Tr,, V
&. T. stickney, op. ciL^ p. 71 sq.
5. Tr.fX. a54 : 0^ pa 9uXâ<T(Touaîv te oîxa; xai (T'/êTXioi epya,
et a 39 : Tôt; (=xaxolc) de Sixyjv Kpovtdv); Tex|iatp(Tai eùpvoTcx Ze'j;*
l'expression des idées morales dans les ((TRAVAUX)) II 5
certain que Dikê est une déesse, ou tout au moins un démon, puisqu'elle siège aux côtés de Zeus et s'entretient avec lui; mais, quand Hésiode loue u ceux qui accordent aux étrangers et aux citoyens une justice rigoureuse (Sixaç ...lôeia;) », le sens mythique du mot parait bien oublié. Ailleurs, on peut hésiter; car fixer une limite est impossible, si le poète ne l'a pas fait lui-même".
Il n'est pas invraisemblable que l'imitation ait eu part à la formation de certains mythes. La poésie homérique nomme fréquemment des personnages allégoriques, tels que le Sommeil, l'Épouvante ou la Discorde. Mais il est rare d'y voir une idée morale développée sous une forme narrative. Le célèbre mythe des Prières est à cet égard une exceptions Celui des Maladies a peut-être été emprunté par Hésiode à divers passages où ces fléaux sont présentés comme un envoi de Zeus ou de quelque autre divinité 3. Éris est également citée par Homère, mais ce mot désigne plus souvent une qualité abstraite qu'un personnage mythologique^. H en est de même pour le terme A\^6q : dans un passage des Travaux qui reproduit presque textuellement un vers de VOdyssée, il suffit d'un changement de verbe pour impliquer une personnification qui ne se trouvait pas dans l'original^. Hésiode a donc fort peu puisé à cette source, la seule qui puisse être l'objet de rapprochements précis. C'est par goût, non par tradition, qu'il exprime ses idées sous forme mythique; en cette matière, il est probable qu'il a inventé beaucoup plus qu'il n'a imité : car ce mode de développement convenait aussi bien à son imagination pittoresque qu'à son esprit de moraliste^.
I. Par exemple au vers ai3: ''Axone fiMîi «* «^ vers 276 : Aixy); eiraxoue. Cf. V. 356, 496, etc.: il nous semble impossible de détermiaer si l'^ApicaÇ, 1' 'A(Jir)- -^otviT), la IlEvit] ont ou non pour Hésiode une réalité objective.
a. M. Stickney (p. 3/»-35) n'a relevé, en outre, chez Homère, que les mythes d'Atè ou rÉgarement delà colère (/(., XIX, v. 86 sq.), des Biens et des Maux(/<., XXIV, y. 5a5-534), des Songes (Od., XIX, v. 560-569).