LU LECTURE Â LA SORBONNE
sion quelquefois forcée, à ceux qui rejetaient tout frein dans leurs aspirations républicaines ou schismatiques.
En 1155, Adrien IV, sous la coupole de Latran, plaça lui-même la couronne d'or sur la tête de Frédéric Barberousse qui lui avait livré Arnauld de Brescia; mais le bûcher encore fumant du disciple d'Abélard et les ruines des cités lombardes n'inspiraient pas l'oubli des offenses.
Le rôle de fils soumis de l'Eglise ne devait pas être accepté de cœur par Frédéric, moins sensible à la gloriole d'un sacre à Rome qu'aux exigences peu mesurées d'Adrien IV ; car on ne lui épargna aucune des formalités inconciliables avec la raideur impériale, comme la tenue de Tétrier, et la marche en menant paf la bride la haquenée blanche du pape ; simples observances d'étiquette si on les compare à Othon de Brunswick prosterné aux pieds d'Innocent III. — Frédéric, dès qu'il eut été couronné» repassa les Alpes, suivi par les malédictions des Romains. Bientôt il revint, afin de se venger des faveurs qui l'avaient ulcéré, comme étant la rançoa d'un honunage qu'il ne voulait ici-bas rendre à personne, reconnaissant à peine Dieu pour maître.
Les esprits superficiels, plongés dans les rêves éveillés, crurent toucher au terme de tant de maux quand Barberousse, après la perte de quatre armées, demanda la paix à Alexandre III. La pacification ébauchée à Venise {\ 177) fut confirmée par le traité de Constance en 1183. Cet acte, qui fit naître tant d'espoir, ayant reconnu l'indépendance des villes
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