DU G0RP8 PUTRESCIBLE
tat de composés ternaires organiques. Les Yégétaax, comme l'a dit M. Dumas, savent organiser la matière et l'accumuler y et les animaux, pour lesquels cette matière a été amassée, la consomment pour l'entretien de leur vie (1). C'est par cette raison que dans les milieux où il n* existe aucun vestige animé, ce sont des végétaux qui apparaissent d'abord, et que les animaux les suivent.
Il est utile, dans toutes les expériences que l'on entreprend sur la génération spontanée, de tenir compte de l'état du corps solide putrescible ; et c'est pour ne pas l'avoir fait, que souvent les physiologistes ont obtenu d'inexacts résultats. Une certaine température arrêtant le mouvement fermentescible , et celui-ci étant un phénomène indispensable à la production des Proto-organismes, il arrive que ceux-ci n'apparaissent qu'après un temps fort long ou même cessent absolument de se produire, lorsque]^le corps solide a subi une ébullilion prolongée. Dans les décoctions, ce n est même souvent qu'après plus d'un mois qu'elles ont été exposées à l'air que cela ^ lieu, Parfois méme^ après un temps beaucoup plus long encore, on n'y voit pas le moindre vestige d'organisme.
Que signifient donc quelques rares expériences à vaisseaux clos faites par certains physiologistes, qui n'ayant point rencontré d'animalcule dans leurs vases, ont argué de là qu'il ne s'en produisait pas dans la matière soumise à l'expérimentation !
(1) Dumas, Essai de statique chimique des êtres organisés. Paris, 1842 . il.
Lors même qu*on laisse dans Teau le corps qui a subi la décoction, cen'çst souvent qu'après un temps considérable, parfois plus d'un mois, qu'il s'y développe des animalcules. Voici des faits à l'appui de cette assertion.
Expérience. — Une forte décoction de foin, exposée à l'air durant trente-cinq jours, n'a présenté >aucun animalcule vivant, soit à cette époque, soit dans les observations qui ont été faites dans l'intervalle.
Au contraire, des macérations de foin également exposées à l'air, près de cette décoction, nous ont constamment offert des myriades de longs Vibrions, au bout de vingt-quatre heures, quand la température était de 25 à 28""; et des Kolpodes et d'autres Microzoaires d'un ordre élevé, après trois ou quatre jours.
Expérience. — Quatre grands verres à expériences ont été placés sous une même cloche, très-ample, pour qu'ils soient soumis tous les quatre aux mêmes influences. Chacun d'eux avait reçu 300 grammes de liquide. Us furent examinés trois jours après, la température moyenne ayant été de 24% et la pression de 0,755.
Le premier verre était rempli d'eau qui avait bouilli pendant 15 minutes, et de 5 grammes de foin, qui avait aus^ subi rébuUilion. La couleur du liquide était d'un fauve extrêmement pâle; la pellicule membraneuse à peine apparente ; sa surface était seulement parcourue par un certain nombre de longs Vibrions {Vîbrio granifer ^ Pouch. et Vibris levis, Pouch.), de 20 à 25 divisions micrométriques de longueur.