‹ Heures académiques: discours et conférencesChapitre 33 sur 67 · VUE DU XIII* SIÈCLE. UX · texte numérisé non relu

VUE DU XIII* SIÈCLE. UX

Le nouveau pape, au moment où les suffrages unanimes des cardinaux l'enlevèrent à sa retraite, dont il ne croyait pas sortir, venait de terminer son livre Des misères de la vie humaine \ dans lequel il jette un regard si profond et si triste sur les grandeurs fausses et les petitesses réelles de l'humanité : « Plût à Dieu, » s'écrie-t-il avec Job, « que le sein a de ma mère eût été ma tombe I Car la misère est

(( le lot de l'homme, dont l'origine est impure

« Un grand nombre d'entre nous naissent infirmes, u difformes, sans discernement du bien et du mal. (c Faibles, imparfaits, misérables, tous nous sommes

« voués au malheur Nous entrons dans la vie au

« milieu des douleurs, pour arriver vite aux infir- « mités de corps et d'esprit qui accablent la vieil- « lesse. »

Ce sage, comme on s'y attendait, réforma d'abord des abus de plus d'un genre, introduits par le temps dans l'entourage, tolérés, perpétués pendant que des soins en apparence plus graves portaient ailleurs l'attention des papes. Le précepte et l'exemple venant de si haut, toutes les superfiiuités disparurent.

Un de ses premiers soins aussi, et plus sérieux, fut de sévir contre la fabrication des fausses bulles, industrie coupable, pratiquée par ceux qu'on aurait dû le moins soupçonner, pleine de dangers pour les illettrés, et d'une répression difficile à cause de la longueur des distances à franchir. C'est un sujet à développer ailleurs, mais à ne pas perdre de vue, en

i. De contemptu mundi, sive de miseriis humanœ conditwnis,

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