‹ Hétérogénie;Chapitre 37 sur 49 · PREUVES TIRÉES DU RÉGNE VÉGÉTAL · texte numérisé non relu

PREUVES TIRÉES DU RÉGNE VÉGÉTAL

Tout notre travail est dominé par cette pensée, à savpir :. c'est que la vie <ne se produit que lorsque sei^ éléments mt^tériels se trouvent en présence do cir*constances particulières^ déterminées pour chaque eifitilé. Reproduisezr-les, elle revient; entretenez-les, elle se perpétue.

Les exemples d'hétérogénie végétale s'ajoutent à ce que nous avons déjà dit^ pour le démontrer ostensi^ blement. Les botanistes, il est vrai, expliquent sou^ .vent par le concours de la dissémination, ces extrâordioaires apparitions d'une végétation tout à fait insolitef qui ce développe dans certaines localités. Et ils,BU|^ postent qu'elle nest explicable qu'à l'aide du trans^ port des!sefûencesipar l'action des vents, par la ttief, les 'fleuves, les animaux ou par le commerce intêfi^ •national.

Les œuvres des savants qui ont écrit sur la physiô* logie végétale, abondent en exemples de plantes dont les fruits ou les graines se trouvent presque miracu*leusement transportés aux plus grandes distances. Les voyages maritimes des cocos des Maldives ont une grande célébrité ; on sait aussi que les flots de Tocéan apportent des fruits de Mimosa et de Cocotier jusque

SXPiUSNCBS 8im LES VÉGÉTAUX. 605

sur les grèves de la Scandinavie. Les tempêtes enlèvent à l'Amérique les semences voyageuses de quelques Composées, et viennent en ensemencer les plaines 4e UjËspagne. Les Colombes muscadivores, à ce que rapportent quelques botanistes, ont repeuplé de musoadiers certaines îles où les Hollandais en avaient dévasté les plants^Uons (1).

Mais quelques-uns de ces faits, comme l'a déjà signalé Bory de Saint-Yinceot, n'ont peut-être pas toute rauthenticité désirable (2). Sinsnier cette puissance expansive de la végétation, il y a beaucoup de cas dans lesquels l'extraordinaire dissémination qu'on nous oppose à chaque instant, est cependant extrêmement bornée. L'observation et l'exp^ience nous l'ont souvent démoutrè.

Nous citerons seulement deux exemples ài'appuide ce que nous venons de dire. La violette de Rouen, viola BothomagensiSy Des. , que Lamarck découvrit il y a une soixantaine d'années sur la Roche S -Adrien, qui borde la Seine, n'y vient que dans un espace de quelques toises, situé au pied de la montagne. Depuis trente ans, je vois cette plante pulluler dans cet espace resserré, et jamais une de ses selnences ne s'est

(1) Comp. MiRBEL, physioLogie végéUUe.Vms, 4817, 1. 1, p. 348. — PoiRBT, Cours de botanique, Paris, 1819, t. l,p. 228. — Bierrb etPottibr, Éiémentsde botanique. Patis, 1 82S, p. 108.— Richard, ÈUmenU de boUmique et. de pkyHotùgie végéUdê. Paris, 1846, p. 409. — DiCT. CLA88.,arl. Qfe^infi^ion» — Dbcandollb, Phyeio* loçie végétale. Paris, 1832, t. H, p. 595. ~ Raspail, Nouveau eysUme de physiologie végéiale. Paris, 1837, t. U, p. 30.

(2) BoRT DE Saint-Vircbut» Géographie botanique. Dict, eUusique dhist, ruU., t. VU, p. 284.

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transportée ailleurs. N'cst-il donc, en Normandie» aucune autre roche qu'elle daigne embellir de ses riantes corolles d*un violet clair?

Depuis le même laps de temps, j'observe au pied des montagnes calcaires de Duclair, Tlbéride intermédiaire, Weris intermedia , qui y a été découvert par M. Guersant (1). C'est là Tunique résidence de cette plante dans notre patrie (2). Les savants qui font si habilement voyager les végétaux, pourraient-ils expliquer comment c^t Ibéride, depuis tant d^années, n'a pas étendu d*un pouce sa limite géographique? cependant cette plante se trouve dans les meilleures conditions pour cela. Mais ni le commerce maritime qui répand au loin les pieiTes sur lesquelles elle croit, ni la grande route qui traverse le site qu'elle habite et longe la Seine jusqu'à Paris, ni les ouragans de l'embouchure du fleuve, ni ses eaux, n'ont jamais transporté l'une des semences de cette Crucifère hors de son site d'élection. N*y a-t-il donc aucune montagne, aucun autre rocher calcaire le long des rives de la Seine, qui soit capable de la nourrir?

D'autres végétaux résident encore dans des espaces plus restreints. Le Teucrium scordium. Lin. , n'a jamais poussé dans la Seine-Inférieure que dans l'espace d'un mètre carré; le Cucubalus otites^ Lin., n'y vient que sur un mur \YAstragalasglycyphyllos^Lin.y ne se propage que sur les ruines du château de Robert le diable! Nous pourrions citer une foule d'autres cas, et en

(1) Guersant, Bulletin de la société philomatique. t. XXf, n* 82.

(2) Lamarck et Decardolle, Fhre française^ Paris, 1806, t. IV, p. 715.

BXPÂRIBNCEg SUR LES VÉGÉTAUX. 607

demander la raison aux savants qui démontrent, avec une si merveilleuse facililé« l'inexplicable transport des helminthes et des infusoires, à travers les organes profonds de l'économie animale ou l'introduction de leurs germes dans nos appareils hermétiquement clos ! Si ces végétaux perpétuellement confinés dans ces espaces resserrés, n'y ont pas été spontanément formés à d'autres époques, au moins on nous avouera que leur isolement séculaire est fort inexplicable.

SBCTIOlf 1'*. — EXPÉRIENCES SDR LES TÉCÉTAUX EXÉCUTÉES A l'aIR LIBRE.

Mais, sans nous arrêter à ces faits généraux, si nous nous reportons aux preuves expérimentales, nous voyons que celles-ci abondent pour donner à l'hétérogénie végétale une incontestable démonstration.

L'expérience qui suit nous parait avoir, à cet égard, une autorité qu'il nous semble que l'on ne pourra que tien difficilement contester, puisque l'expérimentateur y force, en quelque sorte, la genèse à suivre toutes les fantaisies que sa main lui trace.

Ainsi, nous prenons un sol factice quelconque, que Ton sait parfaitement ne pouvoir contenir aucun germe; puis, dans une étendue donnée, parfaitement délimitée, nous en modifions la surface à l'aide d'une sul>» stancequi est également vierge de toute séminule^et, au bout d'un certain temps, sur ce sol vierge, on obtient une végétation absolument anormale.

EXPÉRIENCE. — Axiomes : Une température de moins de 100*, en quinze minutes, désorganise les seminutes de YAspergillus en expérience. Celles-ci ne peuvent échapper au micrographe, soit à cause de leur

* ^08 HiTÈEOGÉllIB.

grosseur qui est de 0,0028 de millimètre, soit à cause de leur coloration brune ; enfin , elles ne peuvent passer à travers les filtres en papier, et jamais nous n'avons pu les voir germer en les ensemençant sur de la ooUe. Expérience. — Dans une grande cuvette en porcelaine, de forme quadrilatère à fond plat, on versa de la colle de farine de blè bouillante, de manière à former une couche d'un centimètre d'épaisseur. Quand cette colle commença à se figer, avec un pinceau imbibé d'une forle macération de poudre de noix de galle, préalablement filtrée, on écrivit ces mots sur la surface de sa pellicule : getieralio spontanea. L'appareil fut ensuite abandonné à lui-même pendant quatre jours, après avoir été recouvert d'une lame de verre. Au bout de ce temps, la température ayant été de 24'' en moyenne, et la pression de 0,76, les mots generatio spontanea^ se dessinèrent sur la colle en caractères d'un beau noir, formés par les touffes serrées d'un champignon microscopique, absolument inconnu, que j'appellerai Aspergillus primigenius. Celui-ci s'est uniquement dé* veloppé sur les lettres tracées avec la noix de galle. Le reste de la colle ne présente encore aucune végétation, et sa surface, explorée les jours précédents, n'a offert aucune trace des séminules de la plante qui reproduit si ostensiblement les deux mots.

C!oROLLAiRE. — Commc les semences de l'Aspergillus produit dans cette expérience n'existaient point dans la colle, soit parce que celle-ci les eût désoi^anisées par son ébuUition,'soit parce que le microscope les y eût distinguées ; cotnme elles n'ont pas non plus été apportées par la macération de noix de galle, soit

parce que celle-ci a été filtrée, soit parce que Texamen a démontré qu'elle ne les contenait pas; enfin comme l'air n'a pu les apporter, car, dans ce cas, elles ne se fussent pas réparties symétriquement, il faut bien que cette plante dérive de la genèse spontanée. On n'oserait pas sans doute prétendre que ces séminules, dispersées dans Tatmosphère, n'attendaient pour germer, depuis la création , que la combinaison tout à fait insolite qu'au dix-neuvième siècle, on devait produire dans mon laboratoire, et les mots generatio sponianea que ma main devait y tracer. Dans le système des panspermistes, il n'y a cependant que ce moyen d'expliquer un tel/ésultat ; car si les germes n'eussent pas été formés en vue d'une telle combinaison, cette cryptogame inconnue se fût répandue sur toute la superficie de la colle , à moins d'admettre que quelque sylphe ne les rassembla magiquement sur la trace des mots que l'on écrivait.

Cette expérience est facile à répéter. Quelle que soit la substance avec laquelle on inscrira un mot à la surface d'une plaque de colle de farine , dans la plupart des cas, celui-ci se revêtira d'une végétation cryptogamique, différente de celle qui envahira ce sol factice. Ce sol fournit si peu la nouvelle production, qu'on obtient souvent le même résultat en écrivant quelques lettres sur du papier Joseph, et en plaçant ensuite celui-ci sur la colle. Mais arrivera-t-on toujours à obtenir les caractères d'un beau noir, et parfaitement délimités, que me donna Yaspergillus primigenius? Je n'oserais le promettre. J'ai répété l'expérience plus de trente fois avec les mêmes sub*

Foocnr, t9

610 HÈTiROGiNIB.

Stances y la colle faite dans les mêmes vases , et n'ai jamais encore pu revoir cette cryptogame insolite (1). A cet ensemencement scnpturaire, on peut en sub» stituer un autre qui donne des résultats non moins remarquables, en se servant de bassins d'un diamètre différent, que Ton place les uns dans les autres, et en mêlant la colle de farine avec des substances diverses dans chaque bassin. On obtient, au bout de quelques jours, des cercles concentriques qui présentent des Mucédinées d'espèce et d'aspect fort variés (2). Car

(1). Afin de ne laisser aucun doute sur cette expériencejje conserve au muséum de Rouen, des fragments de ces lettres d'un beau noir, formées par VaspergiUus noureau. On pourra toujours les y consulter. Cette espèce est analogue à VA. nigrescens, Rob., mais elle en diffère essentiellement par ses tigeUes simples non articulés et cylindriques, et par ses capitules d'un beau noir. Voy,

pi. ii,fig.

(â) ExpÉRisNCB i« GENÉSB coHCEUTiilQDE. Oo prend quatre cuveUes en cristal d'un diamètre différent et que l'on place les unes dans les autres, de manière que chacune d'dle laisse entre elle et sa voisine un espace d'un pouce. Chaque cuvette est ensuite remplie de colle de farine qui a bouiUi une demi-heure. Dans la cuvette du centre, la colle a été môlée à une solution de phosphate d*am moniaque filtrée; celle qui se trouve en dehors, de colle mêlée à de la levure de bière ; la troisième cuvette est remplie de colle mélangée à une macération de noix de galle filtrée ; enfin la dernière cuvette, ou la plus extérieure, est occupée par de la colle sans addition d'aucune substance. L'appareil est ensuite recouvert d'une cloche. Résultat : après quatre jours, la température ayant été en moyenne de 26 degrés et la pression de 0<",76, on remarquait ce qui suit.Le vase central occupé par de la colle mêlée à du phosphate d'ammoniaque était rempli de pustules ocellées, d'un peniceUium d'un beau bleu clair, avec des bords d'un blanc pur; le vase qui l'entoure, occupé de colle mêlée à de la levure de bière, a sa surface couverte par une végétation cryplogamique d'un blanc sale ; tout autour, le troisième vase, rempli de colle et

EXPÉRIKRCU SOR'Ug VÉGÉTADX. OU'

il faut bien considérer ceci comme positif : dans presque toutes les combinaisons que l'oii produit dans les laboratoires, ainsi qu'on l'a observé pour les animaux, on. obtient des cryptogames spéciales, d'une extrême simplicité, il est vrai, mais toujours différentes pour l'apparence.

Lorsqu'un liquide albumineux est acidulé par l'acide sulfurique, on voit bientôt y apparaître des vésicules sphériques qui, ainsi que l'ont remarqué MM. Andral et Gavarret, après an temps fort court, s'allongent, se ramifient, et forment un végétal microscopique (1)! M. Cagniard-Latour rapporte qu'en mettant en contact de l'eau filtrée avec de la vapeur d'acide acétique, il a vu naître une nouvelle espèce de conferve (2).

On le croirait à peine, et cependant c'est un fait bien positif^ la forme des vases ou leur substance, influent énormément aussi sur les végétaux microsco^ piques que l'on obtient dans nos laboratoires (3) ,

de noix de galle, forme un encadrement brun, sa surface étant totalement envahie par des asptrgillus dont les têtes sont de cette couleur. Eofln, au dehors, se trouve le vase qui contient la colle et dans lequel on ne distingue encore rien.

(1) Andral et Gavabret, Recherches sur U développement du penioMivm giaucum, tous l'influence de l'acidification, dans les liquides aihuemsuionormauoa et pathotogi^s. Am. de chimie et de physiqwe, t. VllI, p. 388.

(2) Cagnurd-Latour, Mémoire sur un végétal eonfervoide d'une nouvelle espèce. Ann. des se. nat. Botanique, t. IV, p. 32.

(3) ExpiuEma; Une couche de colle de farine d'un centimètre d'épaisseur, est placée d^ns une bassine de cuivre très-mince, argentée récemment. Apre» quatre jour» , toute sa surface est couverte de toufTes rapprochées de mucédinées diversicolore?, qui lui donnent exacteueot l'aspeet d'un granit vert et ronge. A cMé

61 s HÈnkROGten.

Section ii. — bxpériekces sor la yégétatioiv biécutées a taisseaihi

HERMÉTIQUEMUrr CLOS.

On sait que certains corps, et en particulier le sulfate de soude, ont besoin du contact do Tair libre pour cristalliser ; une solution saturée de ce sel , déposée sous une cloche, reste intacte ; et ce n*est qu'au moment oîi on lève cello-ci, pour laisser le vase en contact avecTatmosphère, que les cristaux se forment subitement. Schroeder a tout récemment constaté que Tair qui a traversé un tube rempli de coton, empoche la ciistailisation de ce même sulfate de soude (1). Et M. Tabbé Moigno se demande comment expliquer ces faits étrangers (2).

Il est étonnant, que Ton ne se soit jamais adressé une semblable question relativement à la stérilité de diverses expériences hélérogéniques , exécutées à vaisseaux hermétiquement fermés. Nos adversaires voient un sel quiVs'il n'est mis à ciel ouvert, refuse de prendre ses formes cristallines; et eux, ils exigent que des organismes d'une texture bien autrement complexe, se forment cependant sans entrave, quand on ne leur apporte que de l'air calciné dans un fourneau de coupelle ou lavé dans de l'acide sulfurique concentré. Ils veulent que les plus frêles animalcules de la création résistent

la même colle et en même épaisseur est placée dans un Tase en porcelaine et n'oCTre pas encore la moindre végétation.

(1) ScHROBOBR, Cosmos. Revuê encyelopidique. Parla, 1850, p. 540.

(2) L'dbbé MoiGHO, Cosmos. Paris, 1859, p. 640.

EXPÈRRIfCXS SCH LES VÉGÉTAUX. 613

constamment à Tair méphitique ou aux acides qui se forment durant les opérations à vaisseaux clos I ' Nous le demandons^ cst-il rationnel de prétendre que la genèse d'un être vivant doive exiger moins de précautions que n'en réclame la formation d'un cristal 7 El cependant, nous pouvons dire que parfois la Monade et le Vibrion sont moins exigeants que le sulfate de soude. En efiet, toujours nous les voyons apparaître dans les vaisseaux hermétiquement fermés, et presque toujours aussi dans ceux qui ont reçu de l'air calciné, ou de l'air tamisé à travers de l'acide sulfurique. L'avantage expérimental est donc ici à l'organisme.

La stérilité des appareils, observée dans certaines circonstances, dépend si peu des germes que l'on prétend enlever à l'air, soit en le brûlant à travers des tubes rougis, soit en le lavant dans l'acide sulfurique concentré, que maintes fois, dans des expériences comparatives, nous avons reconnu que l'eau simple paralysait la genèse tout aussi efficacement que le terrible acide, si longtemps représenté comme dévorant au passage les germes organiques.

Il est si peu besoin de tourmenter l'air avec tant de violence pour paralyser son action sur les corps fermentescibles, que quelques chimistes ont cru qu'il suffisait seulement de le tamiser à travers du coton cardé et qu'alors les substances putrescibles renfermées dans les vases ne subissaient aucune altération (1). Nous, nous avons reconnu, dans d'autres

(1) ScBROEDER et Tb. V. DvscB^ ÀtmaL der Chem* u, Pharm,

i6i4 ' HÉTÉROfiÉNn.

expériences, qu^il suffisait parfois de 'le faire Bitnplement passer à travers de l'eau pour ol^tenir le même résultat, et voir ensuite de rurine, de la colle, ou de l'albumine, se conserver deux mois à une température de i5% tandis que les critériums exposés àl'mr ^étaient remplis d'une végétation cryptogâmique au bout de cinqt à «ix jours ( 1 ) .

t. LXXXIXy p. 232. — Gerhardt^ Traité de chimie organique, Paris^ (836, t. IV, p. 544.

({) ExpÉAiBNCE. Dans un appareil à simple rebtrée'dlBlir et dont les boules de Liabig contenaient de Teati, on remplit le tiers du ballon de colle de farine légère, que Ton y tint quinze minutes enébullillon à l'aide d*une lampe (pi. ni, iSg. 8). Celle-ci éteinte, Tair rentra dans Tappareii en traversant l'eau peu à peu. L'ap- 4Mireil-fut abandonné deux mois à une tempét^ture tnoye&ne de 14- degrés, et pas la moindre moisissure ne se déclara à la surftM^e delà colle durant tout ce temps. Au contraire un critérium, placé ' S côté, et en contact avec l'atmosphère, avait au bout de cinq -jotirs toute sa surface edvfeihie par des champIgnûfns.-^En^ÉRiENCB COMPARATIVE. Une expérience entreprise le même jour et daas les mêmes conditions, . mais dans laquelle l'air est introduit dans l'appareil en traversant des boules de Liebig remplies d'acide sul- •fttfique, dbnha absolumôtit les^mômes résultats (pi. m, Ûg. 8). — £spBBiBNGB. Dans notre appareil à eimple rentrée d'air *(pl. m, fig. 8), et dont les boules étaient remplies d'eau, on mit 1^75 grammes d'urine humaine, et on Ty tint en ébuUition pendant Ud quart d'heure. Ensuite, Tair rentra en traversant l'eau, et ^'appareil fut abandonné sous l'inflaedce d'une ^températtire mpyennede 12 dfigifé& Deux- mois après, l'urine était encore parfaitement limpide et pas la moindre moisissure nes'était d iclarée 'à sa surface. Un critérium placé a côté, au bout de huit jours était énvsrhi pstr une abbndttnte végétation cryptogdmiqUe. — ■BtPAtiBNQB ooMFàRAinvB. Une «expérience >e6t laite le >mênie Jo«r et absolument daus les mêmes circonstances, seulement l'air ne rentre dans l'appareil qu'en traversant des boules remplies d'acide sulfurique. Le résultat est absolument le même que dans Texpé- )^{ence précédente, l'urine est intacte.

BXPÉHtENCXS 8im LB9 VÉGÉTAUX. 61 5

Mais hfttons-nous de dire que ce phénomène n'a pa^ toujours lieu ; et que si l'on se sert de mélanges propices, on a beau calciner l'air, ou le tamiser ^ travers de l'acide sulfurique on de l'eau, la fermentation n'en a pas moins lieu, et au bout d'un certain temps on voit se produire des champignons et des •animalcules dans les appareils.

Jusqu'à ce moment, avec l'appareil de Scfaultze, à courant d'^ir, j'ai lotijotir^ obtenu une végétation cryptogàmique en employant de la colle de farine, longtemps bouillie dans le ballon même. Cette végétation apparaissait de huit à Tingt-cinq jours après le commencement de l'expérience, à une température moyenne de 20* (pi. ni, fig. 2).

Avec mes appareilg à simple rentrée d'air, quand ' Te^périence est bien conduite, et que l'air est rentré en traversant un de mes doubles tubes laveurs, rempli d'acide sulfurique, dans la plupart des cas, j'obtiens une végétation (^yptogamique on ne peut plus splendide (pi. m, fig. 6)« Je dis dans la plupart des cas, parce que, dans ces expériences, que j'ai rendues ainsi beaucoup plus rigoureuses que celles de l^hultze, l'air du ballon n'étant nullement renouvelé, il en résulte que les phénomènes' cataly tiques sont sensiblement retardés, amoindris ou même parfois paralysés absolument. Cependant lorsque Ton conduit bien l'expérience, soit en ajoutant à la colle un sel ammoniacal, ou Aei fragments de bois qui la surnagent, au bout d'un temps fort court, souvent seulement dix jours, si la température s'élève à 25*, on a, dans presque toutes les expériences, une végétation

616 BÈTÉROOÉRIB.

cryptogamique, dont Taspect varie h chaque tentative. Ainsi donc, Texpérience de Schullze, que je rends avec mes appareils trente fois plus rigoureuse^ puisque j*y fais rentrer (rente fois moins d'air, vieat elle-m6me contester en faveur de Thélérogénie.

Expériences. — Axiome : Les semences des Mucorinées ne résistent pas, durant un quart d'heure, à la température de Teau en ébuililion; la colle abandonnée à Tair libre se couvre de ces champignons en quatre à cinq jours, à la température do iù". Expérience. — Dans un de mes ballons à simple rentrée d'air, on fit bouillir dans de l'eau, pendant une heure, deux petils morceaux de bois de tilleul; ensuite on jeta le liquide et on introduisit de la colle de farine bouillante dans l'appareil (pi. iii, fig. 6). Alors on ferma celui-ci à l'aide d'un double tube laveur rempli d'acide sulfurique ; et la colle, qui occupait le quart du ballon, fut tenue en ébullition, à l'aide dune lampe, pendant un quart d'heure. Ensuite, lair rentra en traversant l'acide, et l'appareil fut abandonné. Quinze jours après, à une température moyenne de 23*, et à une pression de 0,755, la surface des deux morceaux de bois était couverte de six ilôts de pénicilliums d'un centimètre de diamètre. Corollaire. — La végétation obtenue, dans ce cas, est évidemment un produit génésique spontané, puisque l'ébullition a été plus que sufRsanlc pour détruire tous les germes de pénicilliums que Tappareil pouvait contenir. Et ceux-ci ne peuvent avoir été introduits du dehors, puisque l'acide sulfurique a dû les détruire au passage. Et d'ailleurs, comme la végétation du ballon

AxPtRIBNCBS SUR LES VÉGÉTAUX. 617

n'est apparue qu'après quinze jours, ce ne sont pas des germes du dehors qui l'ont produite, car sans cela Tappareil en eût été envahi au bout de cinq jours au plus, la colle exposée à Tair en étant toujours couverte avant ce temps. Ces pénicilliums ne peuvent donc avoir eu une autre origine que Thélérogénie.

Cette expérience a été répétée par nous plus de vingt fois. On en active encore les résultats en ajoutant du phosphate d*ammoniaque dans Tappareil, ou delà poudre de noix de galle.

On a fait remarquer que diverses substances, et en particulier le lait, se putréfient tout aussi bien dans Tair tamisé qu'à l'air libre ; mais que, dans le premier cas, on n*y remarquait aucun animalcule, ni aucune végétation cryptogamique (I). D'après cela, Charles Gerhardt conclut que si l'air calciné ou tamisé paralyse absolument la production des infusoires et des moisissures, c'est que la chaleur rouge et le tamisage enlèvent à ce fluide les germes qu'il contient, ainsi que les détritus organiques qui s'y trouvent en suspension, et dont il regarde l'ensemble comme des ferments, dont Ténergie aurait les effets de Toxygène de l'air (i). Mais nous n'avons pas besoin de réfuter tout cela, puisque des centaines d'expériences prouvent que Tair tamisé dans de l'acide sulfurique n'arrête pas la production de la v^étalion cryptogamique.

(OH. ScBROEDER ct Th. V. DoscH, ^fin. derChem, ti. Pharm. t. LXXXIX, p. 232.— Geroabdt^ Traité de chimie organique, Paris, 1856, t. IV, p. 341.

(2) Ch. Gbaaabdt, Trudti de chimie organique. Paris, 1854» t. IV, p. 545.

.618 ^ IfifimËROGÉNOL

Ainsi que le rappelle Ch. Gerh)Burdt, les légumes les >plus sujets à s'altérer, enfermés dans des vases aux-* -^quels on a fait subir la température de l'ébullHion, et que l'on a ensuite hermétiquement fermés, se conservent sans se putr^er . — Ce chimiste rapporte qu'après quinze ans, on les retrouve ayant la même fraîcheur et le même goût que précédemment (1). Mais cependant, dans ce cas, on ii*a pas tamisé l'air lors de isa rentréel

M. a. Bernard a considéré, comme une expérience contraire à l'hétérogénie, un cas dans lequel il ne se développa aucun produit organique, en l'espace de six mois, dans un ballon contenant de Veau et une trèsrlégère quantité de gélatine et de sucre, et dans kquel, après une ébuUition de vingt minutes, l'air ne rentra qu'en traversant un tube rempli de morceaux de por- .eelaine rougis au feu* Ce ballon, dont le col était effilé, fut ensuite fermé à l'aide de- la lampe d'émail- Jeur (2).

La valeur de l'expérience de M* Cl. Bernard peut •être absolument contestée en une seule ligne : il ne â'agit que de rappeler qu'elle a été réfutée À l'avance, et complètement, par des expériences de précision dues à d'Ingen-hoqsz; En effet, ce physicien a vu de la •matière verte se développer dans des vases dont l'eau

(1) Ch. Gerhardt, Traité de chimie organique.Paiis, 1856, t. IV^ 1^.638. .

.r (2);Clai}db BsaiiABD > Leçons sur les propriétés physioh^ques et les altérations pathologiques des liquides de l'organisme. Paris, 1659, t. I, p. 488. *- Comptes rendus de l'Académie des sciences, 1859, t. XLVIII, p. 33.

et Tair avaient plusieurs fins traversé des tubes rougis au feu {\). C'est là, comme on le voit, une épreuve bien autrement sérieuse encore pour les éléments employés à Ja démonstration (2).

Si Tautorité des faits empruntés à Ingen-housz en

- parlaient pas avec assez d'éloquence , Texpérience de

-M. <C1. Bernard pourrait aussi donner lieu & d'im-

'mêmes commentaires. Nous pourrions dire qu'un cas

unique n'a que sa propre valeur, et qu'à lui seul il

• ne peut renverser une masse d'observations qu'on

peut \vi opposer. Si cette seule tentative a suffi à

M. CL Bemard.pour le ranger parmi les adversaires

de rhétérogénie, des physiologistes illustres, tels que

Tiedemann, Tréviranus, Burdach et Bérard, en sont

devenus de fervents adeptes, en s'appuyant sur des

expériences sans nombre. Mais allons droit au but.

L'expérience de M. Cl. Bernard est absolument analogue à celle de Sch^ann. Mais en l'exposant au sein de l'Académie, ce physiologiste a lui-même anéanti la portée qu'il prétendait lui donner. Il a avoué que dans son ballon il ne s'était produit aucune fer- ■mentation (3). Je pourrais, si je n*avais de meilleures 'raisons à lui alléguer, dire à ce savant ce que d'autres

(1) Pour tous les naturalisles la matière yerte est au moins un végétal. Pour nous et plusieurs autres soologistes^ elle n'est composée que de cadavres de quelques espèces d'animalcules du genre Euglena.

(2) Comp. Ingen-housz^ Expériences êur les végitauœ, Paris, 17a7. •^ Expériences et observations sur divers objets de physique. — Raspail, Noiàveau système de physiologie végétale. Paris, 1837, t. Il, p. 319.

, (3) Cl. Bernard, Comptes-rendus de V Académie des sciences.

020 HÉTÈROGimi.

déjà lui ont dit avant moi : c'est que son expérience prouve tout simplement que Tair calciné, à Taide de la chaleur rouge, n*est plus apte à entretenir la vie.

En effet, les appareils remplis d*air calciné, et fermés & la lampe, offrent tous de grands obstacles à la vie organique, et il n'est nullement étonnant que celle-ci ne s*y montre que si rarement. Cela est tellement vrai, que si on parvenait à introduire dans leur intérieur des plantes et des animaux vivants, ils y périraient assurément en un temps fort court. M. Cl. Bernard nous le révèle lui-même en rapportant que lorsque Ton ouvrit son ballon , Tair y avait été considérablement raréfié; qu'il ne contaiaii plus au^ cune trace d'oxygène^ et qu'on y rencontrait plus de douze centièmes d'acide carbonique (1). Je ne pense pas qu'aucun physiologiste oserait prétendre qu'un animal puisse vivre dans de telles conditions. J'ai même vu des végétaux inférieurs périr dans des circonstances moins rigoureuses, lorsque je les enfermais simplement dans des ballons contenant de l'air (2).

Ce qu'il y a de certain, c'est que Pair calciné paralyse les phénomènes de catalyse. M. Cl. Bernard luimême nous le révèle (3j. Or, tous les hétérogénistes

(i) Cl. Bernard, Leçons sur les liquides de l'organisme, t. Ij p. 400. — Il est vrai que dans un baliun où l'oxygène manquait U y avait des cryptogames. Mais M. Claude Bernard ne dit pas dam quel étal celles ci étaient lorsqu'il ouvrit le ballon.

(2) C'éluient dos pénicilliums; en un ou deux mois ils périssaient, renfermés dans uue asses vasle atmosphère, où ils végétaient très-bien précédemment.

(3) Cl. BLa.\Aao, Académie des sciences, 1850, 1. XLYllI, p. 33.

considérèrent ceux-ci comme d'indispensables préliminaires à toute production spontanée; et Ton veut ici qu'un phénomène secondaire se produise avant que Ton ait vu apparaître ses prémices. Est-ce rationnel?

En effet, la formation des animalcules, ainsi que le dit Yalenlin, est manifeslement accompagnée d'un changement chimique de Feau et de la substance mise en infusion (1): Gruithuiscn la considère comme une fermentation spéciale, mais qui peut en même temps coïncider avec des phénomènes de catalyse normaux (2). Tout cela est fort exact, et nous explique pourquoi, dans certaines expériences, nous n'obtenons pas de résultats positifs. Ce savant ajoute, avec non moins de raison, que le premier changement que Ton observe est un dégagement de bulles de gaz; et que, s'il vient à manquer, on n'obtient que peu ou point d'infusoires. C'est ce dégagement qui ne s'observe pas dans les vases hermétiquement fermés, lorsque l'expé* rience manque; et ceci vient attester que l'air chauffé au rouge et qui est trop raréfié, ou celui qui est trop dense, s'oppose aux phénomènes chimiques préliminaires. Voici pourquoi les vaisseaux fermés à la lampe, à cause des pressions et des raréfactions diverses que subissent les gaz et les liquides, sont fréquemment improductifs.

Quelques savants ont prétendu que dans quelquesnnes de nos expériences, où les substances employées

(1) VALCimN, Addition au Traité de phygiologie de Burdack^ t. H, p. 122.

(2) Gruithoisbh, Beitràge 2ur Physio§no9ie, p. lOS-i 16.

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n'avaient subi qu'une température de 100% ceUe*ci n'avait pas été suffisante pour tuer tpus les gennes organisés que ces substances pouvaient contenir» Ils se sont appuyés à ce sujet sur les assertions de M. Doyère qui prétend que certains animalcules, lesTardigrades^ peuvent supporter sans périr une température de 120* et même de 140^(1).

Relativement à nos expériences, l'objection n'aurait même pas dû nous être faite, puisqu'elles étaient ac* compagnées de preuves constatant que les sèminules des végétaux produits dans nos appareils subissaient une véritable désorganisation sous l'influence de cette même température. Et, d*un autre côté, on a pu voir dans ce livre, que souvent nous avons soumis les substances à une chaleur beaucoup plus élevée que celle à' laquelle, sur une observation inexacte, on a exagéré la limite de la vitalité. Nous avons souvent obtenu des animalcules et des végétaux avec des corps chauffés de 200 à 300"* centigrades, ce qui prouvait évidemment qu'ils ne pou valent provenir de germes cachés dans les appareils ou dans les substances que l'on y employait.

Mais, par une étrange inattention, les savants qui prétendaient que les germes résistent à 100 degrés, oubliaient en professant une telle doctrine, qu'ils anéantissaient eux-mêmes les deux expériences qu'ils peuvent presque seules opposer aux hétérogénistes. En effet, les tentatives de Schultze, de Schwann et de

^(0 DoTÉRB^ Annales dês soiénoes naturelles, Paris, i84f. — Gi>mp. aussi Milne Edwards, Comptes rendus de VAcad. des sciences. Paris, i859, t. XLVUI, p. 28.

M. Cl. Bernard deviennent absolument nulles, dès que Ton proclame ce principe. Celte température n'ayant pas été dépassée à l'intérieur de leurs appareils^ il en résulte que. quelques germes anhydres, collés à leurs parois^ auront pu y résister sous cette forme ; et que, bientôt après, sous l'influence de Thumidîté qui règne dans les ballons et de l'eau qui ruisselle contre leurs parois, ces germes auront dû reprendre vie. Et alors, il est bien extraordinaire que, dans les expériences des* savants qui viennent d'être cités, les appareils aient été. trouvés absolument dénués de végétation et d'animal- . cules. Dans tout ce que je viens de dire, on voit quej'abonde dans l'hypothèse de l'incommensurable dis-* sémination, soutenue par nos adversaires.euxHOièmes ;• car j'espère que, lorsqu*ils opèrent, ils ne dispersent pas le nuage de germes atomiques dont ils nous envi* . ronnent , nous, si splendidement , dans nos laboratoires. Pour nous , aucun germe ne conserve sa vitalité lorsqu'on le soumet à la température de 100 degrés soit humide, soit sèche. Nous avons fait un nombre considérable d'expériences sur ce sujet. Et dans cel-^i les-ci, nous avons toujours vu soit les séminules de cryptogame, soit les germes des animalcules être abrsolument tués' et ordinairement même désorganisés) par Tefifet de cette température. M. Cl. Bernard convient lui-même, qu'aucun des germer organiques connus ne résiste à une température humide de 100 degrés (1). Un semblable aveu nous suffit pour sauvegarder la plupart de nos expériences.

(1) Cl. Bernard, Leçons sur les propriétés physiologiques et U$

sa HÈTÉftOGÉRIB.

L'expérience de M. Doyère n'est pour nous qu'une erreur, que propagent des physiologisles qui ne l'ont point répétée en lui donnant toute la rigueur désirable, ou quelques naturalistes amis du merveilleux.

Expérience. — Ayant recueilli, dans les gouttières de la cathédrale de Rouen, de la mousse remplie de Tardigrades et de myriades de Rotifères des toits, nous avons divisé celle-ci parpctits fragments aGn d'obtenir une dessiccation plus parfaite de la terre entremêlée auxracines.Cette terre a été exposée pendant deux mois au soleil d'été, et lorsqu'elle était depuis longtemps parfaitement sèche, nous en avons placé dix grammes dans un long tube mince qui plongeait sous de l'eau en ébuUition. Toutes les précautions furent prises pour que nulle trace de vapeur ne pénétrât à l'intérieur de nos tubes. Ceux-ci furent tenus une heure sous l'eau bouillante. Après ce laps de temps, jamais dans nos expériences nous n avons vu un seul Tardigrade revenir à la vie (1).

Cette expérience que nous avons répétée quatre fois a été reprise et refaite avec une attention scrupuleuse par deux de mes plus distingués élèves, par MM. Tinel, professeur de physiologie, et Pennetier, aide naturaliste, et elle a eu, dans leurs mains, le

aUiraîionê pathologiques des fluides de Vorgarnsme. Paris^ 4859, t. \, p. 488.

(1) En essayant aussi de répéter sur cet animal les fameuses expériences de reviviQcalion, jamais, malgré toutes les précautions, nous n'avons pu en ressusciter un seul quinze minutes après qu'il était desséché sous Tinlluence d'une température de iO degrés.

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