi bien qu'à sa finesse judicieuse et à son langage persuasif; un de ses discours est, en raccourci, un traité de la conduite des chars ^. L'existence de cette poésie technique, qu'Hésiode contribua beaucoup à développer, n'est pas seulement révélée par l'épopée: des thèmes analogues reparaissent dans les chansons populaires. Ce n'est pas que cette forme doive toujours être rattachée au genre exhortatif : la chanson grecque n'aime guère à moraliser, et s'élève rarement à des considérations tant soit peu abstraites^. Mais dans toute besogne manuelle, la