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VI DISCOURS DE RÉCEPTION

Tarchevêque, assisté d'un clergé nombreux, dans la basilique métropolitaine de Saini-Jean décorée de toutes les pompes majestueuses du catholicisme, entonnait les cantiques de Sion, afin d'appeler sur les électeurs l'inspiration de l'Esprit-Saint.

Le roi élu jurait, sur l'Evangile ouvert, de maintenir les Paeta convmta^ et prêtait le serment royal, dont la formule nous rappelle celui que les Aragonais, dans leur indépendance ombrageuse et farouehe, imposaient à leurs souverains : — « S'il m'ar- «f rive (ce qu'à Dieu ne plaise!) que je viole mon ser- « ment, les habitants du royaume et de toutes les « provinces ne me devront plus rien; car par ce « seul fait je les reconnais déliés de toute foi, de « toute obéissance. Je ne demanderai jamais à per- « sonne d'être relevé du serment que je prête; si on ft me l'offrait, je refuserais. Et qu'ainsi Dieu me soit « en aide. »

En ces temps prospères, on élevait sur le pavois un Boleslas, qui s'emparait de la Silésie, et ne s'arrêtait dans ses conquêtes qu'au Danube et à la Theiss; un Ladislas Jagellon, vainqueur à Thanneberg des chevaliers Teutoniques, et faisant ainsi de la Pologne la puissance prépondérante du Nord; un Etienne Bathori, qui imposa au tzar Iwan IV la paix de Kieverowa, et prit la Silésie aux Moscovites; un Sobieski, dont les jours se comptent par des victoires, l'Achille des cent combats de la campagne merveilleuse, le sauveur de Vienne et de la chrétienté,

L'ÂCABfilflE DB ROUEK. VH

car il refoula l'iavasioii musulmane, gui profknait déjà par la pensée la Ville étemelle en prétendant arborer bientôt, sur les murs sacrés du Yatican, lé signe impie des Osmanlis.

Vers le milieu de Tannée 1696, un douloureux spectacle attendait les nombreux étrangers venus dans la capitale de la Pologne pour rendre un dernier hommage au grand Sobieski. Celui dont les exploits avaient, durant un demi-siècle, enchanté l'Europe , Jean le Victorieux, en proie désormais à toutes les angoisses du corps et de l'âme, achevait sa vie dans la sou£l¥ance et la tristesse, au milieu des intrigue* fomentées par une épouse ambitieuse et des fils ingrats.

Après Sobieski, mort le 17 juin 1696, jour anniversaire de sa naissance et de son couronnement, la succession royale fut ambitionnée par de nombreux concurrents, dont deux seuls poussèrent leur brigue.

Si jamais il y eut un prétendant digne du trône, ce fut, d'après les témoignages unanimes des contemporains, François-Louis de Bourbon, [prince de Conti. Un coup de sabre, qui lui fendit la tête à Neerwinden, lui laissa une noble cicatrice attestant qu'il se comportait sur le champ de bataille en joli garçon, comme disait un prince de cette maison de Gondé où l'on se connaissait en bravoure. — II s'embarqua sur une escadrille conmaandée par Jean Bart, pendant que le parti français lui préparait les voies dans son^ royaume futur.

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