Tr,, V. 70a. Cf. Simonide d'Amorgos, fr. 6 Grusius
rwatxbç O'jSèv xpTjpL* àvT)p XY^tCeTSi
iaôXfîç âpieivov ov6à ftyiov xaxT];.
Euripide lui-même (Mélanippe, fr. XXIX Wagner), imitant d'ailleurs ce passage de Simonide, a foit une restriction analogue :
Trjç jièv xaxy;; xàxiov oOôàv YCyvsxat
yuvatx6;, è<r6Xr)c S' oOfiàv eU ôicep6oXT)v
néfvx* â|uivov, 8ia9épov9t 5' al ç'uvetç.
au mari de savoir observer avant de se décider, de prendre une femme vierge et sensiblement plus jeune que lui, sur laquelle son autorité soit plus absolue ; il ne doit pas cependant Favilir en la réduisant au rôle de servante « ; tels sont les moyens les plus sûrs d'être obéi chez soi et respecté par les étrangers >.
La sainteté du mariage et du foyer conjugal doit faire considérer Tadultère comme un sacrilège, au même titre qu'une violence faite à des parents ou à des hôtes 3. La famille est une institution d'origine essentiellement religieuse ; voilà pourquoi Hésiode cite en premier lieu, parmi les châtiments que les dieux infligent aux hommes injustes, ^elui d'être frappés dans leur postérité : leurs femmes sont stériles, leur race s'éteint^; tandis que le juste voit prospérer sa maison et vit entouré de nombreux enfants qui lui ressemblent^. Ce n'est pas qu'Hésiode considère toujours la fécondité comme un bien : il déroute même notre morale, fondée sur l'amour et le respect de la vie, en engageant à n'avoir qu'un fils « pour soutenir la maison paternelle » ; tout au plus en admet-il un second, beaucoup plus tard^. De tout temps, les paysans ont eu cette
1. Tr., V. 4o6 : la femme qui « touche » les bœufs doit être xTïitTiv, où Ya|i.eTr,v.
2. Tr., V. 696-701. Sur l'âge où Ton doit se marier, Topinion des autres Grecs diffère peu de celle d'Hésiode (cf. Solon, fr. 27 Crusius, v. g-io; — Platon, Lois, IV, p. 721 b, — VI, p. 772 d; — Aristotc, Rhéi., Il, i4, 4). Une femme de dix -huit ans, mariée à un homme de trente à trente-cinq, était plus facilement tenue dans une sorte de tutelle. Elle conservait néanmoins une certaine liberté (cf. v. 70&); Bergk (pp. cit., I, p. gai) rappelle qu'en Locride, pays voisin de celui d'Hésiode, les femmes, surtout dans les familles nobles, jouissaient d'une considération particulière, et explique par ce fait l'éclosion dans cette partie de la Grèce des poèmes généalogiques où (des races de héros sont énumérécs en commençant par les femmes» (Maxime de Tyr, Dissert., XXXII, h).