Tr., V
LA MORALE d'hÉSIODE 78
Aucun détail n'est indifférent en pareille matière : car si la volonté des dieux s'y manifeste, l'homme expérimenté qui saura l'y distinguer augmentera ses chances de prospérité. Le but de chaque étude, spéculative ou pratique, est toujours, en fin de compte, de chercher à prévoir l'avenir; dans l'impossibilité de trouver à ce problème une solution rationnelle et certaine, les anciens essayaient de reconnaître, à divers signes, ce que les dieux avaient résolu, c'est-à-dire, en réalité, les résultats que devait produire l'enchaînement des phénomènes naturels ou la succession des événements humains. Les songes, où noire cerveau, privé de volonté, semble poussé par une force extérieure, le vol des oiseaux, ces êtres « électriques))', si sensibles surtout aux impressions atmosphériques, fournissaient les procédés de divination les plus répandus. Mais il fallait savoir discerner le sens des augures : Hésiode ne dit rien de l'interprétation des songes, fort en honneur dans l'épopée homérique >; mais l'ornithomancie est à ses yeux une science sérieuse, qu'un laboureur accompli doit posséder^; il est utile surtout de connaître les mauvais présages et de savoir quelles fâcheuses conséquences peuvent en résulter^.
C'est le développement particulier d'une de ces superstitions qui occupe la fin du poème : quel est le jour du mois le plus propice à chaque genre de travail s? Quelques jours sont par eux-mêmes favorables ou néfastes, et la raison d'Hésiode cherche encore à ces préjugés une explication logique : le septième est d'heureux augure, comme anniversaire de la