VUB DU IIII» SIÈCLE. LV
vant l'ardeur démocratique el les rancunes des anciens affidés d'Arnauld de Brescîa. Le Vatican voyait avec terreur le cercle de fer des lances ennemies se resserrer chaque jour sous ses murs menacés. Nous savons ce qu'est la civilisation allemande au xix^ siècle; il nous est facile d'imaginer ce qu'elle était alors : les malheureux Italiens l'avaient appris, quand la charrue passait à la place où furent des villes florissantes. Ce n'est pas avec sincérité qu'on reproche aux papes d'avoir mis en œuvre toutes les armes humaines pour conjurer ces ravages; et s'ils ont lancé les foudres spirituelles, c'est que l'Eglise et l'Italie n'avaient plus d'espoir que dans l'intervention divine.
Après le mariage de Henri VI avec la princesse Constance, unique héritière du dernier descendant de Robert Guiscard, l'absorption du royaume normand des Deux-Siciles par l'empire devint imminente ; et alors le joug de l'étranger, ne trouvant plus de digue pour l'arrêter, s'étendait bientôt à toute l'Italie. Le pape, même en se résignant au rôle de chapelain impérial, ne sauvait pas le catholicisme, et aurait assumé sur sa tête une part de complicité dans la catastrophe.
Mais, pendant ces progrès en apparence effrayants de l'invasion, le pape s'était ménagé un retour offensif par des intelligences nouées dans les villes lombardes devenues, en haine des Allemands, les alliées de Rome qui promit de respecter leurs franchises. ^ La lutte peut recommencer; la papauté s'appuiera désormais suî la Ligue lombarde; et Bar-