GENÈSE SPOMTANÉB DE LA LEVURE. 62S
même résultat que dans les miennes': les Tardigrades n'ont pas résisté à 100 degrés (1).
M. Doyèrea réclamé, en vain, contre les résultats obtenus par ces deux expérimentateurs, en prétendant qu'ils n'avaient pas fait suffisamment dessécher les Tardi^adés qu'ils employaient (2) ; c'est une alléga* tion tout à fait gratuite. Les animalcules étaient depuis deux mois à sec et exposés au soleil, quand il en faisait. M. Doyère aura tout simplement apprécié la température de ses appareils avec cette légère exagération que Ton remarque dans sa correspondance, où sans la moindre hésitation, il fait régner en France une température qui dépasse celle du Sé« négal(3).
BECTION III. — GEltÊSE SPOKTANÉE DE LA LEVURE.
La levure qui se produit en si grande quantité dans certains liquides en fermenlalion, offre encore aux partisans de l'hétérogénie un argument de la plus haute valeur, depuis qu'il a été évidemment démontré que celle-ci n'est qu'un végétal microscopique. Cagniard-Latour, Turpin, Schwann et Milscherlich l'avaient d'abord considérée comme un champignon (4);
(f)TiMEL, Journal V Union médicale, mai 1859. — Penretiïr, Journal l'Ami des sciences , avril 1859, et le Progrès, mai 1859.
(2) DoTÈRE, Comptes rendw de l'Acùdémie des sciences, mai
(3) M. Doyère dit que les iardigrades supportent cent jours de Tannée, sur nos toits, une température de 80 degrés. Progrès, mai 1859. — Adanson dit que la plus forte température qu'il ait observée au Sénégal était de 60 degrés. Toya^e au Sénégal, p. 26.
(4) Cagnurd-Latodr , ^nn. de c^im»> et de physique, t. LXVHI,
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mais elle a été placée avec plus de raison parmi les algues par Rutzing, d*abord, et ensuite par M. Ch. Robin (1).
L'algue de la levure de bière, qui a été décrite sous le nom de cryptococcus cerevisiœ par Kutzing, et aussi sous celui de C, fermerUum (2), se compose de vésicules microscopiques, ordinairement ovoïdes ou globuleuses, dont le diamètre varie de 0,004 à 0,007 de millimètres. Parmi ces vésicules, celles qui sont les plus volumineuses, offrent une teinte d* un jaune clair, et Ton voit vers le milieu de chacune d'elles, une autre vésicule fort apparente et qui semble occupée par un liquide d'une teinte d'un rose pâle (pi. iij, fig.iS).
Quelques savants, à l'exemple de Gh. Gerhardt, ont pensé que les vésicules de l'algue de la levure se multipliaient à l'aide d'une sorte de bourgeonnement (3). En effet, quand on les examine au microscope pendant la fermentation, c'est-à-dire, pendant l'instant ou la levure se forme, on rencontre une foule de vésicules sur lesquelles il en existe d'autres beaucoup plus petites, qui leur sont accolées; ou bien on découvre des vésicules qui sont réunies en courts cba-
p. 206.— TuRPiïf, Mémoire» de l'institut, t. XVII, p. 93.— Schwaiw, Ann. de Poggend. t. XL1, p. 184. — Mitschuilich, Ann. der Chim. u. Pharm., t. XLVUI, p. «93.
(0 KuTZiifG, Species algarum, Lipsœ , 1849. — Gh. Robin, Bis^ toire naturelUdes végétaux parasites. Paris, 1853, p. 322.
(2) KuTziNG, Phycologia generalis, p. 48.
(3) Gerhardt, Traité de chimie organique. Paris, 1856, t. IV, p. 542. La levure, dit-il, semble se développer comme le ferait une série de générations d'êtres organisés.
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