LXIV LECTURE A LA SORBONNE
des Comnënes. Romains généreux, ne nous refusez pas d'intercéder pour vos frères d'Orient, afin que le père commun des fidèles se laisse fléchir par notre contrition. Nous sommes prêts à tous les sacrifices, jusqu'au martyre, pour prouver notre retour à l'orthodoxie. » — Se laissera-t-on tromper encore par les discours dorés d'une race artiûcieuse?
Un des îtôsistants avait jusque-là gardé le silence, non sans qu'on eût remarqué son âge mûr touchant à la vieillesse, et sa physionomie résignée sous la trace de longues souffrances morales. Habillé pauvrement, il portait le bourdon et la panetière des voyageurs de la Terre sainte. Le pèlerin, oppressé parla tristesse, s'exprima ainsi : « Puisque vous avez entendu la voix des hommes, vous écouterez, je l'espère, celle de Dieu que vous paraissez oublier. Au nom du Tout-puissant qui m'a montré la route et ouvert les portes de ce palais, je vous adjure de prendre la croix pour reconquérir la terre oii vécurent les patriarches, où Moïse vit Dieu sur le Sinaï, oii est mort le divin Rédempteur. Vous laisserez peut-être votre vie mortelle dans cette sainte entreprise, sous les murs de Sidon, de Joppé, de Ptolémaïs, ou dans les abîmes de la mer; mais si la Jérusalem terrestre vous échappe, la gloire éternelle et les joies ineffa • blés de la Jérusalem céleste vous sont réservées. »
L'émotion de l'assemblée fut portée à son comble quand on entendit un moine de Cîteaux retracer les progrès de l'hérésie des Albigeois, qui, plus hardis à leur début que Luther au paroxysme de ses audaces, attaquaient non-seulement le dogme, maisl'autorité,
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