‹ Hétérogénie;Chapitre 39 sur 49 · GENÈSE SPONTANÉE DE LA LEVURE · texte numérisé non relu

GENÈSE SPONTANÉE DE LA LEVURE

f-n pelets de quatre à cinq individus au plus, et qui

r)l' semblent avoir une origine commune (pi. n, fig. 14).

Mais, quoique cette opinion soit fort accréditée, nous ne pouvons cependant pas F adopter. Il est vrai qu'au premier aspect, il semble que les petites vésicules adhèrent aux autres, et n'en sont qu'une sorte de bourgeonnement. Mais, en y réfléchissant, nous pensons que cela n'est pas, et que chaque vésicule de Cryptococcus naît isolément. Si on en rencontre tant d'accolées ensemble au moment de leur production, ce qui n'a pas lieu loi*squ'elles sont adultes, c'est qu'à ce moment, sans doute, leur superficie devient glutinause et qu'alors, chaque fois que des vésicules se trouvent en contact, elles se soudent, ou plutôt s'accolent temporairement, comme le font certains grains de pollen, que Ton observe sous l'eau ou à sec au microscope.

Ce qui confirme notre opinion sur la genèse de la levure, c'est d'abord que celle-ci se forme parfois dans des milieux où il n'en existait nullement, et que, par conséquent, elle ne peut y trou ver aucune souche maternelle. Plusieurs autres raisons d'une grande valeur, s^ajoutent encore à celle-ci. L'une des plus démonstratives, est qu'en même temps que l'on voit de petites vésicules adhérer à de fausses vésicules-mères, on en voit de plus petites, en nombre immense, nager en liberté dans le liquide. Si le bourgeonnement était le mode de reproduction, le nouvel individu . formé ne se détacherait de celui qui le produit, que lorsqu'il aurait acquis un certain volume, et Ton ne rencontrerait pas, isolés, de nombreux sujets plus pe-

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lits que ceux qui adhèrent encore à la souche maternelle. Souvent aussi on rencontre encore adhérents des individus presque adultes. Enfin, une raison qui nous parait aussi d'une grande valeur, c'est que trèsfréquemment on trouve deux vésicules de levure, parfaitement adultes, entre lesquelles il existe une vésicule toute jeune. Le bourgeonnement ne pourrait pas donner une rationnelle explicalion de ce fait. Là petite vésicule ne peut pas procéder des deux autres à la fois; et, toute jeune encore, si elle n'était que la progéniture de Tune d'elles, elle n'aurait pas pu engendrer une vésicule plus grosse qu'elle, et qui a déjà acquis tout son volume normal (pi. ii, fig. 14).

L'algue de la levure a si bien son origine dans les réactions chimiques, qu'on la découvre parfois à l'intérieur des organes de l'homme et des animaux, sans qu'on puisse supposer qu'elle y ait été introduite par l'alimentation. M. Gruby l'a rencontrée dans l'estomac d'un malade, après un jeûne de dix-huit heures (1). Bennett, Vogel et Robin l'ont observée, soit dans les vomissements, soit dans les déjections de divers individus (2). llmoni, Bennett et Yogel, ont même rencontré l'algue de la levure de bière dans les' urines de

(1) Gkubt, Note «tir des plantes cryptogames, se développant en grande masse dans l'estomac. Comptes rendus de V Académie des scienûes, «844, t. XVIU, p. 586.

(2) BsNNBrr, LeetHtes on dinical médecine. Edinburgh, 1864, p. 213. — VoGEi, Anatomie pathologique générale. Paris, 4848, p. 387. —Robin, Histoire naturelle des végétaux parasites, etc. Paris, 4853, p. 325. — Le premier observa de la levure dans les vomissements des cholériques.

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quelques raalades (1). Sans doute que dans cette dernière circonstance on n'en reportera pas l'origine à l'air atmosphérique, et que l'on reconnaîtra que sa genèse n*a pu dériver que des phénomènes de réaction qui se sont produits dans le liquide sécrété par les reins.

Quoiqu'une très-petite quantité de cryptococctis cerevisiœ accroisse énormément la production des nouvelles vésicules de levure, dans une liqueur en fermentation, ainsi que l'a dit M. Charles Robin, c'est à tort que l'on a cru que l'existence préalable de cette algue était nécessaire pour que ce phénomène chimique commençât (2). En effet, la fermentation prélude à son développement, mais ce n'est pas le végétal microscopique qui la détermine.

Une expérience que j'ai instituée donne à ce fait toute l'évidence possible, et, en même temps, avec une immense simplicité, constate la genèse spontanée de la levure.

ExpÉaiE!vcE. Axiomes. La levure est un végétal. La température de 100'', d'après M. Cl. Bernard luimême, suffit, par la voie humide, pour détruire radicalement tous les germes organisés (3). La levure elle-même, comme nous lavons constaté, n'y résiste pas. Expérience. On plongea un flacon, bouchant à

(1) iLMOKiy Mémoire de la troisième assemblée des ncUuralistes Scandinaves à Stockholm, i842. — Benhett, Lectures on clinical médecine. Edinburgh, i851. — Cela a particulièrement été ob« serve dans rurine de quelques diabétiques.

(2) Ch. Robin, Des fermentations, Pàt% 1847.

(3) Cl., Bernard^ Leçons sur les propriétés physiologiques des liquides de l'organisme. Paris, i859, t. 1, p. 488.

rémcri, au fond d*une cuve de décoction d^orge germée, enébullilion depuis six heures ; là il.fut totalement rempli de celte décoction, et on le ramena vers sa surface où il fut bouché avant d'en sortir. Ensuite, par excès de précaution, la circonférence de l'ouverture de ce flacon, fut enduite d'un lut composé de vernis à la copale et de vermillon , et Ton eut la certitude que le vase était hermétiquement fermé. Au bout de six jours, dont la température moyenne fut de 18<>, Ton vit se former un léger dépôt de levure au fond du flacon. Le septième, la température s'étant élevée tout à coup à 27<> dans le laboratoire, ce flacon se brisa avec un grand bruit, et toute sa voûte fut jetée à quelques pouces de distance. Alors on reconnut , à la simple vue , qu'il s'était formé une quantité notable de levure dans le liquide en expérience, et le microscope donna à ce fait une irrécusable démonstration. — Corollaire. Or, comme il est bien démontré que la levure est une algue microscopique; comme il est bien démontré aussi que ses gernxes, si elle en possède, ne résistent pas à la température à laquelle le liquide a été soumis pendant six heures; enfin, comme le vase ne contenait pas une parcelle d'air atmosphérique, et qu'en volant en éclats il a prouvé qu'il était hermétiquement fermé, il faut absolument que, dans ce cas, l'algue de la levure se soit formée spontanément.

Comment, sans invoquer l'hétérogénie, explique* rail-on la production de ce végétal? Ira-t-on dire aujourd'hui que notre atmosphère est saturée de germes de levure T Mais cette puérile objection tant

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