‹ Hétérogénie: ou traité de la génération spontanéeChapitre 25 sur 56 · DÉVELOPPEMENT SPONTANÉ DES M I CR OZO AIRES · texte numérisé non relu

DÉVELOPPEMENT SPONTANÉ DES M I CR OZO AIRES

de ce qu'ils comparent les résultats génésiques et non leur point initial.

Cependant, secouant tout scrupule, il en est qui ne craignent pas d'admettre que les Tnfusoires peuvent dériver de l'hétérogénie, parce qu'ils ne voient en eux qu'une ébauche de l'animalité; mais ils se scandalisent à la pensée qu'un oiseau ou un mammifère ait jamais pu surgir de la même source.

Toute dissidence disparaîtrait si ces savants se reportaient à l'origine des choses. Us y verraient , en effet, que là l'animal le plus complexe se confond absolument avec le plus simple Protozoaire ; et ils reconnaîtraient que l'un et l'autre ne sont d'abord formés que par quelques rares molécules organiques, composant là un ovule presque imperceptible.

11 faut essentiellement se persuader que les molécules organiques qui se groupent spontanément, à un moment donné, soit dans l'ovaire des animaux, soit dans la pellicule proligère des infusions, sont soumises aux mêmes lois génésiques. Dans la génération spontanée, il se forme une enveloppe adventive comme dans la génération ovarique. Seulement, dans la première on la nomme kyste, et dans la seconde, membrane vitelline ; mais c'est la même chose. C'est un œuf qui, dans le premier de ses modes, continue son évolution sans fécondation, et qui, dans le second, ne peut ordinairement le faire. Je dis ordinairement, car dans quelques cas la fécondation peut manquer.

Si, dans nos expériences, c'est au contact de corps divers que se développent les Proto- organismes, il ne faut pas croire que la raison de leur apparition est ab-

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solument sous l'influence des affinités ; ce serait rabaisser la création au niveau d'une attraction chimique. Non, la cause intime de la vie, cette force initiale qui en groupe le canevas, est cet esprit que Bremser considère comme le régulateur de tous les actes biologiques (1).

« La cause principale de la vie est placée dans ce que j'ai nommé l'esprit , et que l'on pourra appeler x si l'on veut ; mais qui est tout à fait différente du mélange des substances, et par lequel ce mélange devient vivant. Si la vie n'était que le produit d'un certain mélange proportionné des substances, le chimiste, après avoir décomposé un corps organisé, pourrait redonner à ce dernier sa structure primitive ; mais c'est ce que ne peut faire le chimiste, par la raison qu'il n'est pas maître de l'esprit. »

Lorsque M. de Humboldt lui-même écrit les lignes suivantes , ne semble-t-il pas se douter des phénomènes que vont révéler les générations spontanées : « La vie est répandue partout ; la force organique travaille continuellement à rattacher à de nouvelles formes les éléments séparés par la mort ; mais cette richesse d'êtres organisés et leur renouvellement diffèrent suivant les climats (2).

La répugnance avec laquelle certains savants repoussent toute idée de génération spontanée, provient aussi de leurs fausses notions physiologiques. Ils ne

(!) Bremser, Traité zoologique et physiologique des vers intestinaux. Paris, 1837, p. 87.

(2) A. de Humboldt, Tableaux de la nature. Paris, 1828, t. Il, p. 13.

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