VDE DU XIII» SIÈCLE. LXI
alliés, du nonce apostolique, des représentants de la féodalité danoise, et d'une multitude accourue des provinces les plus éloignées pour cette cérémonie magnifique et touchante. Les charmes d'une jeune épouse, la joie radieuse du roi et nos vœux semblaient annoncer de longs jouis de bonheur, que nous ne devions pas voir. Une reine de France, outrageusement répudiée, reléguée dans un couvent où elle reçoit à peine les choses nécessaires à la vie, m'a chargé de porter ses doléances au saint père, qui peut seul lui rendre un époux dont elle est digne, venger Tinsulte faite sans motif au roi de Danemarck, et mettre un terme au scandale donné par Agnès de Méranie.
— Je ne viens pas de si loin, dit ensuite un Sicilien, mais les malheurs de mon pays sont autre chose que caprices de princes et rivalités de femmes. Jamais vous ne croirez ce que nous souffrons sous le sénéchal Markwald, qui prétend avoir été nommé par Henri VI tuteur de notre jeune roi Frédéric. Les Allemands et les Sarrasins leurs alliés ont brûlé ma maison, tué deux de mes fils, emmené le plus jeune captif, et pillé l'église q\x nous allions prier. Ma fename est morte de douleur. Moi-même j'ai reçu au bras droit une blessure qui m'empêche de manier une épée. Je ne puis pas être plus éprouvé ; mais je voudrais soustraire à cette infortune mes compatriotes épargnés jusqu'ici. Soldat mutilé, j'implorerai le Vicaire de Jésus-Christ, afin qu'il prenne la défense de notre jeune souverain, dont il a bien voulu accepter la tutelle, déférée par un acte authentique
Digiti;