ANAT0MIE DES MICROZOAIRES
stantanément du fluide sanguin , mais cependant les contractions n'ont lieu que toutes les sept à dix secondes, à la température de 20 degrés centigrades.
Récemment, dans leur Traité d'anatomie comparée, Siebold et Stannius ont confirmé ce que nous avions découvert, et ils y considèrent aussi les vésicules contractiles des Microzoaires comme des ébauches d'organes circulatoires (i).
Enfin, chez toutes les Vorticelles , il existe un sac parfois fort apparent, situé du côté opposé à la vésicule cardiaque, et qui s'étend dans presque toute la longueur de ces animalcules. L'intérieur de ce sac présente des mouvements moléculaires très-apparents, qui paraissent évidemment dus à la présence de cils vibratiles. Parfois ce sac se contracte d'avant en arrière, et semble transporter dans cette direction une masse en mouvement, très-distincte des vésicules stomacales qu'elle refoule. Ce sac est, selon nous, l'organe respiratoire de ces animaux, formé chez eux d'une simple cavité branchiale dont la surface est couverte de cils, comme les branchies de certains Mollusques. Ses mouvements sont ce qui en a imposé à certains micrographes , soit en leur faisant croire qu'il se creusait des vacuoles dans le tissu, comme l'a professé M. Dujardin, soit en leur faisant admettre qu'il existe chez les Microzoaires une espèce de circulation de granules, semblable à celle que l'on observe sur certains végétaux, ainsi que Ta avancé M. Meyen.
(1) Siebold et Stanmus, Manuel d'anatomie comparée. Paris, 1850, t. I, p. 19.
420 nÉTÉROGÉNIE.
Lorsque j'eus terminé ces observations sur l'organisation des Infusoires, je demeurai parfaitement convaincu que ceux-ci possédaient une structure anatomique assez complexe : mais, désirant enfin réfuter, sans réplique, les assertions des savants qui professent des doctrines toutes différentes , je sentis qu'il n'y avait qu'un seul moyen pour obtenir ce résultat, c'était d'observer le développement de ces animaux, et de reconnaître , sous les enveloppes de l'embryon , l'existence et les mouvements de la vésicule cardiaque, comme je les avais souvent aperçus dans les œufs de beaucoup de Mollusques. Mes recherches ayant été couronnées de succès, alors elles ne me laissèrent aucun doute.
Sur des œufs spontanés de Vorticelles, dont les animalcules étaient à la veille de sortir de leur coque, j'ai reconnu l'existence de la vésicule contractile ou cardiaque, et constaté ses mouvements. Cette vésicule était proportionnellement moins volumineuse que sur les animalcules entièrement développés, et ses pulsations moins fréquentes. Ces œufs, alprç totalement occupés par l'embryon , offraient 0,04 de millimètre, et la vésicule contractile, qui était placée vers leur centre, présentait dans son plus grand développement 0,005 de millimètre. D'après ce qui précède, la vésicule contractile ne peut donc être assimilée qu'à un cœur. On la voit déjà se manifester comme le punctum saliens des embryons ovipares. D'après cela aussi, on ne peut plus considérer les vésicules contractiles comme appartenant, soit à l'appareil génital , comme le voulait Ehrenberg , soit
ANAT0M1E DES M1CROZOAIRES.
à l'appareil respiratoire, comme le professait Spallanzani. En effet, l'opinion de ces deux savants ne peut nullement résister à l'examen.
Si, avec l'illustre zoologiste de Berlin, on prétendait que la vésicule cardiaque appartient à l'appareil génital mâle, dont elle représenterait une vésicule séminale, et que ses contractions correspondent à l'émission du fluide spermatique qui la remplit; comme cette vésicule offre un volume considérable, comparativement à celui de l'animal, il en résulterait qu'en peu de minutes, souvent un Microzoaire aurait sécrété et expulsé un volume de sperme dépassant considérablement le sien, et qu'il répéterait cet acte durant tous les instants de sa vie, ce qui est totalement inadmissible. D'un autre côté aussi, il est certain que l'appareil ne peut pas être destiné à la respiration, et qu'il n'est point un appareil aquifère ; car, si réellement le fluide qu'il contient était expulsé au dehors, lors de ses contractions, on verrait , tant l'organe est volumineux, l'animalcule s'affaisser ou se contracter et diminuer sensiblement de volume , ce qui ri'a pas lieu : d'ailleurs, le fluide qu'il contient possède une couleur propre. Il faut donc que la vésicule contractile soit un organe central de circulation, qu'elle ne se vide qu'en répartissant son fluide dans d'autres régions du corps; fluide qui ne peut être luimême que le fluide sanguin. C'est un cœur.
L'investigation de tout ce qui concerne les Microzoaires présentait d'énormes obstacles à cause de leur infinie petitesse; mais, loin d'en surmonter la difficulté par de patientes observations et de ri-
422 HÉTÉROGÉME.
goureux commentaires, certains savants n'ont que trop souvent traité ce sujet avec une inconcevable légèreté.
C'est ainsi, par exemple, que, dans son chapitre consacré à l'histoire des organes digestifs des Infusoires, M. Dujardin confond la vésicule cardiaque ou contractile avec ces organes. En parlant des vésicules digestives:« Ces vésicules, dit-il, remarquables par leur extensibilité indéfinie et par leurs contractions subites, etc., etc. » D'abord, les vésicules stomacales ne sont pas susceptibles d'une extensibilité indéfinie; leur maximum d'expansion est déterminé : et , en outre, jamais elles ne se contractent subitement; c'est le cœur qui seul possède cette faculté.
Il résulte donc de mes observations sur les Infusoires :
Qu'avec M. Ehrenberg, j'admets chez eux un appareil digestif; que les vésicules contractiles des Infusoires représentent le cœur ; que les Vorticelles ont un troisième appareil vital fort apparent, qui ne peut être qu'un organe respiratoire branchial; que les embryons des Infusoires présentent aussi le phénomène de la gyration et le punctum saliens.
M. Balbiani, dans un récent travail, considère certains Microzoaires, les Paramécies, comme étant hermaphrodites , et décrit leurs ovaires et leurs spermatozoaires. Ses observations me paraissent positives (1).
(i) Balbiani, Génération sexuelle chez les Infusoires. Journal de la physiologie de l'homme et des animaux de Brwn-Sequard. Paris, 1858, p. 347.
ANATOMIE DES MICROZOAIRES. 423
Quelques physiologistes, parmi lesquels il faut compter J. Millier (1), prétendent qu'Ehrenberg, en découvrant les organes internes des Microzoaires , a rendu improbable leur production par la génération spontanée. Quoique ayant nous-méme étendu ces connaissances, cela ne nous empêche pas de regarder ceux sur lesquels nous en suivons le développement, comme n'étant le plus souvent que le produit de l'hétérogénie. Ehrenberg, tout en prétendant que les Infusoires naissent d'œufs, laisse indécise la question de savoir si ceux-ci ne sont pas eux-mêmes, en partie, le produit d'une génération spontanée (2). Nous ne demandons rien de plus.
Quoique J. Carter se soit assez longuement occupé de l'organisation des Microzoaires, nous n'avons rien emprunté à cet auteur, parce qu'il nous a paru n'avoir pas traité son sujet avec autant de précision que l'avaient fait les micrographes qui l'ont précédé , et n'avoir donné que d'inexactes figures (3).
Avant d'entamer un autre sujet, je dois réfuter de tout mon pouvoir les assertions inexactes quem'altribue M. Claparède. Il prétend que j'ai adopté les idées de sexualité des Infusoires, ainsi que l'a fait M. Nicollet (4). Je n'ai jamais écrit un seul mot, ni dans
{{) J. Muller, Physiologie. Paris, 1 845, 1. 1, p. 43.
(2) Ehheisberg-Poggendorf's, Annales 1832. Comp. R. Wagner, /*/*. 1832. p. 383. J. Muller, Manuel de physiologie. Paris, 1845, p. 14.
(3) H. J. Carter, On the organization of infusoria. The annalsand magazine of natural history.Lond., 1856, t. XVIII, p. H 5.
(4) Claparède, Recherches sur la génération des Infusoires. Mémoire présenté au concours de l'Académie des sciences.
424 HÉTÉROGÉME.
mes Mémoires sur l'organisatioo des Microzoaires, ni dans ma Zoologie , qui puisse faire supposer1 cela. Il n'y a même que bien peu de temps qu'après de longues recherches, j'ai enfin vu des œufs à l'intérieur de quelques-uns de ces animalcules. Plus loin, M.Claparède prétend aussi que j'ai cru que les Microzoaires, en sortant de l'œuf, avaient la forme qu'ils auraient plus tard. C'est tout le contraire que j'ai dit. On peut s'en convaincre en examinant la première planche de ce livre, sur laquelle j'ai représenté, il y a déjà longtemps, les métamorphoses des Kolpodes(l).
M. Claparède prétend aussi que j'ai pris le pharynx des Vorticelles pour un appareil respiratoire. Je n'ai présenté mes observations sur cet appareil qu'avec upe certaine réserve; ce n'est qu'aujourd'hui que je spis parvenu à les considérer comme exactes. Si M. Claparède voulait se reporter à toutes les figures où les naturalistes ont représenté les organes internes des Vorticelles, il y verrait que son opinion ne peut pas un instant être soutenue (2). L'organe que je considère comme une poche respiratoire s'av^pce jusqu'au fond du corps ; et M. Claparède aurait pu voir que, dans tous les ouvrages où l'on décrit, ou bien où l'on figure le tube digestif des Vorticelles , tels que ceux d'Ehrenberg, R. Owen, etc., on repré-
(1) Compuls. Poccbet, Comptes rendus de F Académie des sciences. 1 847. — Recherches sur les organes de la digestion, de la circulation et de la respiration des Jnfusoires. 1848.
(2) Comp. R. Owen, Lectures on the comparative anatomy and physiology. Londres, 1843, p. 21.
FORCES GÊNÉSIQUES. 425
sente celui-ci comme une anse recourbée qui, depuis son origine jusqu'à sa terminaison, porte dei poches stomacales. Or, avec cette disposition, un pharynx ne peut donc pas s'enfoncer profondément dans le corps. Enfin, l'organe que j'ai représenté est tellement différent de r appareil digestif, que les savants qui ont figuré des Yorticelles Font eux-mêmes très-explicitement tracé sur leurs dessins, comme forcés par une simple réminiscence de leurs impressions. M. Claparède pourra vérifier mon assertion en se reportant aux figures que Ton trouve dans les œuvres d'Ehrenberg, de R. Owen, de Carus , de J. Muller, de Longet, de Van Beneden et Gervais, de Ch. Robin et Littré, etc., et il y verra même que tous ceux-ci représentent cet organe comme un cœcum fermé en arrière (4) ; ce ne peut donc pas être un pharynx. Je n'ai donc que le mérite d'avoir tracé la signification de l'organe, car celui-ci a été vu par tout le monde, sinon expliqué. "
Forces gênésiques. — Nous avons déjà dit que l'ovule n'était nullement une expansion du tissu maternel, mais qu'il dérivait d'une force particulière, qui lui est absolument inhérente. L'étude attentive des premiers phénomènes gênésiques qui se passent dans
(1) Ehrenberg, Die Infusionsthierchen, Pl. 23, 26 et 28, sur un grand nombre de Yorticelles et d'Epystilis représente ce prétendu pharynx de M. Claparède comme un sac fermé en arrière. J. Muiler, Manuel de physiologie, Paris. 1845, p. 571. — Loncet, Traité de physiologie. Paris, 1850, t. M, p. 37, fig. 2. — Van Beneden et Gervais. Zoologie médicale. Paris, 1859, t. II, p. 415. — Ch. Robin et Littré. Dictionnaire de médecine de Nysten. Paris, 1858, p. 560.
HÉTÉROGÉME.
l'ovaire, et les assertions des hommes les plus compétents sur cette matière ne laissent aucun doute à cet égard. Kôlliker considère les cellules primordiales, d'où procède chaque organisme, comme naissant au milieu d'un Blastème ou substance conjonctive, qui est ordinairement tout à fait liquide (i).
Cet histologiste ajoute que ces cellules apparaissent d'une manière indépendante au milieu du liquide formateur. Et, après avoir dit qu'il admet la production spontanée des cellules partout où il existe des noyaux libres, Kôlliker affirme que la formation de l'œuf de beaucoup d'animaux lui paraît être l'une des preuves les plus certaines du développement spontané des cellules (2).
Or, ce savant, ainsi que Siebold l'a fait aussi, considérant certains Proto-organismes végétaux ou animaux comme n'étant composés que d'une cellule ; on voit donc que, pour lui , les Microzoaires peuvent n'être que le résultat d'une spontéparité (3).
Il est évident que, dès qu'une cellule se forme spontanément dans le blastème d'un animal, et telle est l'opinion du chef de l'histologie, il peut s'en former plusieurs et en résulter un œuf plus ou moins complexe; c'est aussi ce qu'il pense.
Ce sont là les vues que nous venons nous-même
(1) Kôlliker, Eléments d'histologie humaine, Paris, 4856, p. 9 et 18.
(2) Kôlliker, Eléments d'histologie humaine. Paris, 1856, p. 20.
(3) Kôlliker, Eléments d'histologie humaine. Paris, 1856,
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émettre; seulement, au lieu de restreindre la scène au blastème de l'ovaire , nous en étendons le siège à la pellicule proligère ; véritable blastème aussi , qui , comme nous l'avons vu, est lui-même formé de granules organiques, et, par cela même, extrêmement apte aux phénomènes génésiques.
En parlant de la genèse des animaux et des plantes, MM.Littré et Ch.Robins'exprimentainsi : «Rienn'existant que des matériaux liquides, on voit ces matériaux se réunir presque subitement, molécule àmolécule, les uns aux autres, en une substance solide ou demi-solide. La genèse des éléments est caractérisée par ce fait, que, sans dériver directement d'aucun des éléments qui les entourent, ils apparaissent de toutes pièces par générations nouvelles, à l'aide du blastème fourni par ces derniers ; blastème dont les matériaux se réunissent molécule à molécule. Ce sont , comme on voit , des éléments qui n'existent pas et qui apparaissent. C'esl une génération nouvelle, qui ne dérive d'aucune autre directement (1). » Nous avons textuellement traduit ce fragment, parce que c'est un tableau fidèle de ce qui se passe dans la production de l'ovule spontané des Microzoaires; chez eux, c'est la pellicule proligère qui représente le blastème et fournit l'élément génésique.
Pour nous, en étudiant jour par jour, presque heure par heure, le développement de quelques Microzoaires, nous n'avons rien reconnu qui rappelât dans leur genèse la théorie cellulaire créée par
(I) Littré et Ch. Robin, Dictionnaire de médecine de Nysten. Paris, I8S8, p. 627.
Schleiden, d'après l'observation des plantes, et adaptée par Schwann à l'Histologie animale (1). En effet, rien, dans la composition des premiers éléments des Protozoaires, ne peut être assimilé aux cellules avec leur nucleus ou cytoblaste, et avec leur nucléole, qu'ont distingués si facilement Barry et Bischoff dans l'oeuf des mammifères (2). J'ai rappelé ceci , parce que, dans ses importantes observations, M. Balbiani emploie les termes de noyau et de nucléole, et cela, selon moi, à tort, et en les appliquant à l'appareil sexuel (3).
Au moment où nous terminons cette esquisse de l'histoire de la formation des Microzoaires , je ferai observer à M. Milne-Edwards, que je n'ai jamais dit un mot qui puisse faire supposer que je croyais à la genèse $ êtres animés sans le concours de la puissance vitale (4). Je suis trop vitaliste pour avoir émis une telle opinion ; car j'ai toujours pensé que les êtres organisés étaient animés de forces qui ne sont nullement réductibles aux forces physiques et chimiques.
(OSchleide*, Sur la formation de V ovule et l'origine dè l'embryon dans les phanérogames, Ann. se. nat. Botanique, t. XI , p. 129. — Schwann, Observations microscopiques sur l'analogie de strùction et d'accroissement des végétaux et des animaux. Ann. se. nat. Zoologie, l. XVII, p. 5.
(2) Babry, Researches in embryology, three séries. London philosophical transactions. 1 840. — Bischoff, Traité de développement de l'homme et des mammifères. Paris 1 843.
(3) Balbiani, De la génération sexuelle dans les înfusoires. Journal de la physiologie de l'homme et des animaux. Paris, 1858, p. 347.
(4) Milne-Edwards, Comptes rendus de l'académie des sciences. Paris, 1859.
FORCES GÉNÉSIQCES. 429
Et ce que je crois, contrairement à lui, c'est que le principe vital qui régit un être organisé ne peut ni s'allonger, ni se couper par morceaux, qu'on me pardonne cette grossière métaphore ; et que par conséquent il n'est ni une expansion de la mère, ni un de ses fragments. Ce n'est qu'une manifestation spontanée, qui domine et régit les forces plastiques de l'organisme : l'ovule ne procédant pas plus de la mère, que le fœtus de l'oiseau de la femelle qui le couve. Ce principe vital est si bien inhérent aux circonstances, et non à l'organisme maternel ou fœtal, il est telles ment indépendant de tous deux, qu'on le voit apparaître ou disparaître de leur sein.
Si je demandais à un physiologiste, si une graine extraite d'un tombeau gallo-romain vit, il me répondrait : non, car le principe vital, sans doute, n'est pas resté inactif près d'elle deux mille ans.
Mettons-la dans le sol, et elle va cependant germer et vivre. Les circonstances y ont rappelé le principe vital qui désormais va l'animer.
Ainsi se forme l'ovule normal dans l'ovaire.
Ainsi se forme l'ovule spontané dans la pellicule proligère.
Ainsi revit la semence inerte.
Là , le principe vital trouve dans l'ovaire les éléments génésiques qui lui sont indispensables ; ailleurs il les rencontre dans la pellicule des macérations.
Là, c'est un ovule qui dérive d'éléments fournis par la souche maternelle; ailleurs c'est un ovule qui dérive d'éléments puisés dans une pseudo-membrane
qui en tient lieu. Enfin, la pellicule proligère est & l'ovule spontané, ce que le stroma ovarique est à l'ovule maternel.
Le principe vital ne se transmet pas; il se manifeste dans toutes les circonstances où la vie peut se développer. Telle semence absolument cornée et dense comme le marbre, tel œuf dont l'albumine s'est absolument solidifiée, ne recèlent assurément dans leur sein aucun vestige de vitalité; c'est l'emblème le plus frappant de la mort. Et cependant, si après que ces germes ont passé un long laps de temps sous cet état, vous les soumettez à l'influence de la chaleur humide, la vie y réapparaît tout à coup. On ne peut donc pas prétendre, malgré ce qu'en a dit M. Milne- Edwards (1), que les forces organisatrices ne dérivent que de la nature en mouvement; dans ces germes elles se sont manifestées au milieu d'une nature profondément en repos !
Nous pourrions ajouter à ces considérations que la pellicule proligère, au moment où s'y développent des ovules spontanés, n'est peut-être pas plongée dans une inertie aussi absolue qu'on le suppose. La genèse s'y produit au milieu de phénomènes de catalyse qui réagissent sur les débris des générations, qui ont ordinairement précédé celles qui apparaissent. Les fluides des ovaires, au moment où se forment les ovules, sont peut-être sous l'empire des mêmes forces chimiques; ce qui ne dit pas que la vie se subordonne à celles-ci, mais qu'elle y trouve les éléments
(1) Milne-Edtvards, Comptes rendus dé V académie des sciences.