‹ Hésiode et son poème moralChapitre 63 sur 165 · I. Michelet, UOiseau, p · texte numérisé non relu

I. Michelet, UOiseau, p

a. Cf. Iliade, 11^ y. 5 sq., etc. Ni le mot oveipo; ni ses composés ne se rencontrent dans les Travaux.

3. Cf. Tr., V. 801, 8a8. Cette science est déjà connue d'Homère (Od., I, v. aoa» etc.). Suivant une tradition héliconienne rapportée par Pausanias (IX, 3i» 5), Hésiode aurait appris la divination des Acarnaniens.

h. Par exemple, il est mauvais de laisser une corneille se poser sur une maison inachevée (Tr., v. 746 sq.). Suivant Paley, Hésiode veut dire qu'il faut terminer la construction d'une maison avant l'hiver, saison où les corneilles risqueraient de s'y poser; ce mauvais présage serait, à l'origine, un simple signe météorologique, ce qui viendrait à Tappui de la théorie que nous exposons.

5. Nous avons vu que l'authenticité de ces soixante derniers vers est douteuse; mais les idées exprimées et les tendances qui s'y manifestent sont assez hésiodiques pour qu'on puisse faire état des documents que fournit ce passage relativement & U morale d'Hésiode.

naissance d'Apollon ; tels autres sont funestes, parce que les Érinnyes séjournent alors sur la terre ^ Mais le plus souvent il lui suffit de savoir à quelle besogne les dieux ont spécialement assigné chaque journée. Hésiode insiste sur cette question, peut-être parce que cette croyance était une des plus accréditées, ou plutôt parce qu'ici le but de ses préceptes n'est pas seulement de nous renseigner sur nos devoirs religieux; les connaître et les appliquer exactement, c*est encore introduire dans la vie des champs Tordre et la régularité qu'Hésiode y réclame; même lorsque la piété semble dévier vers le formalisme et la superstition, elle ne cesse pas de concourir au perfectionnement moral de l'humanité >.

Sans diminuer la sincérité de la piété, ces innombrables pratiques ne pouvaient manquer d'encombrer en quelque sorte la religion : la connaissance de tous ces détails exige une besogne ardue, qui ne laisse guère le loisir d'approfondir et d'analyser les croyances que la tradition transmet. La multiplicité des préoccupations matérielles avait pour conséquence immédiate de maintenir la religion dans son domaine terrestre: Hésiode, tout en observant scrupuleusement les obligations prescrites par les dieux, parait peu se soucier de leurs légendes, dont il abandpnne le récit à une poésie plus désintéressée. Son Olympe est mieux organisé que celui des poèmes homériques : la domination de Zeus parait s'être établie d'une manière plus absolue ; on ne voit plus les autres divinités discuter avec lui ou contester sa souveraineté 3. Mais entre ses auxiliaires aucune hiérarchie n'est établie : tous jouissent du même pouvoir, le

Page 1