FORMATION D8 LA PELLICULE PROLIGÈBE
tures d'e$sai destinées à nourrir les animalcules qui vont leur succéder. Mais il est évident que ces Vibrions sont parfaitement des animaux, quoi qu'en ait dit le savant Américain.
3"* Pelugule froligère pseudo-cellulaire. — Parfois aussi , lorsque les générations de Monades et de Vibrions se sont anéanties et que des Microzoaires d'un ordre plus élevé sont apparus, ceux-ci, en mourant, ajoutent leurs débris à la mince pellicule précédemment formée par de plus infimes animalcules. Je dis parfois, car, dans certaines circonstances, ces Microzoaires, en expirant, se dissolvent complètement dans le fluide qui les contient; phénomène dont nous parlerons pluçloin. Mais celui-ci> que l'on regarde comme un fait général, est peut-être plus commun sous la pression qu'éprouvent les Microzoaires, durant nos observations, qu'il ne l'est dans la nature. Ce que je sais, c'est que souvent j'ai vu que quand nos macérations étaient anciennes et que la pellicule était très-épaisse, pultacée, on reconnaissait évidemment que presque toute l'épaisseur de cette pseudo-mem-^ brane était le résultat d'amas de corps de Kolpodes ou de Monades volumineuses, dont les cadavres s'^aient entassés en mourant et avaient pu se conserver mutuellement.
Des expériences conduites avec délicatesse démontrent cela bien évidemment. Si l'on prend une pellicule épaisse dans une macération où se sont, succédé plusieurs générations de Kolpodes, et qu'on la com-
maUy but Plants. — Procéedings of Ihe American association for IheadTancemeotof science, 1851.
366 HËTÉnOGARIE.
prime très l^èrement, bientôt on reconnaîtra qu'elle est composée d'espèces d'utricules, qui ne sont autre chose queles cadavres de ces animalcules, à l'intérieur desquels on distingue parfois même encore les estomacs. La micrométrie ne permet aucun» erreur à ce sujet.
Si Ton comprime un peu plus la pellicule proligère, quoique fort légèrement encore, les corps tassés l'un contre l'autre prennent l'aspect d'un tissu cellulaire végétal, même assez régulier ^ ce qui est produit par la pression réciproque des animalcules morts.
Lorsque cette pellicule pseudo-cellulaire a été formée par la Monade lentille, cette espèce étant globuleuse et plus petite, l'apparence cellulaire est beaucoup plus régulière et imite des cellules beaucoup plus fines.
Combien de temps des cadavres de Kolpodes ou de grosses Monades peuvent-ils se conserver sans trop se déformer, pour engendrer ainsi une pseudo-membrane? C'est ce que je ne pourrais dire au juste. Mais je crois que les Monades se conservent facilement cinq à six jours. L'enveloppe cutanée des Kolpodes me paraît durer beaucoup moins, mais leurs estomacs au contraire sont parfois assez tenaces, et ce sont eux qui ont été dans quelques circonstances pris pour de petits Kystes.
Lorsque l'on rencontre des pellicules proligères formées par des corps de gros animalcules, ceux-ci ont toujours été excessivement nombreux et entassés dans la macération, où ils semblent parfois s'être étouffés par leur extrême multiplication.
4'' Pbluculb PEOLiGÈEB MIXTE. — Nous appelons
FORHATION DK LA PELLICULE PR0L16ERB. 367
ainsi les pellicules proligères qui sont à la fois composées par les divers éléments qui entrent dans les espèces de pseudo-membranes dont nous venons d'étudier la formation.
On rencontre, à la rigueur, assez communément cette sorte de pellicule que nous appelons mixte, car souvent aux Vibrions on voit se joindre des Monades et d'autres animalcules; mais cependant, si une espèce est tranchée et si une sorte d'animalcule en prédominant, donne à la pellicule un caractère spécial, nous préférons la désigner sous l'un des noms précédents.
Enfin, lorsque ce sont des végétaux qui apparaissent à la surface des macérations, on voit un autre ordre de phénomènes se présenter. La pseudo-membrane proligèrc est alors presque uniquement formée par l'enchevêtrement des mycéliums des champignons rudimentaires qu'on observe à sa surface , etsouvent cette pseudo-membrane prend alors une épaisseur fort remarquable et offre une résistance qu'il faut une certaine force pour vaincre. On pourrait donc ajouter à ce qui précède qu'il y a une pellicule proligère cryptogamique ; mais celle-ci, par son aspect microscopique, doit rentrer dans la catégorie des pellicules enchevêtrées. C'est ainsi que souvent la surface de l'urine qui s'altère se couvre d'une pellicule extrêmement épaisse, coriace, qui est formée par le mycélium du Pénicillium glaucunij Link. qui y abonde ordinairement.
368 HÈTÈROGÂNIE.
8BCTI0N UI. — PHÉKOHÉNES SECONDAIRES. APPARITION DE l'OVULB SPOirtANÉ DAffS LA PELLICULE PRÛLIGÉRB. PREMIBES GRANULES TITBLUNS.
En comparant attentivement les phénomènes génésiques qui se manifestent successivement lors de Tapparition des ovules spontanés et des ovules ovariques^ je ne vois pas la moindre différence entre eux, sinon que les uns résultent de la concentration des molécules organiques du stroma de Tovaire, tandis que les autres sont produits par celle des molécules organiques de la pellicule proligère. Et si, par la suite, il y a une différence fondamentale entre les deux corps engendrés, elle est à l'avantage de celui qui nait spontanément, car l'œuf ovarique, pour continuer son évolution, a ordinairement besoin d'être fécondé, tandis que Tœuf spontané, élevé à une plus grande puissance biologique, parcourt toutes ses phases sans nul stimulant nouveau.
Bory Saint -Vincent avait déjà parfaitement senti que, durant leurs premières phases génésiques, tous les êtres organisés se ressemblent par leur extrême simplicité. Il est une époque de l'existence, dit-il, où tout être vivant, quels que soient sa taille et le rôle qu'il joue sur le globe, n'est qu'un animalcule (1). Nous, nous n'entendons pas par là que l'être traverse successivement les formes des Microzoaires, bien loin s'en faut, mais qu'au moment où les premières molécules se groupent dans la substance ovarique ou dans la
(1) BoRT Saint-Vincent^ Dictionnaire classique d'fUstoire natu* relie. Paris, 182», t. X, p. 534,