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VUE DU XIII* SIÈCLE. LUI

lombardes, le parti guelfe semble triompher. Est-ce la paix cette fois? — Nous en sommes loin; car le César germanique, en stipulant le maintien de sa suzeraineté sur les villes afiTranchies, a introduit une clause dissolvante. La prudence de la chancellerie romaine vit le piège; mais elle ne put obtenir que cet acconmiodement insidieux. C'était toujours un pas de fait ; on aviserait dans l'avenir, ce trésor de ceux qui savent attendre.

Une paix définitive était-elle donc impossible avant la mise hors de combat de l'un de» deux belligérants? — Malheureusement oui, la conciliation était une chimère, car un cercle n'a pas deux centres. L'Italie est trop petite pour contenir à la fois ces deux puissances, dont l'une en abdiquant aurait porté au catholicisme un coup mortel, pendant que les rois et les soldats germains ne pouvaient pas se soustraire à la fascination qu'exerçaient sur eux les splendeurs de la Péninsule. C'était donc la destinée fatale de l'Italie d'allumer ces convoitises, d'attirer les dévastations, d'être minée par des intrigues perfides, et de rester une arène ouverte aux prouesses, aux coups de force, au désespoir des vaincus, jusqu'à ce qu'elle devînt la proie des barbares ou leur tombeau.

Les papes, quand ils prêchaient la croisade contre les envahisseurs, avaient deviné les sectaires qui sortiraient un jour de la Germanie pour arborer l'étendard de la réforme. Si les Guelfes n'ont pas été plus tolérants que leurs ennemis, on n'en est pas moins

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LIV LECTURE A Lk SORBONNE.

forcé de reconnaître qu'ils furent les défenseurs de la patrie, du droit et de la foi.

Depuis la paix signée à Constance en 1183 par Alexandre II et Barberousse, des faits considérables s'étaient produits, sous des papes pieux, savants, mais dont le génie ne fut pas à la hauteur des circonstances. Gélestin III défendit de rendre les honneurs funèbres à Henri VI ; anathème tardif qui ne comr pensa pas son manque d'énergie contre cet empereur vivant.

Lorsque mourut Gélestin III, le patrimoine ecclésiastique était entouré, traversé par des territoires usurpés que détenait le domaine privé de Tempe* reur, ou donnés par Henri VI à ses parents pour leur constituer des apanages, à des grands vassaux pour les attacher aux intérêts de sa couronne; à des compagnons de guerre comme prix de leur bravoure, après leurs déprédations ; à des ministres pour récompenser des services plus utiles dans leur obscurité ; même à quelques femmes dont les titres étaient moins avouables. La plupart de ces domaines, d'une valeur énorme, provenaient de l'héritage plus que jamais disputé de la comtesse Mathilde, et toutes les revendications étaient restées sans résultat. Les Allemands occupaient le duché de Spolète et la Romagne. La cité Léonine, sans défense, pouvait être à chaque instant violée par un nouveau Barberousse.

Les chevaux des reîtres buvaient l'eau du Tibre, sous la protection d'un préfet impérial chargé de susciter à la cour de Rome des embarras, en ravi*.

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