‹ Heures académiques: discours et conférencesChapitre 38 sur 67 · VUE DU XIII» SIÈCLE. LXV · texte numérisé non relu

VUE DU XIII» SIÈCLE. LXV

l'existence même de TÉglise. — « Pauvre cénobite ignorant et obscur, » dit en terminant le cistercien, « je n*ai, nobles seigneurs, aucun des titres dont la plupart de vous sont investis, et je ne m'attendais pas à voir dérouler le tableau de si touchantes douleurs : mais en y compatissant, en mêlant mes larmes aux vôtres, j'ose dire que les dangers de la foi» orthodoxe ne sont nulle part aussi menaçants que sur notre terre de Provence, où la divinité de Jésus-Christ est Diée, à la face du ciel, par des princes. La France voit approcher la flamme dévastatrice que propagent Raymond VI et le vicomte de Béziers, secondés par les seigneurs de Foix et de Gominges. Le crime de Henri II d'Angleterre vient d'être renouvelé sur les bords du Rhône. Voici la robe du légat Pierre de Gastelnau : sur cette relique teinte du sang d'un martyr, comptez les trous du stylet de l'assassin dont Raymond VI, comte de Toulouse, arma le bras. »

En présence de ces sollicitations portées à Rome de tous les points de la chrétienté, qui pourra s'étonner que les soins réparateurs ou la vigilance prévoyante d'Innocent III aient embrassé l'Europe entière! Les messagers du Vatican, quand il ne les retenait pas auprès de sa personne pour les former à ses desseins, étaient appelés, par les rois ou par les peuples, en France, en Angleterre, en Espagne, en Danemarck, en Hongrie, en Pologne, aux confins de l'empire Grec, dans les villes désolées de laPalestine N'était-il pas le seul organe vivant et visible de la justice? — Les légats, il est vrai, ne partaient pas de Rome pieds nus, comme saint Jean-Baptiste

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