VUE DU XIII* SIÈCLE. LI
dans la lice par le testament de la comtesse Mathîlde. L'affaire en valait la peine, car l'héritage en litige comprenait la Toscane, Mantoue, Parme, Reggio, Plaisance, Perrare, Modène, une partie deTOmbrie, le duché de Spolète, Vérone, presque tout ce qui formait naguère encore le Patrimoine de saint Pierre (de Viterbe à Orviète) avec une partie de la marche d'Ancône.
Les mêmes arrière-pensées qu'à Worms présidèrent (1133) à la concession par laquelle Innocent II parut abandonner de plein gré à Lothaire 11 et à son gendre le duc de Bavière, moyennant une redevance annuelle, l'usufruit viager des biens allodiaux de la grande comtesse. La pomme de discorde restait entière, car les contractants ne purent s'entendre, ni sur la distinction, ni sur l'attribution définitive des domaines échus à Mathilde comme fiefs mouvants de la couronne impériale, ni sur ceux qu'elle avait reçus, acquis ou transformés comme biens allodiaux. Le pacte de 1133 ne fut donc qu'une semence de guerre pour les successeurs des potentats qui l'avaient signé.
Sous Lothaire II, tenu en échec par la noblesse allemande, le Vatican n'eut à repousser de ce côté aucune agression. Mais après l'avènement de la maison de Souabe (1138), les épées sortirent encore du fourreau. A Conrad III, chef de cette dynastie emportée par toutes les intempérances, remonte le nom de Guelfes comme désignation à peu près générde des défenseurs du saint-siége, celui de Gibelins étant donné aux partisans de l'empereur et, par une exten-
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