‹ Hésiode et son poème moralChapitre 91 sur 165 · I. Tr„ V. ai3 sq., a56 sq · texte numérisé non relu

I. Tr„ V. ai3 sq., a56 sq

a. Tr., V. a87'a9a.

3. Horcos, (compagnon de Dikè et des Érinnyes, est le fils de la funeste ÉriSi fille de la Nuit et sœur de rÉmulation {Tr., v. aig sq., 8o3 sq., 1 1 sq.).

4. Sur Aidôs, cf. p. xia, n. a, et L. Schmidt, op. cit., t. I, p. i68-igo. Dikê est surtout nommée par les Tragiques: cf. Eschyle, Sept, v. 66a, — Choéph., v. 3ii, 46x ; — Sophocle, Àntigone, v. 45 1, — Electre, v. 885; — Euripide, Suppl., v. 564, — Héraclides, v. io4, etc. — Au vers iga, les mots ol*Mç et Scxiq sont manifestement des noms <x>mmun8.

pensaient. Le mythe est alors l'expression spontanée de l'idée morale, et il ne nous est guère possible de faire entre la croyance religieuse et rallégorie, œuvre d'une rhétorique inconeciente, un départ que les auteurs ne faisaient certainement pa6<. Rappelons -nous le début célèbre de la parodos d'OEdipe Roi : « O Renommée aux doux accents, que Zeus envoie, quelle es-tu, toi qui viens de l'opulente Delphes vers la brillante Thèbes?... Dis-le-moi, rejeton de l'Espérance d'or, immortelle Renommée 3. » Au commencement, il s'agit simplement d'une nouvelle qui se répand de ville en ville; mais l'expression Aicç àSycTcàç *iTt annonce déjà une personnification, qui sera très nette au dernier vers. Sophocle a-t-il expressément l'intention d'invoquer une divinité réelle? ne fait-il que prêter un corps à une abstraction morale? On est tenté de croire, tant ce mode d'expression semble naturel, que la pensée apparaît à son esprit sous une forme matérielle, puis que cette idée réalisée prend aux yeux mêmes du poète une valeur objective, et c'est sa propre création qu'il invoque en la divinisant. Hésiode nomme aussi ce personnage mythique : « La Renommée que répandent les peuples ne périt jamais complètement : car elle aussi est une divinité 3.» Le second vers admet bien l'existence positive du démon ^T^\Kr^J tandis qu'au premier le terme garde une signification tout abstraite. C'est dans l'esprit du poète qu'existe la confusion, ou plutôt la fusion de ces deux sens : c'est après avoir revêtu lui-même l'idée morale d'une forme sensible qu'il lui accorde une existence réelle dans le monde extérieur. Le mythe le plus développé des Travaux est celui de Dikê : M. Stickney, qui l'a minutieusement analysé, traduit ce terme successivement par les mots de justice, jugement^ déesse Justice et verdict^; on pourrait ajouter les sens d'acte juste et de châtiment^. Il est

I. Cf. Bergkf op. cit., I, p. S'ia : « Jcne Mylhcn sind nicht Gleichnisse, welche die Reflexioa ersonnen hat, soDdernder unmitlelbare Ausdruck des na liir lichen Gefûhis ; Bilde und Gedanke, Inhalt und Form sind hier wesenlLich eins. »

a. Sophocle, Œd, Boi, v. i5i-i57.

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