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LX LECTURE Â LA SORBONNE

raison du trouble jeté dans la législation et la jurisprudence canoniques par des documents apocryphes. Le peuple de Rome lui fut toujours reconnaissant d'avoir rétabli l'ancien usage, tombé alors en désuétude, et trop tôt oublié après lui, des assemblées de cardinaux dont l'accès était ouvert deux fois par semaine aux plus obscurs citoyens pour y présenter leurs requêtes. Innocent présidait ces consistoires publics, écoutait avec bienveillance toutes les plaintes, prononçait lui-même sur les affaires importantes, et renvoyait les autres à des juges intègres chargés de rendre des décisions promptes.

Nous ne présenterons pas un tableau complet du règne d'Innocent III; ce serait sortir du cadre que nous nous sommes tracé. Mais pour se faire une idée du prestige de ce génie puissant et des devoirs de la papauté à cette époque, il suffit de se figurer la réunion à Rome d'un certain nombre d'étrangers venus des divers pays de l'Europe, et ayant reçu l'hospitalité princière pratiquée alors, chez un Orsini, un Golonna ou un Savelli.

« J'arrive de France, dit un de ces étrangers. En 1193, je fis partie de l'ambassade envoyée au prince de Danemarck Knut YI, afin de demander la main de sa sœur Ingelburge pour notre roi Philippe Auguste. Le jour de l'Assomption de la même année, dans la cathédrale d'Amiens, j'assistai à la bénédiction du mariage royal par l'archevêque de Reims, en présence de tous les seigneurs ecclésiastiques et séculiers du royaume, de plusieurs princes nos

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