LXVIII LECTURE A LA SORBONNE
Après avoir indiqué Torigine de ce grand débat et les causes principales de sa continuité, après avoir dit nettement de quel côté fut le droit, les lignes principales ayant été marquées, nous n'aurions rien à ajouter aux aperçus généraux qui doivent seuls prendre place dans cette vue d'ensemble.
.L'inspiration d'Innocent III se perpétuant après lui, c'est l'âme de Barberousse qu'on retrouve aussi dans son petit-fils. En s'étendant sur cette phase lamentable, on serait réduit à répéter, après tant d'autres, des détails affligeants qui nous ont fait plaindre, plus d'une fois, les pasteurs des peuples, en les voyant commettre, inconsciemment, de semblables excès. La fureur des guerres intestines finit par sévir à ce point que, pendant un demi-siècle, tous les Italiens devinrent forcément Guelfes ou Gibelins : toute querelle, toute discussion, de quelque nature qu'elle fût, même les plus minimes et les plus étrangères à la religion ou à la politique, s'y trouvant ramenées par l'animosité croissante des partis cherchant des auxiliaires partout et à tout prix. Plus d'une ville, comme Florence, arbora les deux bannières ennemies pour une cause aussi futile que le choix d'une épouse par un Buondelmonti. Dans cette fermentation générale, de Novare à Tarente, de la Basilicate au Phare, et de Messine à Marsala, il ne fallait qu'une étincelle pour déterminer l'embrasement. Mais il était dans les desseins de Dieu que la puissance pontificale grandît au milieu des convulsions et ne supportât, par instants, la peine de quelques fautes que pour se raffermir ensuite par
Digiti;