fliiteocHtaiiB
table, et même fort notable, dans le nombre d'animalcules qu'offriraient les premiers et les derniers flacons; el que l'avantage devrait toujours être au profit des pre* raîers. Mais dans l'hypothèse de la dissémination des œufs on ne peut pas admettre qu'une espèce puisse traverser les premiers Qacons sans s'y arrêter le moins du monde, pour n'aller féconder que les derniers ; on ne peut pas admettre que la population animée des diverses pièces de l'appareil de Wouliï, puisse être absolument différente, comme si chaque flacon la choi-sissaitau passage. Eh bienl c'est cependant tout cela qui a eu lieu dans notre expérience.
Ainsi, le premier flacon nous offre des Navicules et l'on n'en rencontre plus une seule dans tous les autres. Le second est rempli de Dileptes feuilles, dont pas un ne s'est arrêté dans le premier flacon ; dont pas un ne s'est transmis aux* autres. Le troisième possède des Rotifères et c'est Tunique oii l'on en trouve. Le qua-* trième est plein d'une génération de Kolpodes capuchons qu'on ne retrouve nulle part. Le cinquième n'est peuplé que par des Yorticelles, des Êpistylis et des Glaucomes, dont on n'a pas observé un seul spécimen dans les autres flacons. Le sixième n'est absolument animé que par une abondance de TrichophO'» rus y Ehr. (1), dont aucun ne se retrouve dans lesfla^ cons qui suivent.
Tout cela est fort remarquable et on se demande pourquoi tous les germes des Navicules se sont-ils arrêtés au premier flacon sans se propager aux autres ?
(1) EEtmBEXiG , InfuHonUMerchen , pi. XXXIU^ 6g. il. Synonymie.
ÉLIMINAnON DE l'aIR. 297
pourquoi aucun des œufs problématiques qui ont été éclore dans le cinquième compartiment de l'appareil {^urformer desYorticelles et des Êpistylis, ne s'est-t^il arrêté avant pour s'y développer, ou n'a-t-il pas passé outre ? Il est vrai que Ton a découvert trois ou quatre Trachèles fouets dans le second flacon , tandis que le sixième a été leur lieu d'élection particulier ; mais ce fait est peut-être le plus fort argument dont nous pourrions nous servir contre nos adversaires. En effet, je demanderai pourquoi , dans l'hypothèse de la pan-* spermie, il ne s'est pas arrêté un plus grand nombre de germes dans le second vase, tandis qu'il s'en est tant développé dans le sixième. Puisqu*on en a rencontré, dans le second, le site convenait à l'espèce, et il était naturel de l'y rencontrer plus abondamment que dans l'un des flacons suivants, et on a observé le contraire. Il faudrait expliquer aussi pourquoi cette forte espèce qui est 1 un des plus robustes Microzoaires que l'on connaisse, après avoir laissé quelques rares représentants de sa race dans le second flacon, a sauté pardessus le troisième, le quatrième et le cinquième sans y abandonner un seul de ses représentants. '
Tout cela est inexplicable par le système des ovaristes; tout cela s'explique facilement par l'hétérogénie. Chaque vase a vu s'engendrer des générations spéciales, parce qu'il se trouvait lui-même dans des circonstances particulières provenant des modifications que le temps avait réparties inégalement sur les macérations qu'il contenait depuis une quinzaine de jours.
Pour ceux qui ne réfutent pas systématiquement
Î98 HÉTÈROGiNIE.
révidence, il n'est même nullement besoin de recourir à cette série d'expériences complexes auxquelles nous nous sommes livré ; les suivantes, quoique bicB simples, suffiraient.
ExpâRiENCE. — Deux petits paquets de luzerne, parfaitement homogènes et d*un poids égal, ayant été mis bouillir dans de l'eau, afin de tuer tous les germes qui pouvaient s'y rencontrer, on mit cette eau bouillante dans deux grands verres à expériences, en les remplissant presque jusqu'aux bords, après avoir placé dans chacun d'eux un de ces paquets. On laissa à l'air libre l'un de ces vases; on déposa sur l'autre une lame de verre et on l'abrita sous une grande cloche.
En raisonnant d'après l'hypothèse qu'on nous oppose« le verre exposé au contact de l'air, et dont la surface en est sans cesse effleurée, a dû recevoir une pluie de germes. Mais, au contraire, le vase qui est sous la cloche et recouvert d'une lame de verre, n'ayant été en contact qu'avec une fort minime couche d'air qui ne s'est renouvelée qu'insensiblement, a dû être privé des éléments générateurs que l'autre a pu recevoir si libéralement. Conséquemment il devra donc y avoir une grande quantité d'animalcules dans le verre exposé à l'air libre, et infiniment moins dans celui qui est doublement abrité. La vérité, c'est qu'il y en a autant dans Vun que dans Vautre.
Une telle expérience, lorsqu'il a été précédemment établi que le corps solide ne contient pas les germes, ne suffit-elle pas pour prouver en outre que ni l'eau ni l'air n'en sont les dépositaires î
Expérience. — Deux vases, d'un litre de capacité,
ÉLIHINATION DE l'aIR. 299
sont remplis d'eau, et Ton place dans chacun d'eux dix grammes de roseau commun, arundo phragmites. Ils sont mis ensemble sous une grande cloche en verre. La température est de 28 degrés.
Le lendemain, la surface de ces deux vases contient une prodigieuse quantité de Vibrions rugules, Vibrio rugultty MulK ; puis en outre un nombre immense de grands Vibrions anguilloides, Vibrio leviSj Pouch., de dix à vingt-cinq divisions micrométriques de longueur.
Six autres vases de diverses formes sont, au même moment, mis en expérience. Tous reçoivent trois cents grammes d*eau seulement et cinq grammes de roseau. Ils ne sont recouverts d'aucun appareil.
Le lendemain, ces vases sont aussi observés. Quatre de ceux-ci ne contiennent que des granulations immobiles ; deux seulement offrent une abondance de petits Vibrions ; mais dans aucun on ne rencontre ces immenses Vibrions de dix à vingt-cinq divisions micrométriques de longueur, qui se trouvent dans les deux vases abrités.
Dans l'hypothèse de la panspermie, cela est plus qu'embarrassant à expliquer. Les vases exposés à l'air sont moins féconds que les autres. On pourrait dire que la température a été un peu plus considérable sous la cloche, c'est possible , mais ce serait une simple condition de développement, et là il y a une espèce qui manque absolument dans les autres.
Expérience. — Une décoction de deux litres de foin ayant resté à Tair, dans un grand ballon, pendant huit jours, la température moyenne ayant
300 HÈTBROGÉNIB.
été de 24 degrés , cette décoction fut alors explorée très-attentivement.
Le liquide était d*un jaune foncé ; à sa surface nageaient de nombreux ilôts de Penicillimn glatummy Link. On ne reconnut point le moindre vestige d'animalité dans ce liquide.
Voici donc une décoction qui est sans nul doute de nature à pouvoir nourrir les animalcules qui tomberaient à sa surface et qui cependant, quoique exposée à l'air, n'en possède aucun vestige. Faut-il s'étonner, après cela, si les décoctions à vases clos ont paru absolument stériles à des expérimentateurs trop impatients?
Ce ne fut que quinze jours après que de nouvelles observations furent faites ; mais alors une nombreuse population de Kolpodes, de Vibrions et de Monades s'y rencontrait. Ce résultat, tout simple qu'il est eir apparence, peut donner lieu à d'importantes remarques. Si l'on n'a pas d'abord trouvé d'animalcules, on ne manquera pas d'attribuer cela à l'étroitesse du goulot du ballon, qui n'a pas permis à leurs germes d'y pénétrer. Mais si cela était exact, on n'eût pas, tout à coup, quinze jours après, trouvé tout le liquide en* vahi d'animalcules; la même cause ayant dû s'opposer continuellement à cette subite invasion. On peut> même ajouter à cela que si c'était seulement le rétrécissement de l'ouverture qui fût l'obstacle, cet obstacle n'étant pas absolu, la population fût arrivée successi* vement, et dès la première observation il en eût existé des vestiges, et alors on n'y en observait pas le moindre.
ÈUMIHATION DE l'aIH. 301
Et enfin, nous ajouterons encore que ce résultat était si bien inhérent au liquide lui-même , qu'une portion de celui-ci, exposée dans un vase à large ouverture et amplement aérée, a offert la même particularité. Il est donc évident que dans ce cas les Protoorganismes n'ont apparu qu'à compter du moment où ce liquide leur a présenté la modalité requise.
ExpiéaiENCE. — Cinq vases, absolument semblables, contenant la même quantité d'eau, le même poids de substances fermentescibles, sont exposés le même jour sous une grande cloche en verre et absolument dans les mêmes circonstances. Us sont ensuite abandonnés huit jours, par une température moyenne de 22 degrés. Voici comment se composait alors la faune microscopique que Ton rencontrait dans chacun de ces vases. Je passe à dessein Ténumération des petites espèces pour rendre la comparaison plus claire.
Le premier vase, contenant du foin haché, n'offrait que des Kolpodes capuchons parfaitement caractérisés.
Le second vase, contenant du même foin, mais entier, était essentiellement peuplé d'une abondance de Kérones lièvres, parfaitement adultes ; et en outre on y observait, mais en petit nombre, une espèce de Kol-» pode particulière.
Le troisième vase, qui contient du foin entier, n'est rempli que de Glaucomes scintillants, très-développés, et de Protées.
Le quatrième vase, qui est également rempli de foin entier, a sa faune uniquement composée de Paramécies.
Enfin, le cinquième vase, qui contient de l'étoupe
302 HÉltROGÉNlE.
de lin, est peuplé d'une innombrable quantité d'une espèce de Kolpode, très-effilée/.très-agile, non encore décrite» à ce que je pense, et que, à cause de sa forme, l'on pourrait nommer Kolpoda trùicea.
Ainsi qu'on le voit, dans tous ces vases, la population fondamentale est absolument distincte, car le Kolpode contenu dans le dernier est totalement différent de celui que nous avons signalé dans le second. Cette expérience complexe suffirait seule pour ruiner la théorie du véhicule aérien : car, en supposant que ce soit l'air qui apportât les germes, oserait-on soutenir que celui-ci a pu, en effleurant le liquide des vases en expérimentation, trier pour chacun d'eux une population particulière , absolument particulière même? car, pendant quatre jours qu'ont duré nos observations, nous avons toujours reconnu une parfaite identité dans la faune de chacun de nos verres, et pas un animalcule ne s'était fourvoyé.
Au nombre de cette foule d'arguments que l'on a si souvent en réserve pour nier l'évidence, que Ton ne vienne pas nous dire que la même source de fécon* dité a été épanchée sur tous les vases en expérience ; que la même pluie de germes a tombé de tous côtés , mais que les macérations ne .leur offraient pas à tous un sol propice. Ces espèces, étant toutes analogues, pouvaient vivre dans les liquides identiques qu'offraient ces macérations. Ainsi, pourquoi ne rencontre-t-on pas dans les autres vases un seul des Kérones qui, dans le second vase, vivent cependant avec des Kolpodes? pourquoi les Glaucomes se trouvent-ils seulement parqués dans le troisième vase ? pour-
ÉLIMINATION DE l'aIB. 303
quoi ces Kolpodes particuliers du lin, s'ils provenaient réellement de l'air» n'auraient-ils pas laissé choir sur les autres vases, placés côte à côte, quelques représentants de leurs innombrables légions ?
Que l'on n'aille pas non plus supposer que quelques rares individus tombent sur un vase et qu'ils s'y multiplient avec une rapidité qui tient du prodige. Non, pour ceux qui observent lesMicrozoaires, on voit que les choses ne se passent nullement ainsi , et que leur génération est tellement obscure, que ce n'est qu'avec une peine extrême qu'on en pénètre le mystère. Si leur multiplication se faisait ainsi, leur nombre et leur taille varieraient à l'infini : et tous, au contraire, quand on commence une observation, sont de la même dimension. On sait aussi, et nous le démontrerons, qu'il faut rayer tout ce que Ton a dit de la génération par scissiparité ; ce n'est qu'un charmant' roman. Si elle a lieu, ce dont je doute beaucoup, elle est si rare, si rare, qu'elle constitue plutôt une exception qu'une règle.
Expérience. — J'ai fréquemment fait l'expérience suivante : je disposais trois vases d'eau absolument dans les mêmes circonstances; dans l'^in d'eux, je plaçais, tout au fond un paquet de cinq grammes de trèfle, surmonté d'une colonne de liquide d'environ vingt centimètres de hauteur; dans un autre le paquet de trèfle était placé vers la surface de l'eau, mais cependant totalement submergé; enfin, dans le troisième, le paquet se trouvait seulement plongé dans Teau aux trois quarts de sa longueur, et le reste était en contact avec l'air. Constamment, dans le
304 HÈTteOGÉmE.
premier vase, les animalcules apparaissaient plus lentement que dans les autres et étaient inGniment moins nombreux. Dans le second « la génération se produisait plus vite et était beaucoup plus abondante ; enfin , dans le troisième, il y avait une marche bien plus rapide encore que dans les deux autres, et surtout une exubérance extraordinaire d'animalcules.
Or, comment les partisans de la dissémination aérienne des germes pourraient-ils expliquer ce fait ? Les trois bocaux contenant les mêmes macérations auraient dû aussi offrir des générations identiques. Si cela n'a point eu lieu, c'est qu'il faut en chercher la cause dans une autre hypothèse. Cette différence si notable tient, à n'en pas douter, à l'obstacle qu*éprouve le mouvement fermentescible dans son développement à regard du paquet de trèfle qui supporte une plus lourde colonne d'eau, et à la facilité qu'il éprouve à se manifester dans le paquet incomplètement submergé.
ExPÉRiBNCB. — J'ai répété un assez grand nombre de fois l'expérience qui suit. Durant le mois d'avril, je mis cinq grammes de foin dans deux cent cinquante grammes d'eau. Le vase qui contenait celle-ci, après avoir été recouvert d'une plaque de verre, fut ensuite placé sous une cloche de cinq litres de capacité, reçue dans un plat dans lequel on versa de l'eau jusqu'à la hauteur de cinq centimètres, afin que l'air contenu BOUS la cloche ne subisse aucune mutation sous Tinfluence des différentes raréfactions que pourrait lui imprimer les variations de température diurne ou nocturne. Il était donc évident que ma macération ne
ÉLOimATIOlf DE L^AIII. 305
se trouvait en contact qu'avec cinq litres d'air en vdume ; et je pourrais même dire avec beaucoup moins, le vase qui la contenait étant recouvert d'une plaque en verre qui touchait presque le niveau de l'eau. Â côté de cet appareil, un vase absolument semblable contenant la même macération, servait de critérium et était exposé aux divers courants d'air du laboratoire*
La première expérience que je fis avec cet appareil fut tentée en avril 1857. Au bout de quatre jours, la température moyenne ayant été de IQ"" cent., et la pression de 76 centimètres, j'examinai les deux vases. Dans l'un comme dans l'autre, il existait une nombreuse génération de Eolpoda cucullus, MuII., parfaitement adultes. Il en existait un nombre absolument semblable dans le vase abrité par la cloche et dans le vase exposé à toutes les oscillations de l'air libre. J*en airelle à la raison des naturalistes : est-ce que si l'air servait de véhicule aux Microzoaires, il ne devrait pas y en avoir immensément plus dans le critérium que dans le vase abrité, puisque le critérium a été constamment en contact avec tous les courants d'une immense nappe d'air, tandis que la macération abritée, n'a été baignée que par quelques centimètres cubes de ce fluide.
Afin qu'on ne puisse pas prétendre que les œufs étaient déjà dans l'eau, j'ai varié l'expérience de plusieurs manières. En employant des décoctions de foin que j'avais tenues en ébuUition pendant un quart d'heure à une heure, j^ai constamment obtenu le même résultat.
POUCHET
306 HÈTiROC^IB.
Expérience. — Si le véhicule des germes était le corps solide, l'eau ou l'air, jamais on n'obtiendrait le résultat qui suit. On a opéré avec une substance qu'on pourrait dire hétérogène et qui, par conséquent, devait varier ses produits, si elle les contenait dispersés dans ses interstices. On mit deux litres d'eau dans un vase de cristal à large ouverture et vingt grammes de foin. Ce vase fut abandonné dans le laboratoire pendant dix jours à une température moyenne de i4\ Après ce laps de temps, on n'y observait absolument qu'une quantité innombrable d'une espèce de Kolpode piriforme, d'un volume considérable. Un autre vase reçut du même foin en même quantité et fut examiné après le même temps écoulé. Il ne contenait absolument que des Glaucomes scintillants, de petite taille; pas un seul Kolpode ne s'y voyait.
Expérience. — Dans une macération de cinq grammes d'étoupes dans trois cents grammes d'eau, après dix jours, par une température moyenne de 27% nous avons rencontré une population prodigieuse de Kolpodes; ceux-ci, qui me paraissent être une espèce fort distincte, sont très-finement granulés à l'intérieur, et leur corps est grêle et de petite dimension. Le liquide, qu'on observa attentivement, ne contenait aucun autre animalcule. Tous ces Kolpodes avaient exactement la même taille et la même coloration d'un jaune citron clair. Daas l'hypothèse de la dissémination par l'air, ce fait a quelque chose d'étrange; car la chute des germes dans le liquide n'a pas dû avoir exceptionnellement
ÉLIMINATION DE l'aIR. 307
lieu à un seul instant donné, et Ton devrait rencon-trer des individus de différents âges et d'un développement différent.
Expérience. — L'expérience suivante parle encore avec éloquence pour démontrer que l'air n'est pas le disséminateur des germes organiques. On prit une grande cuvette en cristal, assez profonde, et l'on y plaça sept verres à boire ordinaires; chacun de ceux-ci après avoir reçu une substance putrescible dans son intérieur, fut environné d'un manchon en verre qui en dépassait la hauteur. Enfin, on versa de l'eau dans la cuvette, de manière à lui faire dépasser d'un centimètre les bords des verres. De cette façon, c'était le même liquide qui baignait tout l'appareil ; seulement dans celui-ci les verres étaient entourés d'un manchon capable de parquer les animalcules qui naîtraient dans les macérations. et séjourneraient seulement à leur surface. Tout l'appareil fut ensuite recouvert d'une grande cloche en verre et laissé en repos pendant quatre jours, sous l'influence d'une température de 21% en moyenne, et à une pression atmosphérique de 0,75.
Lorsque, après ce temps, on examina les verres dms lesquels macéraient de l'aconit, du lin, de la viande, des os de momie, de Taster de la Chine et du foin, voici ce que l'on observa :
Le compartiment de l'aconit était occupé par une espèce de Rolpode particulier, très-effilé et trèspetit , puis par des Monades lentilles et des Vibrions baguettes.
Celui du lin était totalement rempli par un Roi-
308 HÉTiROcriavn.
pode différent du précédeot, encore plus effilé, jaunâtre, non décrit par les naturalistes.
Le compartiment de la viande de boeuf offrait un grand nombre de Glaucomes scintillants, de Monades lentilles et de Vibrions baguettes.
Celui où se trouvaient des fragments de tibia provenant d'une momie égyptienne, contenait un Kolpode tout à foit différent des deux espèces .observées dans les autres compartiments, et qui était deux fois mcnns volumineux.
Le compartiment garni de fragments d'aster de la Chine, contenait encore une espèce particulière de Kolpode; celle-ci était piriforme, aiguë et de plus forte taille que dans tous les autres sites de Tappareil {!).*
Le compartiment au foin entier est excessivement pauvre en animalcules. On y rencontre à peine quelques Glaucomes scintillants; souvent il n'y en a qu'un dans le champ du microscope, et quelquefois on n'y en trouve aucun.
Enfin, le compartiment qui contient du foin haché est, au contraire, extrêmement prolifique et offre une population serrée de Kolpodes et de Glaucomts.
Afin de ne pas tomber dans de fastidieuses répétitions, nous passerons rapidement sur les conséquences de cette expérience. Dans celle-ci c'est la
(1) le n'ai doimé ici aucun nom à ces différents Kolpodes, parce que rien d'absolument identique n'a été décrit par les auteurs. Rien n'est plus variable que l'espèce dans les Microzoaires. On peut s*en faire une idée en étudiant les figures originales des naturalistes; pas une ne se ressemUe.
ÉLIMINATION Dfi l'aIR. 309
même eau et le même air qui se trouvent dans tout l'appareil y et cependant partout les animalcules sont différents. Cette expérience s'élève avec énergie coihtre*les hypothèses dans lesquelles on donne à ces agents le rôle de disséminateurs des germes. Si c'^t l'eau, est-«e que les mêmes animalcules ne se seraient pas rencontrés partout? elle qui baigne à la fois tous les compartiments de l'appareil. Si c'était l'air, celuici aurait-il choisi ses compartiments pour n'y laisser tomber que telle ou telle espèce sans en égarer une seule sur la limite d'un vase voisin? E% dans cette hypothèse, qui pourrait expliquer pourquoi le foin entier est presque dénué de progéniture, tandis que le foin haché en regorge?
Enfin, il nous a semblé que, pour saper de toutes parts l'hypothèse de la panspermie, il serait bon aussi de fixer expérimentalement les bornes de la dissémination des végétaux inférieurs, et c'est ce que nous avons tenté de faire par les expériences ou les observations qui terminent ce chapitre.
Nous ne prétendons nullement nier les ingénieui moyens que la nature emploie pour disséminer les plantes, ni les extraordinaires migrations des semences Yoyageuses ; mais il ne faut pas en tirer des conséquences impossibles. Les végétaux inférieurs, eux qui, par la nature de notre sujet, appelaient surtout notre attention ; eux surtout qui apparaissent parfois avec une abondance qui excite l'étonnement ; dans nos expériences, ils nous ont semblé être loin de jouir de cet extraordinaire pouvoir expansif qu'on leur accorde généralement, pour expliquer et leur multitude et leur
3i0 HÉTËROGftNIB.
subite apparition dans les plus inaccessibles réduits. A regard d'un certain nombre d'entre eux, cette puissance est même extrêmement limitée. Au lieu de franchir merveilleusement l'espace et les difficultés, leurs semences, au contraire, s'arrêtent souvent devant les moindres obstacles. A Tair libre, elles ne se propagent même pas toujours à un centimètre de distance d'un objet infecté à celui qui ne l'est pas.
Expérience. — Nous plaçons sous une cloche une macération de maïs, dont toute la superficie est recouverte d'une abondante végétation de Pénicillium glaucunij Link. Celui-ci est en fructification, et le microscope constate partout une immense quantité de chapelets de séminules. Cette macération est contenue dans un grand verre à expérience et affleure presque ses bords. Tout à côté d'elle, et dans des vases pareils, nous plaçons trois macérations datant de la même époque, et qui sont vierges de toute végétation cryptogamique. Examinées après six semaines, durant les* quelles la température avait été de quinze degrés en oioyenne, ces macérations, qui avaient été faites avec des pois, des fèves et des lentilles, ne présentaient pas à leur surface la moindre trace de ce même Pénicillium. Bien mieux, en explorant de tous côtés la surface de ces macérations, on n'y a pas découvert un seul spore du champignon qui infecte le maïs. On ne peut pas, pour ce Mucor, inventer les germes invisi^ blés auxquels on fait jouer un si grand rôle pour expliquer des phénomènes qui ne sont explicables que par l'hétérogénie. Dans les Pénicilliums, les spores sont parfaitement reconnaissables et ont un diamètre
ÉLIMINATION DE l'aIR. 311
connu. Et comme j'espère que Ton ne prétendra pas qu'ici il y a des germes métaphysiques et des germes palpables, je puis dire que si on ne découvre pas de spores à la surface du liquide des autres macérations, c'est qu'aucun ne s'est échappé de celui qui les a produits.
On ne pourrait arguer ici d'arguments tirés de l'insuffisance du temps ou de la non-convenance du milieu offert à la nouvelle végétation. Pour le temps, le Mucor n'a mis que huit jours à se développer sur la première macération, et les trois autres sont restées trois semaines presque accolées dans le même milieu. À l'égard du sol, on n'a pas d'objection sérieuse à offrir, puisqu'il a été reconnu qu'il n'a été infecté par aucune séminule ; et s'il eût été propice à la plante, elle s'y fût bien développée sans leur concours.
On pourrait aussi objecter que les spores qui sont tombés sur ces diverses macérations ont pu échapper à l'observation. Je réfuterai facilement cette objection, en disant que pour un micrographe exercé la régularité que présente la forme des séminules du Pénicillium glaucurriy et leur couleur jaune, quand on les observe dans l'eau et par réfraction, ne permettront aucune erreur. J'ajouterai encore que ces germes, quand on les découvre dans leur site, sont fréquemment accolés plusieurs ensemble et forment même de longs chapelets, ce qui a fait grouper sous le nom de MonUia, quelques espèces de Pénicillium; et que cette particularité ne permet pas de méconnaître ces séminules.
Quelques expériences, exécutées par Bulliard, contribuent encore à démontrer combien la dissémination
31 î HfnÉtMiRiB.
aérienne est bornée. Celles- ci ont d*autiaint plus d'autorité pour nous qu'elles ont été entreprises dans le but de cpmbattre Thypothèsedes générations spontanées. Bulliard dit qu'ayant à diverses reprises semé du Mticar mucedOyhin.y Mucor spkœrocepkaluSfhuïi.f dans des fioles, celui-ci poussa et y fructifia parfait^nent, sans que ses séminules s'insinuassent dans d'autres fioles placées dans le voisinage et y produisissent des Hoisissuresr Ce n'était que par exception que ces dernières en contenaient parfois quelques ves» tiges (1).
Les expériences d'infection qui suivent, par leurs résultats négatifs, viennent encore limiter la puissance disséminatrice des plantes.
ExpiRONGE. — On prit un grand verre à expé* rience dans lequel macérait un morceau de mie de pain, et dont toute la superficie était recouverte d!Aspergillu8 glaucusy Mich. , parfaitement développé et disséminant abondamment ses spores.
Dans le but d'offrir un sol propice aux séminules qui s'échapperaient de la plante mère, on remplit un autre verre semblable au précédent avec une macération qui déjà* contenait la Mucorinée dont l'autre était infecté, seulement on en filtra l'eau avec soin pour s'assurer qu'aucun spore n'avait pu y pénétrer.' Ce Terre fut ensuite placé sous une grande cloche à côté du précédent.
Le huitième jour on observe l'appareil. L'Aspergillée s'est encore énormément développée. Le. verre
{{] Bulliard^ Histoire des champignons de la France. Paris, 1S09, t. ],p. 115.
iLIMINATIOH m l'air. 313
qui est placé à o6té de celui qui la contient ne présente pas le moindre rudiment de cette plante, et sa surface ne parait pas atoir reçu un seul de ses spores. Ceux-ci n'auraietit pu se dérober à nos yeux s'ils y eussent existé ; leur longueur, de 0,0056 à 0,008& de millimétré , eût empêché qu'ils passassent ina^ perçus.
JD'après cela, ne faut-il pas de beaucoup diminuer cette facilité qu'on prête à l'air de transporter par** tout les germes ? Nous avons là deux vases placés côte à côte, l'un est rempli d'upe prodigieuse quantité de germes, ^t pas un de ceux-ci ne va s'abattre à un centimètre de là 1 Les expériaices qui suivent contribuent encore à démontrer combien la dissémi* nation des germes doit être limitée.
Expérience. — On enleva sur une macération de mie de pain, une plaque de seize centimètres carrés, d'un amas serré d'une végétation composée de Mucorinées diverses, dont cependant le PemcUlium glathctim, Link» formait laprincipale masse. Cette plaque fut déposée, avec précaution, sur une tranche de mie de pain, qu'on avait préalablement imbibée d'eau, et dont elle n'occupait qu'un sixième de la surface. Cette tranche de pain fut ensuite placée dans une cuvette au fond de laquelle on avait mis une petite quantité d'eau pour y entretenir une humidité favorable à la végétation cryptogamique. Le tout fut enfin recouvert d'une vaste cloche en verre.
L'appareil ayant élé laissé en repos pendant quinze jours, sous l'influence d'une température moyenne de 12% lorsqu'on le visita, la surface du pain n'offrait
314 HÉTÉR06ÉNIB.
pas la moindre trace de moisissure, et même on put constater, en la faisant gratter dans toute son étendue, qu*il n'y existait aucun spore de Pénicillium, même à un centimètre de la plaque déposée sur la tranche de pain.
On ne pourrait pas ai^er que dans ce Cas les circonstances favorables ont manqué à l'extension de la végétation cryptogamique, car la plaque de Mucorinée avait remarquablement accru la sienne, en se recouvrant d'une nouvelle, génération de Pénicillium. Les éléments d'une ample dissémination ne faisaient pas défaut eux-mêmes, car la moindre parcelle du tapis glauque du champignon en expérience présentait au microscope une nuée de spores, et cependant pas un de ceux-ci, en quelque sorte, n'était allé germer à un centimètre de sa souche.
Expérience. — Cette expérience sert en quelque sorte de critérium à la précédente . On mit une large plaque de Pénicillium gUxtACumy Link, sur une tranche de mie de pain ; elle en couvrait à peu près le quart de 1^ surface, et cette tranche, trempée dans Teau, fut abandonnée un mois sous une cloche, par une température moyenne de S"". A ce moment toute la surface de la tranche de pain était couverte de petits Ilots de Pénicillium, d'un vert glauque ou blancs, de deux à cinq millimètres de diamètre, très-rapprochés les uns des autres.
Si l'on n'avait eu que cette partie de l'expérience sous les yeux , on aurs^it évidemment prêté à une infection cryptogamique la nouvelle végétation qu'on observait; mais sous une autre cloche et absolument
ÉLIMINATION DE l'aIR. 315
dans les méines circonstances, on avait déposé une tranche du même pain, seulement on n'avait pas mis dessus de plaque de Mucorinée; et cependant cette tranche de pain éloignée de toute infection, n'en offrait pas moins une collection d'ilôts de PéniciUium tout aussi abondante que l'autre. Ainsi tombe, en présence des faits, cette puissance exagérée que Ton a prêtée à la dissémination.
Les expériences qui suivent, et que j'expose trèssuccinctement viesnent encore à l'appui de notre opinion sur les limites que l'on doit imposer à la dissémination.
, Expérience. — Un très-grand verre à pied rempli d'urine humaine avait sa superficie recouverte d'une épaisse couche de Moisissure en fructification. On filtra le liquide qu'il contenait et on le mit dans deux verres; on recouvrit seulement l'un d'eux avec la couche cryptogamique dont nous venons de parler. Ces deux verres furent ensuite placés tout à côté l'un de Tautre sur une planche du laboratoire, et abandonnés ainsi à l'air libre. Quinze jours après, à la température de 14'' en moyenne, lorsqu'on l'examina, le verre sur lequel on n'avait pas mis de champignons n'offrait pas la moindre trace de végétation ; sur l'autre, au contraire, avait ^urgi une nouvelle génération de Mucorinées. Pas un seul spore ne s'était transporté d'un verre dans l'autre. On ne peut pas dire là que les circonstances étaient défavorables ; c'était le liquide sur lequel déjà les plantes se propageaient, et depuis le commencement de lexpérience leur nombre s'était accru dans l'un des vases.
3 i 6 HÉlteOGtRlB.
ExPÉRiENGB.~ODprit uh Yerre à expérience rempU d'eau, dont toute la surface était recouverte de Pem^ eiUium glaucumj Link, en fructification. Ce Terre fut placé au centre d'une glace, parfaitement essuyée. Quinze jours après, on explora an microscope la surface de celle«ci et une minutieuse attention n'y fit pas découvrir un seul spore.
ExPÉRiBNCB. — Une macération de maïs, totalement couverte (VAspergillus et de Pénicillium en fructification et chargés d'une abondasce de spores, est placée sur une planche du laboratoire. Â côté on met un vase à large ouverture et rempli d'eau distillée. Quinze jours après, on explore la surface deee dernier pour reconnaître si l'on n'y verrait pas nager quelques spores de ces deux plantes ; mais l'doservation la plus attentive n'a foit absolument rieii dëeou* vrir.
M. Gérard a fait aussi une expérience d'une exfarême simplicité et qui, avec tant et tant d'autres, vient encore s'élever contre le pouvoir disséminateur de l'air et ajouter une preuve de plus à la «pon^ téparité. Une feuille de papier ayant été mposée par lui à l'humidité, il la vit bientôt se recouvrir de pla-* ques roses, jaunes et noires, qu'il reconnut être occupées par autant d'organismes distincts. Il semble rationnel dépenser que si c'était à des germes aériens que l'on dût cet essai de végétation, celui-ci eût été uniforme à la surface du papier ; mais que, puisqu'il n'en fut pas ainsi , il faut attribuer la diversité des Proto-organismes à l'hétérogénéité des matières qui entraient dans la composition de leur sol, et qui ont
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dû en se réorgamaant, donner chacune naissance à un produit particulier (1).
En présence des diverses expériences que nous venons encore d'exposer, on est bien forcé de limiter extrèmementles migrations des cryptogames. Du reste pour celles-ci rimagin&tion prat moins s'exercer. Comme leurs spores sont apparents et qu'on ne leur a pas donné une essence presque métaphysique, comme (m ]'a fait pour les œufs des Microzoaires, il est moins facile d'errer, parce que le naturaliste exercé peut presque toujours dire que si les germes végétaux existaient réellement, il les découvrirait !
Cependant nous ne pouvons passer sous sîlenee que M. Payen rapporte qu'en 1848 le pain de munition de Paris fut envahi par un Oïdium, ÏOidivm ati«rarUiacum (2), dont les spores, dit-il, répandus en poussière invisible, peuvent végéter avec une extrême rapidité sous l'iafluence de la chaleur et de l'humi* dite. L'illustre chimiste dit avoir constaté que les séminules de ce champignon microscopique résistent à une température de 100 à 120% et qu'elles ne perdent leur faculté germinative qu'à 140'' (3); il résulte de là que cette Moisissure ^e conserve intacte dans la mie du pain pendant la cuisson, parce qu'elle n'y éprouve pas une température qui dépasse lOO®, mais qu'elle s'altère dans la croûte, elle qui subit une
(i) Géraad, Diet. vniv. d'hitt. ncft. Paris, 1845, t. VI, p. 64.
(2) Oïdium décrit et tiguré par MM« Mirbel et Payen , fit déterminé par M. Léveillé.
(3) Payen , Précis de chimie industrielle, Parw, \ 849, p. 390. — Annales de chimie, 1843.
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température dépassant 200^ On rapporte qu'un quart de milligramme de cet Oïdium suffît pour infecter un pain en un temps très-court.
Nous ne pouvons rien dire à cet égard, n'ayant fait aucune expérience sur ce champignon; seulement nous pouvons affirmer que dans toutes les expériences que nous avons faites avec les moisissures qui envahissent ordinairement le pain, et dont nous venons de rapporter un certain nombre, jamais nous n'avons reconnu cette grande facilité de dissémination que l'on prêle à VOidium aurantiacum. Toutes nos expériences d'infection ont échoué. Aussi lorsque nous voyons ces cryptogames envahir subitement et sur une grande échelle des substances alimentaires qui s'altèrent, nous sommes bien plus tentés de les attribuer à l'hétérogénie qu'à la génération normale.
Donc, d'un côté, tandis que toutes nos expériences d'infection ont échoué, de l'autre nous avons vu que les spores des moisissures qui envahissent le plus communément le pain se désorganisaient totalement sous l'influence d'une chaleur de i 00"* ou durant une ébullition d'un quart d'heure à une heure (1).
Une expérience de BuUiard se joint aux miennes pour démontrer, que la température de Teau bouillante suffit pour anéantir la faculté germinalive des séminules des plantes inférieures. Il introduisit dans des fioles à médecine une espèce de bouillie Xormée de mie de pain et d'eau et saupoudrée d'une ample quantité de spores du Mucor sphcerocephalus. Ces
(i) Voyei plus haut, p. 282.
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fioles furent plongées dans l'eau bouillante pendant une heure, et ensuite bouchées hermétiquement^ BuUiard dit que deux mois après on ne distinguait aucun Mucor dans ces fioles, tandis que dans d'autres qui avaient eu le même ensemencement, mais qu'on n'avait pas exposées à la chaleur, on trouvait tout l'intérieur rempli de cette cryptogame. Ce fait prouve donc qu'une température de cent degrés est suffi* santé pour tuer les semences des champignons (1).
L'observation vient elle-même nous aider à limiter le pouvoir disséminateur de l'atmosphère et donner un nouvel appui à la spontéparité.
Dans la série, déjà assez nombreuse, des végétaux qui se développent sur les animaux, les uns viennent sur les organes qui communiquent avec l'atmosphère ambiante, et d'autres naissent dans la profondeur des organes (2). Le champignon qui produit le muguet, ï Oïdium albicans,, Cb. Robin, dont l'histoire a ^été tracée par MM. Gruby et Ch. Robin ; celui qui cause la teigne fa veuse, YAchorion Schœnleinii, Remak, étudié successivement par Lebert, Remak, Gruby, Gh. Robin, Bazin (3) , ainsi que diverses autres productions
(1) BuLLUBD, Hiêtoire de» champignons de France, Paris, iS09, t.I, p.il5.
(2) Gomp. Slutter, De vegetabilibus orgamsmi ammalis parasitis, Berolini, 1847.
Ch. RoBiif, Histoire naturelle des végétaux parasites qui croissent sur V homme et les animaux vivants, Paris^ 1853.
(3) Lbbert, Physiologie pathologique. Paris, 1845, t. Il, p. 477. Remak, Diagnost. undpatfiologische Untersuchungen, Berlin, 1855. Gmibt, Comptes rendus de l'Acad. des sciences, Paris, 1841, p. 72. Ch. Robi?i, Hist, natur. des végétaux parasites, Paris, 1 853, p. 441 . Bazin. Rech. sur la nature et k traitmn.des teignes, Paris, 1853.
320 HiBTiROGiRIB.
cryptogamiques qui engendrent quelques maladies extérieures, pourraient rationnellement devoir leur origine à la dissémination aérienne de leurs séminules.
On pourrait aussi attribuer la même origine aux productions cryptogamiques suivantes : à VAspergiUus candiduSy Micheli (1), rencontré dans les sacs aériens d'un Bouvreuil, par MM. Rayer et Montagne (2); à VAspergiUus glaucus^ Pries (3), découvert par Spring dans les cavités aériennes de l'abdomen d'un Pluvier (4) ; à VAqpergillus mgreaâens, Ch. Robin, signalé dans les sacs aériens d'un Faisan (5); et à d'autres végétaux parasites qui ont été observés dans les cavernes pulmonaires de quelques personnes phthisiques, par Bennelt (6).
Mais les partisans de la dissémination aérienne ne pourraient expliquer, par elle la présence des végétaux bissoïdes rencontrés par M. Rayer dans les plèvres d'un individu tuberculeux ; et ceux que cet illustre médecin trouva dans la cavité péritonëale d'un homme atteint de pneumo-thorax (7). Sansdoute que y comme les séminules de ces végétaux ne sont pas armées de crochets et qu'on ne peut leur attri-
(1) MiCBBLi^ Nova plantarum gênera. Floreiitiae^ 1779.
(2) Rater et Montacnb, Journal de V Institut. 1842, n. 492.
(3) Friks, Systemar mycologicum. 1829, t. III, p. 385.
(4) Spring, Sur une Mucédinée développée dans la poche abdominale d'un PttiTier doré. Bruxelles (BulL de i'Âead. roy.), 1848.
(5) Gb. Robw, Histoire naturelle des végétaux parasites qui erotssent sur rhomme et tes aaiimauœ vivants. Paris, 1853, p. 518.
(6) Bbnnbtt, On the présence of eonfervœ in êome exsudative masses passed by the bowels, {Lectures an clinical medidne.) Edimburgb, 1851.
(7) Rayer, Journal VIn§tiiut. 1832, n. 392.
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buer une force instinctive qui les dirige vers un site d'élection, on ne pourra pas, pour elles, invoquer Tingénieux mode de migration que MM. Kuchenmeister, Stein, Leuckart et Yan Beneden, etc., prêtent aux embryons de quelques Entozoaires (1 ) .
On ne voit pas comment on expliquerait autrement que par la génération primaire la production des végétaux parasites que l'on rencontre dans les cavités splanchniques des grands animaux. Leurs séminules, d'abord, sont d'un diamètre trop considérable pour pouvoir franchir les parois des vaisseaux absorbants; et si l'on admettait même qu'elles puissent, par quelque violence aux lois physiologiques, s'insinuer dans le système circulatoire, on ne pourrait concevoir par quels procédés elles en sortiraient ensuite, à travers les membranes séreuses, pour tomber dans leurs cavités; car ces séminules, dont le diamètre est souvent de 0,0028 à 0,0084 de millimètre, elles qui ne peuvent traverser nos grossiers filtres en papier, ne pourraient assurément franchir le tissu serré de la plèvre ou du péritoine.
Si cependant, et il faut nous attendre à répondre aux plus extraordinaires objections, on prétendait que cette miraculeuse migration est facile et qu'on peut l'expliquer, nous répondrions à cela que dans ce cas les faits qui viennent d'être cités devraient se présen-
(I) KocHBNMBisTBR, On animal and vegektble Parasites ofthe human body. Lotfdoxï, 1857.
SrvEW, Siebold und KoUiker'sZeitschr.^\, p. 380. R< Leuckart, Parasiten und Parasitismus [ArchivfUr phyâiol.) Van Bbnkdbn et Gkrvais, Zoologie médicale. Paris^ 1859. Poucorr. ti
3M HilÉE0Gi9IB. .
ter avec la plus extrême fréquence, car lès ^pèces d'Aspergillées qui envahissent ordinairement Téco^ nomie animale étant très-abondantes autour de nous, il n*y aurait pas de raison pour qu'il ne s'en trouvftt pas un grand nombre d'absorbées normalement parla respiration ou la nutrition, et qu'on ne les vit se reproduire çà et là à l'intérieur de l'oi^anisme. C'est ce qui n'a pas lieu.
Et ce qui vieât même confirmer que leur apparition est un fait de spontéparité, c'est qu'on ne les voit guère se développer que dans les cas où l'individu a succombé sous l'influence de quelque maladie.
M. Ch. Robin, avec cette rare sagacité qui le distingue, a décrit le mécanisme par lequel les spores en germant pénètrent dans les tissus, et y enfoncent leur mycélium (1). Là il y a une puissance active qui presse devant elle la substance oi^anisée et peut, comme il le dit, la faire disparaître molécule à molécule. Mais aucune force semblable n'est inhérente spore errant, et vraiment il est impossible de supposer qu'il puisse mécaniquement percer les tissus pour entref dans les cavités closes de l'économie animale. Si des corps étrangers y pénètrent, comme on en cite des cas si rares, ils le doivent à leur volume, à leur pe^ sauteur, à Taide desquels ils exercent une pression sur les tissus, et y trouvent des points d'appui. Les séminules des cryptogames n'ont rien de ce qu'il leur faudrait pour cela. Etant sphériques ou ovoides, elles manquent même de ces formes anguleuses qui
(1) Ch. Kobin, Histùire naturelle des végétafix partMet qui crofMenl fwr l'homme et les animaux. Paris, i853, p. 278.
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'Permettent, selon certains physiologistes, à des corps {mlvérulents inorganiques de s'insinuer dans les tissus (i).
' On cite,» il est vrai^ des spores trouvés dans les sisus sanguins des vers à soie; mais il faudrait bien déterminer s'ils y ont été observés sur l'animal vivant et avant leur germination ^ ce qui est fort essentiel. En germant ils peuvent pénétrer dans l'économie; à l'état stagnant ils en sont plutôt expulsés qu'ils n'y pénè-' trent. M. Ch. Robin rapporte que l'on a trouvé des spores dans les œufs du Bombyx du mûrier. Pour cela j'y crois fermement, et le célèbre anatomiste décrit parfaitement le mécanisme par lequel ils ont dû y pénétrer : les spores ont pu, dit-il, se trouvant dans l'oviducte, être enveloppés par l'albumen en même temps que le jaune (2) .
Des corps étrangers peuvent fréquemment ainsi s'insinuer à l'intérieur^ des œufs, même à l'intérieur des œufs des oiseaux. On me parlait souvent, dans les campagnes, de pattes de hannetons rencontrées dans des œufs de poule; j'y croyais à peine. Mais durant une invasion de ce coléoptère en Normandie, où les poules en mangèrent tant que le vitellus de leurs œufs en avait contracté une couleur d'un brun foncé, qui leur donnait un aspect repoussant, j'eus l'occasion d'ouvrir moi-même l'œuf d*une volaille qui contenait une patte antérieure de hanneton. Cela s'expli-
(4) Cil. RoB» Et Verdeil, Traité de chimie «lutfomifue narmaU et pathologique. Paris, 1852, l. III, p. 520.
(2) Ch. Robin, Histoire naturelle des végétaux parasites, etc., p. 282.
dii HÈIÉROGÈNIB.
que fort bien. Dans une contraction du cloaque, elle sera entrée par le fémur dans Torifice deToviducte ; et les épines de la jambe Fauront fait y monter jusqu'au moment oii Talbumen l'aura enveloppée et où elle sera redescendue pour être ainsi que lui recouverte par la coquille.
Récapitulation. — Le but de ce chapiti*e était de démontrer que le véhicule des germes organiques ne peut être ni le dorps putrescible, ni l'eau, ni l'air atmosphérique.
Cela ayant pu être mis hors de doute pour chacun de ceux-ci en particulier, en somme ce n'est donc aucun des trois. C'est là un fait tout aussi incontestable que le serait un théorème dans lequel, pour prouver qu'une ligne mathématique ne peut exister, on en éKminerait successivement les fractions.
Ce n'est pas le corps solide, puisque des animalcules naissent après que celui-ci a subi une carbonisat ionpresque complète, et l'on ne peut pas prétendre que les œufs résistent au feu de forge.
Ce n'est pas l'eau, car des animalcules naissent dans l'eau artificielle, formée de toutes pièces dans nos laboratoires en combinant de l'hydrogène et de l'oxygène. Personne, je pense , n'oserait soutenir que l'un de ces gaz était le dépositaire des œufs.
Enfin , ce n'est pas l'air atmosphérique , puisqu'il se produit des Protozoaires dans l'air artificiel obtenu en mêlant de l'oxygène et du gaz azote et qu'on n'admettra jamais , sans doute , que l'un de ces gaz a pu fournir des œufs à la combinaison.
Puisque par voie d'exclusion on prouve facilement
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que les Proto-organismes n'ont point leurs germes dans l'un des trois corps précités, il faut donc bien leur chercher une autre origine, et c'est ce que nous allons faire dans le chapitre suivant.