Iliade, XXIII, v. 3o
5. Le peu que nous avons conservé des berceuses (Théocrite, XXIV, y. 7-9, etc.)« des thrènes {Iliade, XXIV, v. 735-776, etc.), et surtout des épilhalames (Hiller- Grusius, Anlhologia lyriea, Leipzig, igo4 : Carmina popularia, a8; — Aristophane, Paix^ V. i333-i343; — Théocrite, XVIII, etc.) ne contient que des souhaits ou des regrets absolument personnels, sans aucun retour sur la vie humaine en général. — Les chansons de mendiants, par exemple le fameux chant de l'Hirondelle (Grusius, Carm, pop„ 44), n'appuient leurs appels à la charité sur aucune Considération morale. Cf., au
b HESIODE
cadence est déjà par elle-même, indépendamment des paroles, une excitation au travail; un groupe d'ouvriers chantera toujours, autant pour activer l'ardeur de chacun que pour régler l'ensemble des mouvements. Les chansons d'artisans étaient très nombreuses eh Grèce; le travail qu'elles accompagnaient en fournissait naturellement la matière : elles en célébraient les avantages, engageaient à y persévérer, ou parfois en exposaient brièvement quelques règles. Chaque métier avait donc les siennes, qui étaient classées et cataloguées sous des noms spéciaux', et chacune avait son objet distinct, suivant l'usage particulier auquel elle était destinée. Les plus simples se réduisaient à de courtes exhortations : « Tourne, ma meule, tourne, » chante une vieille meunière, (( car Pittacos lui-même tourne la meule, bien qu'il règne sur la grande Mitylène». » Dans les pièces plus développées, des notions techniques, souvent assez précises, s'cgoutent aux encouragements : la poésie devient didactique, en même temps qu'elle incite à l'action. Théocrite nous a conservé, dans un chant de moissonneurs, un curieux exemple de cette double tendance : a Liez les gerbes, ouvriers 3, de peur qu'un passant ne vous dise : Hommes mous, voilà encore perdu le salaire d'une journée. Tournez vers Borée ou vers le Zéphyre
contraire, dans la XV' cpigramme homérique (E t p c<r i ci v y] = Cnisius, Carm. pop., 5 1), une description do la prospérité des hommes bienfaisants, qui rappelle d'assez près colle du bonheur des justes chez Hésiode {Tr,, \. aa5-a37) :
Avrài àvaxXtvcffOc, Oûpai 'îiXoOto; yap '^aeiaiv TtoXXdç, ayv tcXo'Jtu) 6i xa\ eùçpoa-jvY) xeOaXuîa, eipiQVT) T* àyaO-n* 8aa 8' ai'xyta, picaToe jiàv etti, xup6a^v] ô' alsl xolxol xapSinou Spnoi |JiâCa*'< NeO{ia{ TOt, veOf&ai iviauŒtoc, a>9xe xeXtfiuv.
(Homère, Epigr., XV, t. 3-6 et il.)
L*épigramme paraît plus récente que la chanson, en dépit de rattribution traditionnelle de Tune à Homère, de l'autre à Cléobule de Linde.