Tr., y. 376 (cf. 3i3, déjà cité
A. Tr., y. 383.
fais-le souvent, et bientôt tu auras beaucoup ^ » Les maximes de cette espèce sont beaucoup plus rares dans les chapitres agricole et maritime, où la description domine non seulement dans les exemples, mais jusque dans les préceptes techniques^. La forme gnomique reparaît, au contraire, dans le manuel de civilité, où elle est employée presque exclusivement : « Ne te fais surnommer ni Thomme aux hôtes ni Thomme sans hôtes. — Ne sois pas d'humeur chagrine dans un festin où de nombreux amis se traitent à frais communs 3. » Les conseils de ce genre abondent, parce qu'en pareille matière chaque détail fait nécessairement Tobjet d'une prescription minutieuse et catégorique ^.
Mais si un enseignement était réduit à cette forme de sentences, il aurait une portée d'autant moins vaste qu'il serait plus absolu. Une injonction trop impérative ne trouve son application que dans des circonstances bien déterminées, c'est-à-dire dans un nombre de cas très restreint. Pour qu^un précepte puisse avoir toute sa valeur, il doit être l'expression d'une idée générale, et se présenter sous la forme d'une réflexion ou d'une appréciation, plutôt que d'un ordre direct. «Ne perds pas tout espoir d'une amélioration, » veut dire Hésiode au paysan qui a laissé passer le temps du labourage ; s'élevant au-dessus de ce fait particulier, il s'adresse à quiconque serait tenté de jeter le manche après la cognée : « Les desseins de Zeus sont variés, les mortels ne peuvent guère les deviner s. » Conseillant la modération dans les entreprises maritimes, le poète s'écrie tout à coup : « Il serait cruel de briser l'essieu d'un char pour y avoir mis un fardeau trop considérable, et d'en perdre ainsi le chargement. » Plusieurs critiques, étonnés de ce retour à une question agricole, déclarent ces vers interpolés; mais ce n'est là qu'une métaphore, et la comparaison que fait Hésiode