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taille peu commune parmi ses congénères : sa Ion* gueur atteint souvent 0,0560 de millimètre; il est parfaitement cylindrique dans toute sa longueur et obtus à ses deux extrémités. $on corps est incolore^ hyalin, transparent, et presque constamment l'intérieur en est occupé par huit granules, ce qui me donna d'abord l'idée de le nommer Vibrio ociopunC'tatus; mais parfois aussi on n'y en compte que quatre, et d'autres fois il n y en a que deux ou même qu'un seul. La disposition de ces granules offre une certaine régularité; ils sont toujours . groupés deux à deux. Un groupe de deux est placé vers Tune des extrémités, et un groupe de deux autres vers l'autre ex* f rémité ; les quatre granules qui restentsont, aucon» traire, situés vers le milieu du corps et ramassés deux à deux, en laissant un certain intervalle entre leurs deux groupes»
Ce Vibrion a une natation élégante, absolument analogue à celle de l'anguille commune» seulement un peu plus lente et moins tortueuse. On le voit parfois faire de grands efforts pour traverser certains endroits xTun abord difficile, et quand il ne peut réussir à s'y enfpncer, il rétrograde en nageant en arrière. Plus les Vibrions granifères sont longs, plus ils nagent gracieusement. Us semblent parfois se multiplier par scission ; je dis parfois, car d'abord on les voit tous apparaître brusquement en ayant toute leur longueur. Quand cela a lieu, la scission se fait entre les deux groupes de granules situés vers le milieu du corps. Alors la natation n'est plus onduleuse : elle ressemble aux mouvements anguleux qu'auraient deux ba-
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guettes raides, articulées chacune ensemble par Tune de leurs extrémités : les inflexions sont considérables comme si les deux portions faisaient de mutuels efforts pour se séparer, se briser, à un endroit déjà étranglé.
La durée de la vie du Vibrion granifère est peu considérable. Souvent on le voit apparaître dans les macérations vingt-quatre heures après qu'elles ont été commencées. Il s'y agite pendant vingt ou vingtquatre heures, et après ce laps de temps écoulé, il a généralement accompli le cycle entier de son existence. Nés presque tous à la même heure, presque tous succombent en même temps et viennent, en mourant, s'enchevêtrer et former un véritable canevas à la surface de l'eau.
Ni 0. F.Mùller (l),niEhrenberg(2),ni Dujardin(3), ni enfin Diesing (4), qui n*admet que les espèces des deux premiers naturalistes, ne me semblent avoir décrit le Vibrion que je mentionne. 0. F. Mûller ne cite
(1) 0. F. MuLLER, Animakula infusoria fluvtatilia et marina* Hauniœ, 1786.
(2} Ebrenberg^ Die infusionsthierchen, etc. Leipzig, 1838.
(3) DojARDiif, Histoire naturelle des infusoires, Paris.
(4) DiESiNGy Systema helminthum. Vindobonœ^ 1850. La description du vibrio proiifer. Ebrt que donne cet auteur, semblerait s*en rapprocher : Syntherium cylindricum, crassum,flexuosumfUtrinque rotundatum corpusculis ad 8, ovatis^ kyalinis, distinctis. Mais la figure d'Ehrenberg^ quMl indique, ne s'y rapporte nullement, pas plus que la description. (Infus, 81. lab. 5, 8.) Ehrenberg ne parle aucunement, dans sa description, des huit corpuscules mentionnés par M. Diesing. 11 le décrit ainsi : Vibrio badlHsvalidioribus abbreviatis^ hyalinis^ motu lento flexuosis, distinUearti' eulatis, M. Diesing a mentionné à tort comme des granulations, les huit nodosités moniliformes qu'offre la figure d*Ehrénberg.
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aucune espèce qui puisse même en être rapprochée. Son Vibrio bipunciatus est évidemment fort analogue aux fragments de notre espèce; mais ce n*est assurément pas de ceux*ci qu'il est question dans l'œuvre de ce zoologiste, car, en parlant de son animalcule, il dit qu'il le découvrit in aqua marina post quatuor septimanas^ au moment où elle exhalait une odeur excessivement fétide (1), tandis que le nôtre vient dans l'eau douce, dans laquelle ont seulement macéré, une vingtaine d'heures, quelques substances végétales.
Le Vibrion lisse, Vibrio levis, Pouch. , doit le nom que je lui ai donné à son corps allongé et tout à fait lisse. Ce Vibrion est certainement aplati, ce qui se distingue nettement quand il nage. Il est excessivement long et atteint jusqu'à 0,0840 de millimètre de longueur, ce qui m'avait d'abord porté à lui donner le nom de Vibrion gigantesque. Son diamètre est de 0,0014 de millimètre; sa natation est très-élégante, anguilloide.
Le Vibrion granifère semble précéder un peu l'apparition du Vibrion lisse. Il arrive un moment où l'on trouve encore dans les macérations de nombreux représentants du dernier, tandis que l'autre n'offre çà et là que quelques individus entiers et languissants, et une foule de fragments ou de granules, répandus dans le liquide, qui n'en sont que les débris. De place en place même, ces granules forment parfois des tlots colorés en jaune, composés de grains très-distincts, placés dans les lacunes de l'enchevêtrement des Vi-
(i) 0. F. MoLLBR, Ammahula infusima fluviatilia et marina. Haunis, 4786, p. 52, pi. VU, fig. i.
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brions lisses, comme si, dans certaines circonstances, le corps du Vibrion granifère, après la mort, se dissolvait en laissant ses granules libres, tandis que le corps du Vibrion lisse reste indécomposé un certain temps pour former le primitif canevas de la membrane proligère.
La pellicule proligère enchevêtrée est formée principalement à Taide des deux Vibrions que nous venons de décrire. Â cet effet, ils s'entassent en se mêlant, soit séparément, soit ensemble, en se feutrant, pour parler exactement ; et c'est ainsi qu'ils donnent naissance à cette pellicule qui, au microscope, ressemble au tissu d'une toile d'araignée. Celle-ci, à cause de sa nature, est plus solide, plus résistante que celle qui est simplement composée de débris de Monades. La pellicule enchevêtrée est parfois presque uniquement formée par le Vibrion granifère qui est resté entier; d'autres fois, par le Vibrion lisse; parfois aussi elle est constituée par ces deux espèces, et dans l'intervalle de leurs mailles on voit des corpuscules qui ne sont que des vestiges de petits Vibrions, de Monades ou de Bactériums, qui ont vécu en même temps que les longs Vibrions qui composent essentiellement le canevas de la pseudo-membrane.
En voyant ainsi les Vibrions composer par leurs débris inanimés une sorte de 30I à même lequel vont à leur tour se former des Microzoaires d'un ordre plus élevé, nous pourrions, à l'exemple de M. W. Burnett, supposer que ces Vibrions ne sont que des v^é* taux primaires (1), et les considérer comme des créait} V\r. BuMiBTT, The family of Vibrionta (fihrenberg) not Ani»